Affichage des articles dont le libellé est Angers. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Angers. Afficher tous les articles

samedi 23 janvier 2010

UNE PAGE SE TOURNE

Une élection régionale n'est pas une élection nationale, c'est dire si les questions de positionnement par rapport à la politique du gouvernement en place sont tout-à-fait secondes par rapport aux enjeux pour notre région.

Suite à la décision de François Bayrou de fermer la porte à la seule solution qui aurait pu permettre de poser les conditions d'un large rassemblement centriste autour de Jean Arthuis, suite au refus de Laurent Gérault de cautionner une comédie de faux-semblant dont l'issue prévisible est certainement la fusion au second tour de la liste présentée par le Modem avec celle du président sortant, j'ai pris la décision de me mettre en retrait du Mouvement Démocrate.
Il n'est pas possible d'être dedans et dehors.
Il est plus honnête de ne pas franchir certains seuils lorsque le chemin parcouru fait que l'on n'y retrouve plus les idées qui vous ont fait prendre carte, même si les valeurs restent globalement partagées.
Merci à Laurent Gérault pour le courage méritoire à plus d'un titre dont il a fait preuve depuis tant d'années. Puisse l'héritage des centristes fondateurs dont il est le dépositaire fructifier dans l'itinéraire nouveau qu'il nous propose.
En 2006, lorsque j'adhérai à l'UDF, il ne faisait aucun doute que je rejoignais alors une force politique de centre-droite, opposée à la gauche, et qui représentait un courant fort de l'opposition municipale angevine. Il ne faisait pas de doute non plus que c'est ensemble, la droite et le centre que nous devrions aller porter la contradiction au maire sortant.
Voir le leader national préconiser des alliances avec nos adversaires politiques de gauche ou d'Europe Ecologie ne pouvait que m'amener à me mettre en retrait du Mouvement Démocrate.
Voir chaque scrutin détourné de ses vrais enjeux pour se muer en referendum anti-présidentiel n'est pas à même de répondre aux besoins de nos concitoyens.
Les ligériens attendent une chose, c'est qu'on leur parle de leur région, de projets d'avenir, et que l'on mette vraiment au congélateur les ambitions présidentielles nationales des uns comme des autres.
En conséquence, et en cohérence avec mes choix d'opposant municipal et régional, j'apporte mon soutien à la candidature de Christophe Béchu, à partir du moment où constat est fait de l'impossibilité de constituer une liste de rassemblement centriste à même de peser dans le débat régional.
Nous ne pouvons que souhaiter que la liste que Christophe Béchu est en train de constituer, la campagne qu'il mènera nous feront retrouver l'enthousiasme et l'allant de la campagne municipale angevine.
Il importe à présent que tous les courants qui se regroupent derrière lui laissent désormais au vestiaire les oripeaux de la politique de gribouille. Les stratégies de division que d'aucuns s'ingénieraient à attiser sous l'effet de la rancoeur, de la jalousie feront le jeu de nos adversaires de la gauche et de leurs partenaires. Que chacun en soit désormais conscient.

vendredi 15 janvier 2010

FIN DE PARTIE (OU FIN DE PARTI?)

Lors d'une conférence de presse, Laurent Gérault, conseiller municipal porte-parole de l'opposition au conseil municipal d'Angers a fait savoir qu'il renonçait à conduire la liste du Mouvement Démocrate pour les élections régionales en Pays de Loire.
En homme de convictions, Laurent Gérault en a développé les raisons. Elles tiennent essentiellement au risque de confusion de l'élection régionale avec un énième tour des élections présidentielles. Par ailleurs, fidèle à ses orientations centristes, le président départemental du Mouvement Démocrate a expliqué qu'il ne reconnaissait plus vraiment dans les orientations du parti, les idées fondatrices qui en 2007 avaient présidé à sa fondation.
Parce que l'engagement politique, c'est la loyauté, la fidélité à ses idéaux, et aussi le respect de ses électeurs, nous comprenons et nous partageons les raisons qui ont conduit Laurent Gérault à ne pas participer à une comédie de faux-semblant dont l'issue pourrait être la fusion avec la liste socialiste de Jacques Auxiette. 
A partir du moment où cela constitue une perspective inenvisageable, il est fort à craindre que maints électeurs centristes, issus notamment de ce terreau de la démocratie chrétienne qui a marqué de son empreinte notre cher Anjou, ne se retrouvent pas du tout dans ce virage à gauche, et en tirent les conséquences au second tour dans l'intimité de l'isoloir, et à défaut de pouvoir voter en faveur de la liste de leur coeur, se rallient à un vote de raison, même s'ils ne s'y retrouvent pas tout-à-fait.
A présent, ce qui doit primer pour notre région des Pays de Loire, c'est le renouveau, la rupture avec cinq années de dérive budgétaire, et surtout l'honnêteté vis-à-vis des ligériens. Nous ne trouvons pas cette honnêteté dans le bilan et le programme d'Auxiette. En effet, le parti socialiste ligérien ne s'est pas encore expliqué sur la contradiction flagrante qu'il y a entre son rejet - tout-à-fait légitime au demeurant - de l'emprunt Sarkozy, limité aux prêteurs institutionnels, et l'emprunt régional, que peuvent souscrire aussi les particuliers, et qui, pour qu'il soit attractif, bénéficie d'un taux pratiquement égal à une fois et demi les taux du marché. Or, c'est bien le contribuable ligérien qui devra payer le service de cette dette inopportune.
Nous ne ferons pas de politique fiction, mais nous ne pouvons nous empêcher de nous demander si les pères fondateurs de l'UDF en Anjou, Jean Sauvage et Hubert Grimault, reconnaissent le mouvement auquels ils appartenaient aux côtés de François Bayrou, dans ce glissement plus que subreptice vers la gauche, et quelle gauche ... parce que qu'en on voit ce que ça donne comme casting, ça devient pathétique, et inquiétant pour la démocratie française, Frêche en Languedoc-Roussillon dont les valeurs ne sont pas les nôtres, Huchon en ïle de France, condamné à six mois de prison avec sursis, 60000 Euros d'amende et 1 an d'inéligibilité par le Tribunal Correctionnel de Paris pour prise illégal d'intérêt,  http://www.liberation.fr/societe/010121820-jean-paul-huchon-condamne-pour-prise-illegale-d-interets , et Auxiette, en Pays de Loire, qui n'incarne pas précisément le renouveau générationnel en politique, puisqu'élu maire de la Roche sur Yon en 1977...


dimanche 6 décembre 2009

NON, LES JOURNALISTES NE SONT PAS DES PIQUE-ASSIETTES.

Plus le temps passe, moins les conseils municipaux d'Angers se passent de manière sereine.
Serait-ce hors de portée d'un maire qu'il respectât ceux qui ne pensent peut-être pas comme lui ou qui ne partagent pas sa manière de faire lorsqu'il s'agit de répartir les subventions pour l'organisation d'événements de nature à contribuer au rayonnement d'Angers.
Lors du Conseil Municipal tenu lundi 30 novembre, en réponse à l'intervention d'une conseillère de l'opposition, le Maire a comparé les journalistes invités au Festival du Scoop à des "pique-assiettes".
De telles images, de telles façons de parler dans une enceinte publique ne sont tout simplement pas de mise. Ce ne sont pas des propos off. Et par le fait-même d'avoir été tenus en conseil municipal par le premier magistrat de la ville, c'est l'image d'Angers dans son ensemble qui est atteinte.
Les journalistes du reste ne s'y sont pas trompés qui ont envoyé cette semaine leurs courriers de réaction à Ouest-France.
Si l'objectif partagé des Angevins et de leurs élus municipaux est de contribuer au rayonnement de leur cité, les petites phrases du caniveau politicien ne sont pas la meilleure des méthodes pour y arriver.
Que l'on songe à tout ce qu'en vingt-cinq ans le Festival du Scoop a apporté à Angers, et que pour assouvir un besoin inavouable de vengeance politicienne, la majorité socialo-écologiste refuse de subventionner, l'on s'aperçoit que pour la dite majorité, prête à laisser partir ailleurs le Festival du Scoop, le rayonnement de la ville n'est peut-être pas la priorité, tant lorsqu'il s'agit des moyens à mettre en oeuvre et des énergies à susciter, les postures politiciennes deviennent le crible au travers duquel il faut préalablement faire passer les projets événementiels qui par leur nature même, contribuent au vivre ensemble, et à l'exercice en acte d'une vie démocratique réellement apaisée.
Les Angevins, peu importe leur vote du 16 mars 2008, n'ont certainement pas demandé à être les otages d'une rancoeur personnelle que leur Maire chercherait à assouvir en coupant les ailes à un Festival dont le seul tort des responsables est de s'être comportés en authentiques démocrates, et de privilégier lors des dites élections le débat des idées, la culture de projet, plutôt que les postures politiciennes d'un autre âge.

mardi 20 octobre 2009

LA VOIE DES BERGES EST UTILE, ELLE EST AUSSI DESIRABLE.

Rien ni personne ne pourra jamais me faire changer d'avis sur la nécessité absolue de conserver au coeur d'Angers une pénétrante rapide qui en est l'axe structurant.
C'est à l'honneur des maires d'Angers de l'époque, Jean Turc et Jean Monnier d'avoir eu ce don d'apercevance qui fait qu'ils ont raison avant tout le monde.
Les minables arguties des opposants à cette pénétrante étaient déjà celles du PSU des années 75, qui évidemment se gardèrent bien d'expliquer aux habitants d'Angers que si on ne faisait pas la voie des Berges, les voitures passeraient nécessairement lesquelles par le centre-ville, lesquelles par les boulevards Sud qui sans celle-ci seraient saturés, et ne parlons pas des ponts sur la Maine, car si l'on avait écouté en leur temps ces malthusiens, notre ville se serait contentée de ses trois ponts, le pont de la Haute Chaine, le Pont de Verdun, et le pont de la Basse Chaine, et notre ville en moins de dix ans eût été ravalé à celui-d'un chef-lieu de département en hibernation.
Et encore, les besoins de déplacement à cette époque étaient sans doute moindres. Mais plus que tous autres, Jean Turc et Jean Monnier avaient une vision de l'avenir d'Angers, et construisirent eux sans le dire la ville durable, la ville de la mobilité.
Or c'est cette oeuvre que l'actuelle municipalité  enferrée dans un a  priori idéologique anti-voiture, s'apprête à détruire, au nom de lubies d'un autre âge. Rendons hommage à Jean Monnier pour son courage de toujours parler en homme libre, et d'avoir su et dit en 2008, qui incarnait l'avenir, et qui incarnait la stagnation ou le repli.
Puisse venir un jour prochain où les Angevins se désilleront les yeux, et prions pour que d'ici là rien de dommageable à l'avenir de notre ville n'ait été risqué. Caveant ciues nostri ne quid detrimenti urbs  capiat. Que nos concitoyens prennent garde à ce que notre ville ne subisse aucun outrage.

Dans une ville qui aspire à être la capitale d'une métropole de 300000 habitants, les hommes et les femmes ne restent pas dans leurs quartiers, bouclés chez eux, ils travaillent, ils produisent et ils consomment.
Or, le temps n'est plus des sociétés autarciques, où l'on naît, vit, travaille et meurt au même endroit. Le temps n'est plus des villes où chacun reste dans son quartier, sans crainte de passer pour étranger lorsqu'il ose franchir les limites que lui a assignées le partage des territoires du passé.
C'est dire si la mobilité est la caractéristique sociologique la plus marquée de nos sociétés occidentales. L'on peut certes rêver d'un monde idéal où l'on a tout à portée de main à deux pas de chez soi, mais dans le monde réel, ce n'est pas ainsi que les choses fonctionnent.
Le monde du travail impose la mobilité, car le temps n'est plus ou de plus en plus rarement où l'on fait toute sa carrière au même endroit. Par ailleurs, l'allongement des durées des emprunts immobiliers fait que lorsque l'on achète son logement aujourd'hui, c'est en contractant un prêt de 20 à 25 ans, quand pour les générations précédentes, c'était plié en 15 ans.
Or pendant ces 20 à 25 ans de remboursement, nos concitoyens, en très grande majorité peuvent avoir changé de lieu de travail assez souvent, et choisir, quand ils n'y sont pas contraints, à devoir se déplacer pour simplement travailler.
Chaque ville possède ses contraintes liées au milieu naturel et la ville d'Angers n'y échappe pas. Son coeur s'est bâti sur la rive gauche de la Maine, et son extension s'est faite en tenant compte des risques d'inondation. C'est dire si depuis toujours il est apparu indispensable à nos ancêtres andégaves de situer les édifices majeurs et/ou indispensables à la pérennité des fonctions urbaines hors d'atteinte du niveau maximal des crues. Le risque des crues a donc conditionné et conditionne encore de manière durable l'extension de notre cité. C'est dire si Angers s'est construite et développée en tournant résolument le dos à la rivière, qui fut au mieux un moyen de communication par voie d'eau, mais jamais un lieu d'agrément et encore moins un lieu de déambulation où l'on viendrait se montrer (la visibilité sociale étant l'apanage des boulevards de petite ceinture et principalement le Boulevard du centre).
L'exiguïté de l'espace compris entre le bord de l'eau et les maisons de bord de rive, parce qu'Angers à la différence de Bordeaux ou de Nantes n'a jamais développé d'activité portuaire intense, et donc ne dispose pas de friches industrielles de vaste superficie en bord de rivière qu'il s'agirait de valoriser. Les villes qui disposaient de cet atout n'ont jamais sur ces espaces sacrifié l'automobile, parce que précisément à Nantes ou à Bordeaux les quais sont suffisamment larges pour permettre la cohabitation de tous les modes de transports.
C'est dire si prétendre changer le sens de la ville relève d'une démarche qui n'a rien à voir avec plus de deux mille ans d'histoire angevine.
Par ailleurs la densité de sa population, les besoins liés à la vie moderne de se mouvoir rapidement d'un quartier l'autre et de jouer son rôle de chef-lieu de département créent des servitudes qui justifient le besoin d'axes structurants et de capacités de stationnement.
L'on peut souhaiter le développement des transports collectifs, et rêver d'une ville sans voiture. Mais dans le vrai monde, cela ne se passe pas comme cela. Et dans les villes qui ont développé de vrais réseaux de tramway (plusieurs lignes et un bon tracé, bref tout ce qu'Angers n'a pas voulu faire...puisque le tracé par la place du Ralliement a été le résultat d'une décision oligarchique dictée par d'autres raisons que le bien commun...), jamais le développemetn des transports collectifs ne s'accompagnent d'une diminution des trajets en voiture.
C'est dire si l'obturation des trémies de la Voie des Berges, leur réduction à un boulevard "apaisé" à 50 km/h ne peuvent répondre aux besoins de déplacements efficaces et rapides. Car qu'est-ce que cela deviendrait (Rocade Sud ou pas), sinon une longue procession de voitures arrêtées par les ronds points depuis le pont de l'Atlantique jusqu'au Pont Jean Moulin. Voilà ce que serait une circulation apaisée, et le bilan carbone n'y gagnerait certainement pas.
Le bruit non plus, car lorsque l'on fait le tour d'un rond point, on ralentit, puis on réaccélère, alors que la voie des Berges limitée à 70 km/h, impose une vitesse uniforme, plus proche de l'éco-conduite et constituant de ce fait-même une moindre nuisance pour notre ville.
C'est pourquoi la voie des Berges est non seulement utile, mais ses caractéristiques font qu'elle est éminemment désirable (j'emprunte cet adjectif à l'intervention d'un ami qui se reconnaîtra....).
Il faut donc surtout ne pas y toucher.

Il est des causes qu'il faut savoir défendre unguis et rostribus, et la cause du maintien des trémies et de la voie des Berges en est une. C'est du reste cette raison parmi d'autres qui lors de la première élection municipale d'Angers à laquelle il me fut donné de participer, me fit préférer dès le premier tour la liste centre-droite de Dominique Richard en 2001.

Cela va sans dire mais autant le dire, entre les politiciens qui se contentent de rêver d'avenir, et ceux qui proposent aux citoyens de le choisir, ma préférence va vers ceux qui permettent de le choisir.
Ce fut la raison de mon engagement comme soutien à la campagne municipale menée par Christophe Béchu, Michelle Moreau, Laurent Gérault et Hervé Carré.




samedi 17 octobre 2009

LA COUVERTURE DE LA VOIE SUR BERGES : UN SAUT QUALITATIF

L'un des quotidiens de la presse régionale a publié cette semaine une interview de Dominique Richard. Député de Maine-et-Loire de 2002 à 2007, successeur à ce titre d'Hubert Grimault dont il fut le suppléant, Dominique Richard avait conduit la liste d'union UDF-RPR aux élections municipales de 2001.
Ses principaux colistiers étaient alors ... Bernadette Caillard-Humeau, alors présidente d'une association d'usagers du vélo, et le Général Philippe Morillon.
Les électeurs angevins pour peu qu'ils s'intéressent à la chose publique se souviennent que déjà, Dominique Richard proposait la couverture de la Voie sur Berges du Château jusqu'à la place de la République.
Interrogé donc par la presse quotidienne régionale ces jours-ci, l'actuel conseiller régional d'opposition vient ainsi au soutien des courageuses prises de position de Christophe Béchu et de Jean Monnier, et rappelle à qui l'aurait peut-être oublié que cette option de couverture était ardemment défendue par Bernadette Caillard-Humeau.
On peut penser et dire ce que l'on veut de la variabilité des itinéraires et choix politiques, mais on ne manque pas de s'interroger sur une telle versatilité à même pas dix ans d'écart.
Il y a huit ans, Madame Caillard-Humeau était partisane de la couverture des voix sur berges. Aujourd'hui, il semblerait que la mue ou le franchissement du Rubicon idéologique la pousse à brûler aujourd'hui ce que naguère elle adorait.
Si l'on veut réconcilier les citoyens et la politique, serait-ce trop attendre des élus qu'ils ne fissent pas passer pour convictions ce qui est en réalité la condition de l'allégeance à un chef de file?
Comment dans ces conditions, quand on connaît le goût prononcé de l'actuelle majorité municipale pour la ville virtuelle, et les délibérations de rêve, majorité que Madame Caillard-Humeau a rejointe dans les conditions que tout le monde connaît, oser croire que c'est l'écoute des angevins qui est sollicitée, alors qu'il s'agit d'imposer une vision de la ville qui, si elle devenait réalité conduirait, immanquablement notre cité à l'asphyxie permanente.
La voie sur Berges est en effet l'axe structurant d'Angers, et le passage du Boulevard Foch à seulement deux voix pour les voitures (compte-tenu du passage du tramway et des couloirs de bus), pérennise la transformation de celle-ci en voie pénétrante de desserte intra-urbaine, ainsi que la nécessité de lui conserver son caractère de voie de délestage du contournement autoroutier, en cas par exemple d'inaccessibilité au tunnel d'Avrillé. C'est aussi simple que cela.
C'est pourquoi son utilité présente, les perspectives à long terme de son utilité future commandent que l'on n'y touche surtout pas.
Il convient donc de conserver la Voie des Berges.

mercredi 7 octobre 2009

NON AU PROJET DE REQUALIFICATION DES VOIES DES BERGES ET NON A L'HYPERDENSIFICATION.

Manifestement, il semblerait qu'il y ait des sujets qui déclenchent facilement l'irritation du Maire d'Angers. C'est du moins ce que l'on s'autorise à penser quand on voit la violence verbale avec laquelle il traite les objections de ceux qui osent émettre un point de vue contraire.
Sans doute le Maire d'Angers rêve-t-il d'une ville de sujets dont il pourrait s'amusait à dessiner un avenir de papier sans que ceux-ci aient leur mot à dire. Or en la matière, il ne s'agit pas de sujets mais de citoyens qui subiraient au quotidien les conséquences d'un rêve déconnecté du réel. Ce fantasme de ville sans automobile se heurte en effet au réel, celui des besoins de déplacements que jamais les transports en commun, si développés soient-ils, ou les modes alternatifs ne pourront satisfaire.
Un chef-lieu de département n'est pas n'importe quelle ville, et c'est d'autant plus vrai qu'il entend jouer dans la cour des métropoles.C'est dire si les voie de communication doivent non seulement répondre aux besoins de ses habitants mais aussi aux besoin de tous ceux que les raisons du travail ou des lloisirs conduisent vers la cité du Roi René.
Prévoir l'avenir d'une ville ce n'est pas s'amuser à des jeux virtuels. C'est mettre dès aujourd'hui l'agglomération en capacité de répondre aux besoins de déplacement.
Qu'on arrête donc de se payer de mots et d'enrober d'une phraséologie ampoulée ce qui en réalité cache les vrais enjeux.
La vision de Monsieur Antonini procède d'une conception malthusienne de la vie sur terre, et de l'organisation de l'habitat urbain, un peu comparable aux visions d'apocalypse des membres du club de Rome dans les années soixante-dix. Déjà à cette époque, ces oiseaux de mauvais augure prédisaient l'assèchement des puits de pétrole à l'horizon 1980. L'histoire leur a donné tort. C'est dire si tabler sur la raréfaction des déplacements est un bien mauvais calcul. D'abord parce que le développement des transports en commun n'amène presque jamais de report modal, mais simplement des déplacements en plus. Ensuite parce que l'on peut imaginer que dans la décennie à venir, le génie industriel aura développé des moteurs électriques pour automobiles. Il faudra donc permettre à ces flux automobiles qui n'auront pas diminué de s'écouler efficacement et rapidement.
La question du devenir de la voie sur berges ne concerne pas la seule ville d'Angers car le statut de chef-lieu départemental implique des servitudes devant lesquelles les lubies bourgeois-bohème devraient avoir la dignité de s'effacer.

Non Monsieur Antonini, ne peut ni ne doit disposer à lui tout seul de l'Avenir d'Angers.
Surtout quand il doit  sa réélection à si peu et sur des considérations où les enjeux locaux ont été parasités par des questions extrinsèques à l'élection municipale. Cela devrait inciter à davantage de modestie et surtout au respect des électeurs qui se sont reconnus dans le programme alternatif proposé par Christophe Béchu, Michelle Moreau, Laurent Gérault, Hervé Carré et la liste Choisir l'Avenir.
A travers les propos inutilement agressifs visant la contradiction apportée par son prédécesseur et son adversaire, ce sont les électeurs qui ont accordé leurs suffrages à la liste Choisir l'Avenir qui peuvent légitimement se sentir offensés.

L'avenir d'une ville ne se réduit donc pas des jeux de maquettes et de coûteuses images virtuelles commandées à des cabinets d'architectes parisiens. L'avenir d'Angers, ce sont les nécessités de déplacement pour  travailler, pour faire ses achats, se distraire. L'on peut penser tout le mal que l'on veut de l'étalement urbain, prôner une dangereuse hyperdensification, mais les choix de vie de nos concitoyens ont dessiné une carte du paysage qui implique de nombreux déplacements. Sauf à vouloir clouer les gens devant leur téléviseur pour se repaître de programmes abrutissants pendant que les happy few du centre-ville se pâmeraient devant une ville vide, se réservant entre soi les équipement culturels et les commerces auxquels les habitants de la périphérie n'accèderaient qu'au prix d'un temps de déplacement comparable à ce qu'il était à l'époque des diligences, le quotidien des gens est qu'ils ne vivent pas, ne travaillent pas, et ne se distraient pas au même endroit. L'on peut rêver à l'infini de la place du village avec des gens travaillant et vivant au même endroit, ou du bourgeois urbain exerçant sa profession libérale au lieu même où il habite.
Ce modèle n'est plus. Quel avocat accepterait aujourd'hui de dormir dans la pièce d'â côté de son bureau et de recevoir ses hôtes dans celle d'en face? Quel médecin accepterait de voir sa vie de famille sans arrêt perturbée parce que vivre au même endroit qu'il a installé son cabinet empêche de fait toute coupure physique avec la profession?
Le 20ème siècle et l'avénement irréversible de la mobilité ont façonné le visage de nos villes de manière pérenne.
Pour nombre de nos concitoyens, se déplacer en automobile est une nécessité, tout simplement parce que faire autrement n'est pas possible, tant les investissements dans des transports en communs suffisamment nombreux et cadencés sont hors de portée des capacités financières des collectivités.
Serait-ce trop demander de cesser de parler de "bagnole", terme à connotation vulgaire et péjorative, qui induit un jugement défavorable implicite sur ses utilisateurs?  Est-ce impossible dans une démocratie qui se veut apaisée de traiter autrement que par la grossièreté langagière les projets de ses adversaires et dionc les convictions de leurs électeurs?
La manière dont le maire d'Angers aborde ce dossier de la voie des berges est une fois de plus révélatrice du déficit de démocratie dans l'information, et la décision, parce que tout cela procède d'une démarche qui n'est pas honnête.
L'on part d'une option déjà décidée à l'avance, comme pour le tracé du tramway, et l'on cherche à faire plier tout le reste à un choix dicté par autre chose que le désir de penser à l'avenir d'Angers.
A tel point que l'on se demande si ce nuisible projet de requalification des Voies sur Berge n'est pas un Cheval de Troie destiné en réalité à faire passer un énième programme d'hyperdensification. Faudra-t-il en plus voir notre belle ville hérissée de tours de dix étages et plus, y compris à proximité du château et de la Maine?

Enfin, nous ne pouvons pas passer ce détail sous silence, car elle est parfaitement révélatrice de la vision des choses d'une frange de la gauche, celle selon laquelle les jeunes doivent obligatoirement être écolos, hostiles à l'automobile, ne pas faire de politique, ne pas être élu avant d'être à l'âge de la retraite.
Il en est des hommes politiques comme de toute profession. Il y a un temps pour tout, le temps de l'action, et le temps de l'otium, c'est-à-dire le temps libre que l'on se donne. Cela suppose d'avoir su passer le témoin et de ne pas céder à l'usure du pouvoir qui isole de tout.
Monsieur le Maire aurait rendu un grand service à Angers s'il ne s'était pas représenté. La vie démocratique de notre cité gagnerait certainement valeur ajoutée citoyenne si la mairie se décidait à se mettre véritablement à l'écoute, ce qui suppose de renoncer définitivement à la culture de la décision imposée.
Le temps n'est plus des politiques prétendant décider en leur lieu et place ce qui est bon pour leurs administrés.
Tout simplement parce que les citoyens qui seront les payeurs ont le droit de savoir ce qui sera fait de leur argent. Et en des périodes de rareté des deniers, on ne peut pas se payer le luxe insolent de financer sur des deniers publics des projets aberrants, et dangereux pour l'avenir de leur ville.
Nous que notre âge rend plus proche chaque jour du terme de l'existence terrestre, nous devrions avoir à coeur de ne point léguer aux générations qui nous suivront une ville asphyxiée parce qu'on aura bouché la voie des berges.
L'effet en serait aussi dramatique que si dans un corps vivant on décidait de diviser par deux le débit de l'artère aorte.
Il est en notre devoir d'éviter ce scénario catastrophe, et c'est pourquoi nous devons conserver la voie des Berges telle qu'elle est.

mardi 6 octobre 2009

LE DEVELOPPEMENT DURABLE OU LES FAUX-SEMBLANTS DE L'AGGLO ANGEVINE

On sait depuis longtemps que la mode du verdissement, ce que dans le jargon de la com' angl-saxonne on appelle greenwashing n'a d'intérêt pour une certaine sphère bobo-socialo-écolo que d'être une sorte d'attrape-tout surfant sur les modes du moment.
C'est aussi par le biais des coûteuses études fertiles en imagerie de synthèse et langue de bois un moyen efficace de drainer les finances publiques vers des officines à rêve passées maîtresses dans l'art de faire avaler des projets farfelus aux élus.
Les ingrédients sont simples. De la com', toujours de la com', rien que de la com', confiée à des agences parisiennes, de préférence les plus chères possibles, parce que ça flatte les édiles locaux qui s'imaginenet un temps traiter à l'égal de leurs homologues parisiens.
Donc, plus c'est cher, plus ça parle pour ne rien dire, et plus ça s'exprime dans une novlangue inutilement prétentieuse, mieux c'est, un peu comme le petit livre rouge des élections municipales nous en avait donné l'avant goût avec les titulatures ronflantes des adjoints (la ville bien gérée, la ville de l'art d'être ensemble, la ville de la mobilité, la ville éducatrice...où la vacuité des mots le dispute à l'insignifiance la plus absolue).
Serait-ce trop attendre des élus qu'ils sortent de leur tour d'ivoire pour prêter attention aux choses d'en bas.
En matière de déplacements urbains, il y a paraît-il trois sujets tabous à Angers : le tramway; la voie des Berges; la liaison Sud (boulevard? rocade???).
Concernant le premier sujet, alors que le quotidien ce sont les travaux, les sens de circulation qui changent sans arrêt, les difficultés de stationnement, les commerce qui ferment en centre-ville faute de pouvoir passer même à pied sans risque d'y choir comme rue de la Roë, l'agglomération d'Angers dans le dernier numéro de propagande, l'avant-propos du maire, la rubrique tour d'horizon donnent dans le triomphalisme.
C'est alors que nous sommes saisis d'une crainte, car tant d'insistance à dire que tout va bien est un peu suspecte, et laisse justement penser le contraire: retards des travaux, car la rue de la Roë n'a pas fini de livrer toutes ses surprises, l'obligation de modifier substantiellement le détail du projet sur tel ou tel secteur comme par exemple la rue de Létanduère entraînera une nouvelle enquête publique.
La voie des berges, et sa requalification, semblent être pour Jean-Claude Antonini la quête d'un Graal toujours fuyant et heureusement. Nous n'osons imaginer ce que serait cette pénétrante réduite à une voie dans chaque sens, pourvue de ronds points, limité à 50 km/h. Autant dire qu'aux heures de pointes, ce serait un bouchon continu depuis le logis du roi de Pologne jusqu'à la trémie Ramon.
La palme du ridicule revient enfin à la justification de la liaison Sud.
Voici le verbatim des propos du maire d'Angers:
"Je ne peux ignorer la situation des habitants [NDR : ceux de la Roseraie] qui subissent cette circulation et les nuisances sonores qui en résultent. Ce serait aussi le moyen de bloquer l'étalement urbain et de protéger les zones horticoles de Sainte-Gemmes sur Loire."
On croit rêver, d'abord parce que chacun sait que quand on construit une nouvelle route, ce n'est pas simplement un exutoire à voitures pour délester un autre quartier d'une partie des flux, cela signifie qu'on a des vues sur l'aménagement futur des zones au travers desquelles passeraient cette hypothétique axe. Veut-on insidieusement préparer les esprits à subir une nouvelle vague d'hyperdensification? Quant à la protection des zones horticoles, quand on regarde les plans de ce projet, précisément, cette nouvelle voie réduirait la surface dédiée à l'activité horticole. C'est précisément le contraire qui se produirait, car chaque phase d'extension de la ville d'Angers vers le Sud s'est accompagnée précisément d'un recul de l'activité agricole et horticole. Le nom même de la Roseraie n'est plus que le souvenir d'une activité jadis florissante, avant qu'elle ne devienne un des exemples d'urbanisme hyperdensifié, erreur qu'il faudrait avoir la sagesse de ne jamais recommencer. Il n'y a pas si longtemps, avant le classement en zone franche de Belle-Beille, des vaches paissaient encore dasn les prairies sises face aux usisnes Bull ou sur les plateaux de la Mayenne.
Or, le choix d'hyperdensification est en soi source de potentielles déconvenues: augmentation des déplacements, développement de ghettos, si la construction de nouveaux grands ensembles n'est pas accompagnée d'une politique forte de mixité sociale.
C'est dire, si même repeint en vert, l'urbanisme contemporain, avec ses choix d'hyperdensification, fait courir le risque aux villes qui en deviennent les adeptes, de problèmes sociaux qu'un minimum d'esprit d'apercevance aurait normalement dû éviter.
Alors oui, c'est exact, avec les projets en matière d'aménagement du territoire portés avec si peu de conviction par l'agglomération, c'est l'agglomération dans son ensemble qui va droit dans le mur, parce qu'à un moment donné ou à un autre, il faudra payer les additions.
Les générations actuellement aux postes de décideurs n'ont absolument pas le droit de faire peser sur les épaules des générations montantes une dette encore plus lourde.
Les commodités de circulation, voie des Berges comprise, c'est-à-dire une pénétrante rapide à 2 fois deux voie, constituent un héritage dont nous n'avons que l'usufruit, et qu'il convient d'entretenir, non de détruire pour satisfaire de bien fumeux désirs d'avenir, plus exactement de fantasmes.
Or les Angevins n'ont pas besoin qu'on les repaisse de fantasmes, ils attendent une politique volontariste, et qu'enfin Angers se donne les moyens de renouer avec sa tradition entrepreneuriale. Cela suppose de remiser le ronron quotidien au vestiaire.
Cela suppose aussi d'avoir le courage de dire non à des projets inutiles et fumeux, pour se consacrer enfin à la seule politique qui vaille: celle du réel.
Or l'aménagement d'une ville n'est pas une question de droite ou de gauche, ni même une question verte ou centriste, c'est aux citoyens de prendre la parole et d'oser débattre des sujets qui les concerneront au premier chef dans les années à venir, car les usagers de la voie des berges, par la force des choses de la vie, ne seront pas demain ceux qui aujourd'hui les vouent aux gémonies au nom d'une fausse idée du développement durable, réduit au rang d'accessoire de mode pour tenter de faire passer un projet dont on se demande si ceux qui le promeuvent y croient vraiment;

mardi 29 septembre 2009

DEFENDONS LA VOIE DES BERGES ET CONSERVONS NOS TREMIES

Il est de bon ton de blâmer le désintérêt du peuple pour la chose publique. Ces critiques ne manquent pas de piquant surtout quand elles émanent de décideurs que l'exercice solitaire ou clanique du pouvoir et la coupure progressive d'avec les administrés a objectivement coupé des réalités.
On peut admirer la réussite de la reconquête des berges de Garonne à Bordeaux, ou du Rhône à Lyon, trouver du charme aux abstractions architecturales de Chemetov à Nantes, ou admirer le beau dessin de la Canopée projetée par Mangin au dessus du carreau des Halles.
Cela ne devrait pas dispenser de regarder les choses à l'humble niveau de notre ville.
D'abord l'espace compris entre la rivière et les quais est infiniment moins large que dans les villes que nous évoquons.
Ensuite, lorsque l'on sait qu'à Angers tout ce qui touche à l'urbanisme est dans l'ornière en raison de l'annulation du Plan Local d'Urbanisme, que tout projet de réduction de l'emprise de voierie sur les quais est subordonné à la réalisation de la Rocade Sud, projet dont le Conseil Général a décidé de ne plus assumer la maîtrise d'oeuvre, arguant non sans raison qu'il s'agissait d'un projet intra-agglomération.
Pourquoi alors s'obstiner à présenter au Conseil Municipal un projet virtuel? Pourquoi engager dans des études probablement inutiles des sommes qui eussent pu être fléchées vers des postes budgétaires plus aptes à répondre aux besoins les plus urgents de nos concitoyens qui en ont le plus besoin?
Ce dossier est emblématique, hélas de l'idée que se fait la majorité municipale d'Angers, des projets de dévelopement. On se convertit à l'idolâtrie du greenwashing parce que c'est tendance... Mais on oublie ce qui en bonne politique devrait être l'ordre des priorités.
On oublie ce faisant la question sociale en renvoyant au retour des coquecigrues la réalisation de la deuxième ligne de tramway, comme si les Angevins de Monplaisir ou de Belle-Beille pouvaient encore plus attendre que le tramway arrive à leur porte. Comme si les communes du Sud de l'agglomération comme Trélazé ou les Ponts de Cé pouvaient rester durablement à l'écart des moyens de transports du 21ème siècle.
Où sont passées les promesses de la candidate alors centriste de l'élection partielle destinée à élire un conseiller général pour le canton d'Angers-Trélazé, laquelle candidate pas plus tard qu'en septembre 2007 défendait encore l'opportunité du changement de tracé du tramway, proposait qu'une ligne aille vers Trélazé au besoint en requalifiant la voie SNCF inusitée depuis de nombreuses années?
On a envie de dire lorsque l'on assiste au conseil municipal "Revenez au réel".
Ce n'est hélas pas le seul sujet sur lequel on pourrait le dire.
Ainsi, on peut s'étonner de la mise en place d'un conseil des jeunes de 18 à 30 ans. Il se serait agi d"un conseil des enfants, sur le modèle de ce qui se fait et qui marche bien au conseil général, on aurait compris. Mais là, il s'agit de gens qui sont en âge de voter. Or, lorsque l'on commence à tronçonner la population, il ne faudra pas s'étonner de voir par la suite surgir d'autres revendications plus ou moins communautaristes. Ajouterons-nous d'autres conseils gadget dans lesquels les citoyens découvriront par la suite qu'il ne sont que des faire-valoirs dont on va commencer soigneusement par encadrer la parole et noyauter le fonctionnement.
Ainsi également de l'hydropiscine. Lors des voeux de 2009, le maire avait Urbi et Orbi expliqué que ce projet ferait les frais de son budget de combat pour répondre à la crise. Neuf mois après, c'est d'une idée diamétralement opposée qu'accouchent les instances municipales, un projet coûteux de piscine ludique, dont on se demande quel besoin prioritaire il serait destiné à satisfaire, surtout quand le sport de haut niveau dans certaines disciplines ne disposent pas des équipements nécessaires à l'organisation de championnats homologués. Ainsi par exemple la natation, où le bassin de 50 mètres de Jean Bouin ne satisfait pas aux normes, cantonnant la ville à se contenter des compétitions en bassin de 25 mètres.
La ville s'obstine également dans un coûteux projet de restauration in situ de l'antique stade Jean Bouin, préférant continuer à imposer à la population riveraine les nuisances d'une desserte et de capacités de stationnement inadaptées.
Qui croit-on convaincre lorsque pour toute réponse les élus de l'opposition s'entendent répondre qu'ils ne sont pas gentils envers l'adjoint aux sports (et j'édulcore les termes, car Monsieur Rotureau, ex-adjoint aux sports voulant sans doute voler au secours de son successeur, a eu des mots que la descence interdit de rapporter et qui déshonorent l'enceinte dans laquelle se tiennent les débats du Conseil)? Qui croit-on convaincre quand pour clôre le débat le Maire répond fallacieusement que lors des élections les angevins ont décidé que Jean Bouin resterait là où il est. Faut-il avoir oublié les tracts mensongés diffusés jusqu'à la veille du scrutin et qui eussent pu certainement en cas de recours amener les angevins quelques mois plus tard à retourner aux urnes?
Pour cette séance de rentrée du conseil municipal, nous eussions aimé ne pas avoir à décerner de prix citron. Mais manifestement la politique de la table rase et de l'oubli des origines semble avoir quelques émules encore au sein de la majorité. Alors donc un premier citron pour Frédéric Béatse, déclarant sans précautions oratoires "nous sommes tournés vers l'avenir, peu importe le passé". Sans doute ne s'était-il pas rendu compte de la présence de Monsieur Jean Monnier, maire de 1977 à 1998, sans l'action duquel Angers n'aurait peut-être pas pris l'allure moderne et le dynamisme qui la caractérise, malgré dix ans d'immobilisme municipal de la part d'héritiers bien ingrats.
En matière d'aménagement urbain, nous ne partageons pas du tout la vision de Monsieur Antonini et de sa première adjointe.
Arrivé à Angers voici 21 ans, je me souviens de l'émerveillement qui fut le mien de découvrir la Voie des Berges permettant à l'automobiliste de passer rapidement d'une extrémité à l'autre de la ville. Cet enthousiasme devant cette merveille du génie humain, concrétisant à merveille la mission qui est la sienne de faciliter les échanges et la circulation, est toujours intact. Oui, quelque chose me manquera quand je ne pourrai plus m'arrêter pour contempler le flux de voitures passant dans un sens puis dans l'autre au pied du château, venant par leur doux murmure, rompre le silence d'une cité qui sans cela serait anxiogène et sans âme. Lorsqu'après avoir passé quelque temps hors d'Angers, c'est par la Voie des Berges que j'aime à rentrer, là où se renouent les liens avec la ville énergique, la ville entreprenante, la ville qui bouge, voyant défiler, tel un film d'action, les images des édifices sans lesquels Angers ne serait pas Angers.
La vision des voitures et de leur flot, toutes porteuses de fantastiques histoires humaine, est encore plus sublime, lorsqu'on du haut du château on les voit arriver au logis du Roi de Pologne, passer sous la première trémie, puis resurgir. Ou encore, lorsque l'on veut tenter l'expérience des sensations fortes, on les regarde en vue plongeante depuis la rembarde de l'un des ponts.
Alors, que l'on ne vienne pas me parler de reconquête des berges, et toutes les bonnes raisons du monde ne me feront jamais douter de la justesse de l'intuition de Jean Turc qui les fit construire, de Jean Monnier qui les développa.
Pour tout dire, j'espère ne jamais connaître le jour où les trémies seront bouchées. Plaise à Dieu que ce jour n'existe pas ou que si cela devait advenir je sois ailleurs.

Il est en effet de bon ton, dans les sphères bobo de cracher sur la ville pompidolienne. Ce n'est que trop facile de blâmer sur le dos des autres le progrès et ses bienfaits dont soi-même on ne voudrait à aucun prix se priver.
Ce mépris du progrès est proprement anti-humaniste. Il révèle l'égoïsme suffisant d'une élite de nantis qui pour préserver ses positions ne voudrait à aucun prix consentir aux sacrifices qu'ils souhaiteraient imposer à autrui.

Alors en guise de conclusion, comment ne pas rendre hommage au maire visionnaire que nous avons eu de 1977 à 2008, plus soucieux de politique du réel que de complaisance envers les caprices de la mode.
Voici ce que nous dit Jean Monnier à propos des Voies sur Berges : "Ce n’est pas avec une circulation automobile réduite, avec carrefours à niveau, qu’on réunifiera la ville, c’est en construisant des franchissements supplémentaires (…). Ce n’est pas en comblant les trémies que l’on effacera la coupure des voies sur berges: au contraire, c’est en creusant cette voie et en la couvrant d’une dalle paysagée à vocation de promenade entre la Place-Molière et le Pont de la Haute-Chaîne, en encorbellement sur la Maine, face à la cale de la Savatte."

Puisque Monsieur le Maire se dit prêt à entendre la voix des Angevins, et bien chiche. Sans honte, je préfère partager la vision que nous proposait Jean Monnier, idée reprise en 2001 dans le programme de Dominique Richard, et en 2008 dans celui de Christophe Béchu.

mercredi 15 juillet 2009

RAILS ET RAILLERIES

Apparemment, leur arrivée n'a pas fait beaucoup de bruit. Il est vrai que la trêve estivale qui vide Angers d'une bonne partie de ses habitants et les vacances limitent aussi le flot de circulation.
Même si son tracé restera marqué par un péché originel sur lequel il est désormais impossible de revenir : passage par la place du Ralliement et surtout par la rue de la Roë si étroite que cela a imposé la construction d'une voie unique, obligeant ainsi le tramway descendant vers la Maine que celui montant vers le Ralliement l'ait croisé sur la dite place ; refus incompréhensible de faire passer la première ligne par le quartier universitaire de Belle-Beille, au profit de la banlieue la plus riche de l'agglomération, le tramway d'Angers se construit. Cela dit, rien ni personne ne pourra obliger ceux qui avaient privilégié une autre option de tracé d'emprunter ce moyen de transport sur la partie du tracé qu'ils n'ont pas validé. Heureusement qu'il restera toujours possible de descendre à Foch Maison Bleue, prendre un bus de correspondance ou descendre à pied vers Saint-Serge Université. C'est ce que nous ferons personnellement pour ne jamais avoir à passer en tramway par la rue d'Alsace, la Place du Ralliement, la rue de la Roë, la rue Boisnet.


Comme en catimini, sans tambour ni trompettes, sans fleurs ni couronnes, les premiers rails ont donc été posés ces jours-ci et sont donc visibles rue du Haras.


Petit clip vidéo ajouté le 16 juillet 2009:



mardi 7 juillet 2009

ANGERS, PASSÉ , PRÉSENT, AVENIR

Suite à la démission de Christophe Béchu du Conseil Municipal d'Angers en raison de la législation sur le cumul des mandats, le groupe d'opposition Angers Choisir l'Avenir a désigné deux "leaders" en la personne de Marie-Claude Cogné et Laurent Gérault.
Notre conviction personnelle est qu'il est particulièrement heureux pour le Mouvement Démocrate, composante de la minorité du Conseil Municipal d'Angers, que notre Président Départemental puisse ainsi apporter une dose supplémentaire de visibilité orange au groupe Angers, Choisir l'Avenir, issu de la liste du même nom, pour laquelle la formation centriste s'était pleinement investie lors des élections municipales de mars 2008.
Nous ne doutons pas que le mandat que leur ont confié les 27083 électeurs qui se sont reconnus dans le projet de ville défendu par la liste Angers, Choisir l'Avenir continuera à être honoré et que l'oeuvre de rassemblement des Angevins autour d'une vision dynamique et entrepreneuriale de notre ville continuera à être le fil rouge pour les années qui nous séparent de 2014, et nous savons combien le temps passe vite.
Cependant, les perspectives pour Angers ne sont pas réjouissantes.
Nous mesurons chaque jour les effets combinés de la crise économique et des conséquences du choix d'un mauvais tracé pour le tramway. Au-delà des difficultés inhérentes à ce genre de travaux, les dommages collatéraux que nous ne cessons d'observer depuis l'année dernière démontrent la nocivité de ce choix : faillites commerciales - qui ne sont pas le seul fait de la crise économique; report visible de l'activité commerciale vers d'autres lieux que le centre-ville; modifications des flux de circulation et transfert de la majeure partie du transit des boulevards de petite ceinture vers la voie des Berges rendant aléatoire toute évaluation de l'incidence réelle du contournement autoroutier sur le flux qu'elle absorbe quotidiennement, rendant par conséquent bien imprudente toute hypothèse de calcul pour le choix de faire ou non la rocade Sud.
Lors d'un récent conseil municipal, le Maire d'Angers disait qu'il "avait une vision de la ville".
L'on peut théoriser indéfiniment sur la reconquête des rives, mais chacun sait que l'histoire d'Angers, depuis que le site existe, s'est faite au mieux, malgré la rivière, et toujours dos à la Maine, qui d'ailleurs marqua longtemps la frontière entre ce qui était la ville, et ce qui ne l'était pas.
Aucun des édifices publics civils d'Angers ne s'est jamais installé face à la Maine. C'est dire si contrairement à d'autres villes (Bordeaux, Paris, par exemple), la vie de la cité s'est définie dos à la rivière.
Cela n'a donc rien à voir avec la présence de la Voie des Berges, car la coupure de la ville en deux lui est bien antérieure. Du reste, une barrière d'octroi se trouvait jadis sur la rive gauche, au débouché du pont de la Basse Chaine. Cela signifie tout simplement que c'était l'entrée de la ville, jusqu'au temps où a subsisté l'octroi.
De ce passé, restent des habitudes et des symboles, et si l'on habite sur la rive droite, l'on a bien certes conscience d'habiter Angers, certes, mais quand on franchit la Maine, ne dit-on pas qu'on "va en ville" ou qu'on va "à Angers"? Il n'y a pas si longtemps d'ailleurs, les gens de la Cité considéraient ceux de la Doutre avec une condescendance certaine, leur faisant sentir sans paroles mais sans détours qu'ils n'étaient pas comme eux.
Il faut bien mal connaître Angers pour ne pas s'en rendre compte.
Tout récemment, et visiblement parce que le débat organisé par Graines d'Angers a peut-être provoqué un certain écho, voilà que notre maire, et quelques adjoints font paraître un communiqué exposant leurs vues sur la Rocade Sud, et présentent un projet a minima sans réfléchir davantage à l'opportunité de son emplacement, sous forme de voie à circulation apaisée (à 50 kilomètres).
Seulement, appelons cela comme on voudra, mais certainement pas rocade.
Nous n'avons pas de religion personnelle, sur cette question de la rocade sud, mais nous doutons personnellement de l'effet d'une telle voie, surtout si elle est destinée à servir d'exutoire ou de transit à un flux venu des réseaux à caractères autoroutiers. Lorsqu'on réduit la vitesse d'écoulement d'un fluide, on crée mécaniquement un bouchon en amont. Cela ne règle pas le problème, mais aurait tendance à l'aggraver.
Tout cela serait anecdotique si Angers avait la perspective à moyen terme de bénéficier d'un vrai réseau de tramway. Or les perspectives de construction d'une deuxième ligne deviennent pour Angers ce que fut pour Ulysse la fuyante Ithaque, à tel point que l'on sait dès à présent qu'un des points du programme pour lequel se sont prononcés une courte majorité des Angevins a d'ores et déjà rejoint le tonneau sans fond des promesses qui n'engagent que ceux qui ont eu la naïveté d'y croire.
Une ligne ne sera pas un réseau, et le choix fait pour son tracé induira des choix certainement très discutables pour la connexion des lignes de bus. Comment veut-on persuader les Angevins et ceux qui n'habitant pas la ville mais viennent y travailler d'utiliser les transports en commun si d'emblée est fait le choix d'un réseau étriqué, dont le tracé pour ce qui concerne la ligne de tramway n'a obéi qu'à un calcul politicien, si les perspectives de son développement à moyen terme ne sont pas l'objet ne serait-ce que d'un embryon d'amorce de réflexion citoyenne et partagée?
A l'heure où la gauche ne cesse de se gargariser de démocratie participative, il faudrait peut-être mettre en accord les idées et les actes. Que penser par exemple de cette idée débattue en catimini d'un impôt sur les ménages au bénéfice de l'agglomération? Le potentiel fiscal de l'agglomération dont la faiblesse est connue permet-il de décider à la légère d'un tel impôt?
Ne vaut-il pas mieux en temps de crise, reporter à plus tard les investissements qui ne seraient pas indispensables, donner l'exemple de la vertu d'économie, en restreignant par exemple les dépenses de communication dont nous savons qu'elles ne sont pas minces et en se donnant de vrais objectifs de justice sociale, qui éviteraient d'avoir à présenter comme un immense progrès social un gain moyen de 22 centimes par habitant (gain estimé du gel du tarif des services publics).

samedi 20 juin 2009

FISSURES AU SEIN DE LA MAJORITE MUNICIPALE?

Manifestement, le débat organisé par l'Association Graines d'Angers, les articles d'Ouest-France qui l'ont suivi n'ont pas laissé indifférents certains élus Verts de la Majorité municipale. En effet, toujours selon le même journal, ils auraient fait part de leur divergence substantielle d'appréciation par rapport à ce projet, dont on dit par ailleurs que le Conseil Général pourrait peut-être se désengager.
Or, sur ce projet, c'est bien Angers Loire Métropole qui était demanderesse, et l'on nous expliquait que cette liaison Sud était la condition sine qua non de la requalification des Voies sur Berges, quitte à infliger à d'autres habitants de l'Agglomération des nuisances en terme d'environnement et de bruit, dont le seul avantage est que ces inconvénients ne nuiraient plus à la bourgeoise tranquillité des habitants du Centre-Ville.
Au-delà du vote de peur qui s'est manifesté lors des élections européennes, la première réalité est celle des finances de l'Agglomération. Le dérapage des coûts constaté pour de nombreux projets, comme le Tramway, la faiblesse du potentiel fiscal de celle-ci, les rumeurs insistantes sur la création d'un nouvel impôt levé par elle pose comme première question une question d'ordre économique et budgétaire, avant même celle de l'opportunité ou de l'inopportunité environnementale. Il s'agit de se demander explicitement si l'agglomération a les moyens de financer un tel projet et si la priorité du Conseil Général doit être de continuer à vouloir assumer la maîtrise de celui-ci, c'est-à-dire non seulement le co-financement à parité avec l'Agglo mais aussi et surtout la responsabilité politique.
Dans un communiqué de presse, Gilles Groussard pointait - une fois de plus - l'incohérence des prises de position de la première adjointe. Serait-elle passée par le fleuve du Léthé (ce fleuve de l'oubli qui dans les croyances païennes permet aux âmes qui s'apprêtent à être réincarnées d'oublier leur vie antérieure) en passant de la liste d'opposition, sur laquelle elle avait été élue, à la liste Angers en avant.
Assistant à l'un des derniers conseils de la précédente mandature, j'avais entendu une conseillère de l'opposition s'en prendre - seule contre tous - à ce nuisible "projet d'aspirateur à voiture". Aujourd'hui, sans doute pour les besoins de la solidarité majoritaire, cette même personne, devenue adjointe, mais passée de l'opposition à la majorité, présente la liaison Sud comme un élément dans une réponse "multimodale". Les riverains de la Roseraie apprécieront sans doute. Les horticulteurs aussi.
Avoir à sa porte d'immeuble un poumon vert, disposer de terres horticoles pouvant être valorisées, pourquoi pas dans l'agriculture de proximité, ce n'est peut-être pas du développement durable? Comme si en la matière on pouvait se contenter de poudre aux yeux, d'effet de com' et autres agendas 21.
Il y aurait donc me semble-t-il quelque chose de peu honnête pour l'agglomération de ne pas assumer aussi la responsabilité politique de ce projet, et de s'en défausser sur le département.
Enfin, un peu de cohérence ne messiérait pas à la majorité municipale, car, il va bien falloir à un moment donné ou à un autre, si l'on est fidèle à ses convictions, et que celles-ci passent avant les calculs politiciens, que les Verts de la majorité municipale assument leur désaccord. Et que ceux qui se sont fait élire parce que porteurs eux aussi d'une sensibilité "écologique" nous expliquent leurs contradictions entre leurs positions de la veille et celle du lendemain.

mardi 16 juin 2009

LA ROCADE SUD EN DEBAT.



Hier soir lundi 15 juin, l'Association "Graines d'Angers" organisait un débat public à la Salle du Hutreau. Le lieu choisi était emblématique, étant donné le sujet du débat. En effet, c'est à deux pas de cette salle, sise dans un décor naturel propice à la respiration, aux portes de la ville que l'on prévoirait de faire passer la liaison Sud.

La salle était pleine, et de nombreux auditeurs debout. Cela témoigne à qui en douterait de l'importance du sujet, et aussi de la capacité de Graines d'Angers à susciter le débat.

Trois associations avaient répondu présent, le Camp de César, Stop Rocade, et Sauvegarde de l'Anjou.

En préambule, le président de l'association Graines d'Angers a expliqué comment ce débat s'organisait.

En premier lieu un exposé conduit par un cadre du Conseil Général, sur les données techniques, les calculs prévisionnels, l'estimation des besoins, leur évolution en fonction de la démographie, des autres moyens de transport.

Il ne s'agissait pas pour le département de venir exprimer une position, un choix, - cela étant la prérogative des élus -, mais d'apporter des données de réflexion.

Puis chaque association en est venue à exprimer son point de vue. Un journaliste, Yves Boiteau, assumait avec brio et autorité la fonction de modérateur.

On n'a pu qu'être surpris de l'absence de représentant d'Angers-Loire-Métropole, pourtant intéressée au premier chef. Et il y a tout lieu de supposer que cette absence résulte d'un choix délibéré, et peu honnête.

Outre l'attitude peu démocratique qui consiste à fuir le débat, se rajoute une certaine malhonnêteté, car, c'est à la demande de l'Agglomération que le Conseil Général, dans le cadre d'un dispositif co-décisionnel, en assume la maîtrise d'ouvrage.
Cette dérobade de l'Agglomération semble faire apparaître le double langage des édiles angevins. Bien sûr, pour la Com', on maintient les slogans sur le développement durable, mais lorsqu'il s'agit d'un projet comme celui-ci, projetant de faire passer une rocade à quelques centaines de mètres des habitations de la Roseraie, de réduire les surfaces agricoles et horticoles, les dernières qui subsistent à une si proche distance d'Angers, il y a de quoi s'interroger sur les choix de l'Agglomération, le projet et la vision de la ville qui les sous-tendent ou plutôt l'absence de vision cohérente.

L'on nous explique que cette liaison Sud est nécessaire pour la requalification des voies sur Berges, mais on est quelque peu dubitatif, quand on sait que cette liaison Sud aura pour exutoire le Pont de l'Atlantique, sur lequel passe déjà le flux de la pénétrante structurante qu'est la voie des Berges. La réduire à une voie dans chaque sens créera de toute façon des bouchons permanents.
L'on nous explique aussi que cette liaison Sud est nécessaire pour restructurer les actuels boulevards Sud, sur lesquels on se propose de mettre en place des trémies, c'est-à-dire de réaliser en secteur densément habité, l'équivalent de la Voie des Berges, ou peu s'en faut.

Mais tout cela, la Ville et l'Agglomération d'Angers se gardent bien de le dire, et semblent trouver un bien commode fusible en laissant le Conseil Général au charbon, en boudant l'invitation qui leur a été faite. C'est sans doute cela, la "chasse en meute"?

Or, malgré tout le savoir faire des cadres du Conseil Général, le sérieux des différentes hypothèses présentées, allant de la liaison Sud au grand contournement avec un pont vers Pruniers, on reste dubitatif, parce que tous les calculs et projections prennent pour acquis l'existence d'une 2ème ligne de tramway à l'horizon 2015.

Or selon les récentes déclarations du Maire d'Angers, il y a tout lieu de croire qu'à cette date, Angers n'aura encore qu'une ligne de tramway, ce qui ne saurait constituer un réseau de transports en commun en site propre.

Or, ce n'est pas une ligne qui va répondre aux besoins de mobilité grandissants des habitants de l'Agglomération. Les projets, comme par exemple Atoll à Beaucouzé, draineront des flux de clientèle, dont une partie viendra évidemment du Sud de la Loire, dont on semble ignorer, sitôt passer les Ponts de Cé, l'isolement et le manque de transports en commun suffisamment cadencés vers la ville Centre.

Or si l'on n'offre pas au citoyen de l'agglomération le vrai choix pour un moyen de transport, si l'on ne programme pas très vite la réflexion non seulement pour une 2ème ligne mais aussi pour une 3ème ligne de tramway, les incantations resteront ce qu'elles sont, c'est-à-dire des incantations.

Si l'agglomération ne crée pas les conditions du débat public sur cette question comme tant d'autres, et préfère la politique de la chaise vide, alors que l'annulation du PLU devrait inciter à plus de modestie, et à davantage de remise en question, il ne faudra pas s'étonner de ce que petit-à-petit les Angevins découvrent que sur ce sujet de la liaison Sud, fuir la discussion avec les citoyens procède d'une stratégie délibérée. Que l'on ne vienne pas après cela donner des leçons de démocratie participative, et d'ailleurs de démocratie tout court.

mardi 9 juin 2009

INTERVIEW DE LAURENT GERAULT A OUEST FRANCE

Voici le verbatim de l'article d'Ouest France. Laurent Gérault, président départemental du Mouvement Démocrate, répond aux questions de la rédaction du quotidien.
http://www.angers.maville.com/actu/actudet_-L.-Gerault-MoDem-une-erreur-de-strategie-_dep-963184_actu.Htm
L. Gérault (MoDem) : une erreur de stratégie

« Abus de pouvoir », le livre de l'opposant anti-Sarkozy, a focalisé la campagne de François Bayrou, son auteur, sur la nécessité d'un vote-sanction. « C'était une erreur de stratégie nationale », selon le président départemental du MoDem, Laurent Gérault, qui n'hésite pas à dire que le livre a « parasité » la campagne.
Il ne cache pas sa déception. « On s'est focalisé sur un enjeu national et on n'a pas su nous faire entendre sur les questions européennes, ni faire émerger les équipes locales et régionales engagées. Le débat s'est focalisé sur un positionnement de Bayrou et du MoDem. Mais on ne fait pas de la politique en tirant les uns sur les autres... »
Pour autant, Laurent Gérault conçoit clairement l'avenir du MoDem. « Il faut construire un parti centriste et démocrate qui rassemble des gens de plusieurs sensibilités, avec une fibre sociale. Un parti qui ne soit pas dans l'opposition, mais le rassemblement ! »
Rassemblement au plan local aussi ? L'alliance UMP-MoDem survivra-t-elle à Angers au départ de Christophe Béchu du conseil municipal ? Sans doute. Car c'est sûr, l'expérience de Laurent Gérault comptera dans cette nouvelle donne.
Il se murmure que l'élu MoDem pourrait devenir l'un des nouveaux chefs de file de la minorité angevine, probablement aux côtés d'un autre élu... désigné par l'UMP. Un binôme, en quelque sorte.

Ouest-France

vendredi 22 mai 2009

LE MODEM DANS LA COURSE



Bertrand, à son arrivée à la Fontaine Saint-Maurice, accompagné par Eric.


Quand d'aucuns semblent se complaire faute certainement de pouvoir et de savoir parler d'Europe dans la rumination ad nauseam de leurs rancoeurs inassouvies, et de leurs haines recuites, le Mouvement Démocrate, fidèle à François Bayrou, uni autour de notre président départemental Laurent Gérault, et de notre présidente angevine Françoise Legoff porte fièrement ses valeurs et son projet, tourné vers l'Avenir. Haut et fort, sans regret. Loyal dans ses engagements au service des angevins. Présent dans la ville, et ouvrant large son regard vers nos soeurs et frères européens.

Pour la campagne des élections européennes, l'un des membres de la Section d'Angers, notre ami Bertrand, par ailleurs conseiller municipal à Beaucouzé, a voulu participer d'une manière novatrice à la campagne électorale, en reliant Saumur à Nantes en courant, en trois étapes.

Parti hier matin jeudi 21 mai de Saumur, il a fait étape hier soir à Angers, où une délégation de la section angevine l'a accueilli en fin d'après-midi à la promenade Jean Turc (Quai Ligny).




Etape d'Angers - Bertrand devant le drapeau de l'Europe - A l'arrière-plan, nimbée dans la lumière bleue du drapeau aux douze étoiles, Françoise Legoff, présidente de la section d'Angers.


Ce matin, vendredi 22 mai, il est parti d'Angers. Le départ a eu lieu à 9h00, près du Jardin du Mail.



Avant le départ, devant le jardin du Mail, Bertrand et une équipe de supporters.




Quelque part à Angers, rue Rabelais, au premier plan, Florian et Bertrand, derrière : Jean-Luc et Eric, à l'arrière-plan, en vélo, même si ça ne se voit pas trop sur la photo, Eric.


En fin de parcours, demain soir à Nantes, il remettra à Sylvie Goulard un fanion européen et un message du Général Morillon, "notre" eurodéputé sortant.
Pour plus de détail sur ce RED, Relais pour une Europe Démocrate, voir le site départemental : http://www.lesdemocrates49.fr/

samedi 9 mai 2009

LE 9 MAI : JOURNEE DE L'EUROPE




En cette année d'élection européenne, le Modem ne pouvait pas laisser passer la journée de l'Europe.


La matinée a commencé à Saumur par une conférence du Général Morillon sur l'avenir de l'Europe.


C'était aussi l'occasion pour le militants centristes du Maine-et-Loire l'occasion de rendre à "leur" eurodéputé l'hommage que nous luis devions bien, sa modestie dût-elle en souffrir.


Laurent Gérault, Président du Modem 49, candidat aux élections européennes (N° 4 sur la liste conduite par Sylvie Goulard) - Le Général Philippe Morillon, député européen sortant.
Après avoir siégé durant dix ans au Parlement Européen, le Général Morillon avait fait savoir qu'il ne solliciterait pas de nouveau mandat. C'est pourquoi la cérémonie de ce matin était un peu ce que la démocratie athénienne nommait la dokimasia, c'est-à-dire un compte-rendu de mandat.
A n'en pas douter, l'expérience du Général Morillon, son engagement de militaire dans les théâtres d'opération les plus chauds de la planète, sa vision lucide de la place de l'Europe dans le Monde, non seulement de ce qu'elle est, mais de ce qu'elle pourrait être, à condition qu'il y ait ce supplément d'âme, et cet aiguillon qui s'appelle simplement la volonté.
Démographiquement, économiquement, l'Europe pourrait avoir les moyens d'être en Occident, une grande puissance parfaitement capable de ne pas se contenter de jouer les supplétifs des USA. Cela suppose que les Chefs d'Etat de l'Europe en aient suffisamment la volonté, pour doter l'Europe des institutions qui lui permettent de réellement parler d'une seule voie : un Ministre européen des Affaires étrangère, une défense organisée à l'échelle de l'Europe.
Merci Général Morillon, d'avoir servi et illustré l'Europe. Non pas l'Europe bureaucratique, mais l'Europe des valeurs, celle des peuples, celle d'un grand dessein. L'Europe de la Paix.
Puis l'après-midi, la section angevine a lancé une opération de visibilité avec ballons oranges, drapeau bleu aux douze étoiles, distribution de tracts.
Il est symptômatique de constater que si nous ne fûmes pas les seuls en centre-ville, seule la section centriste, conduite par sa présidente, s'est rendue à Monplaisir Place de l'Europe.
La distribution des tracts est aussi l'occasion de prendre connaissance de ceux que nous échangeons avec nos concurrents.
Je ne dirai rien de celui de l'UMP que je n'ai pas eu en main, mais celui des MJS me laisse perplexe.
Sur l'équivalent d'un A3 plié en deux, à l'intérieur, seul un quart du texte parle vraiment de projet pour l'Europe. La moitié traite de questions de politique intérieure française (et c'est là qu'on est pris de vertige, parce que c'est bien prendre les électeurs pour des gogos que de leur faire croire que voter socialiste le 7 juin va changer quoique ce soit au quotidien des français et aux ratés de la politique du gouvernement). Tout au plus on aura attisé un vote protestataire sans rien proposer ou si peu.



Ce qui est le plus inquiétant dans l'argumentaire du PS français car relevant soit de l'hypocrisie soit de l'ignorance, c'est de s'en prendre à Barroso. Le problème n'est pas ce que pense le PS de Barroso, et sur les critiques, il rejoint celles qu'au Modem nous lui adressons, mais, il y a quand même une certaine tromperie de l'électorat de s'afficher pour les électeurs français comme anti-Barroso et une fois à Strasbourg, au sein de la délégation du PSE, ne pas pouvoir ou vouloir présenter de candidat alternatif au président de la commission sortante. Enfin, un certain nombre de leaders socialistes bien en vue au PSE ont fait savoir urbi et orbi qu'ils soutiendraient la candidature de Barroso.



Le Modem quant à lui ne sera pas complice de ce genre de turpitudes. Et les représentants que ses électeurs enverra siéger à Strasbourg ne tiendront pas en France un langage différent de celui qu'ils s'engagent à tenir une fois élus à Strasbourg et à Bruxelles.

vendredi 1 mai 2009

TRAMWAY ANGEVIN : LES AVEUX D'ANTONINI

Après avoir maintenu mordicus qu'il n'y avait pas de retard dans les travaux, et que tout serait mis en service dans les délais, le Maire d'Angers reconnaît que le tramway ne sera pas ouvert au public avant juin 2011.
Cela n'est pas une surprise, car c'était depuis quelques mois un secret de polichinelle que les délais ne seraient pas tenus, et la première adjointe avait rompu l'omerta sur ce sujet en déclarant publiquement que la mise en service pourrait avoir lieu courant 2011, amenant le cabinet de l'Agglomération à publier un communiqué de recadrage pour rappeler que la date de mise en service était bien fixée à fin 2010.
Six mois de retard viennent donc d'être avoués. Or, quand on connaît la psychologie particulière qui pousse les politiques à pratiquer avec rareté l'exercice intellectuel de la concession, cet aveu ne laisserait-il pas présager qu'en réalité les délais seraient beaucoup plus long, mais que l'on concède du bout des lèvres un retard de six mois pour ne pas effrayer le vulgum pecus.

jeudi 30 avril 2009

RUBRIQUE AIGRE-DOUCE

A coup sûr, voilà une nouvelle qui va faire bruire le microcosme angevin.
Laurent Le Sager, qui fut autrefois directeur de cabinet de Jean Monnier, maire d'Angers jusqu'en 1998, et président de l'Agglomération jusqu'en 2001, vient d'être nommé directeur général des services du département.
Après quelques années passées à Strasbourg, Laurent Le Sager fait donc son retour en Anjou. Et pour mettre ses compétences éprouvées au service du département.


Voilà sans doute qui va se rajouter aux événements de l'hebdomada horribilis de l'Agenda de Jean-Claude Antonini. Après la mise sur la place publique de la dernière indélicatesse envers Jean Monnier, évincé de son siège d'administrateur d'Angers Expo Congrès, et après que Jean-Claude Bachelot, président de la dite structure eût reconnu que "la décision venait de plus haut [que lui]." Sans doute après la liquidation du Festival du Scoop, soutenu par Jean Monnier, fallait-il au maire d'Angers, sans même endosser par lui-même l'habit de Brutus, faire porter le coup final par un second couteau, retirant ainsi à l'ancien maire sa dernière fonction représentative. De telles manières d'agir, peu glorieuses, dictées par le désir inassouvi de vendetta ne sont pas à l'honneur d'Angers.
Elles sont d'autant moins glorieuses que ceux qui aujourd'hui oublient leurs origines en taillant en pièces l'héritage de Jean Monnier, le vouant par leur paroles insensées à la roche Tarpéienne sont précisément des gens qui lui doivent tout, leurs responsabilités professionnelles pour certains, leur existence politique pour d'autres.
Le mot de Jean Monnier déclarant à l'issue du vote qui l'a évincé du conseil d'aministration d'Angers expo-congrès "je n'attends rien de ces gens-là..." résume bien la situation : ceux qui aujourd'hui l'évincent n'ont rien appris, sauf le devoir d'ingratitude.
Saluons au passage l'honnêteté de l'administrateur qui en s'abstenant n'a pas joint sa voix à cette manoeuvre indigne.
Plus graves encore, deux dossiers ont fait la une de la chronique de ces jours derniers. Et sans l'intervention opiniâtre des élus de l'opposition, peut-être n'auraient-ils même pas été abordés lors du Conseil. Fait étonnant, aussitôt après avoir rendu hommage à la mémoire de Germaine Pouillart-Cannone, le Maire n'a même pas prononcé de discours liminaire, abordant sans plus attendre l'ordre du jour, constitué pour l'essentiel de délibérations courantes. C'est insultant pour le Conseil Municipal, pour le public qui assistait à la séance et pour les Angevins.
L'annulation du PLU ne semble pas amener la moindre remise en question, provoquant, quoi de plus normal la réaction de Gilles Groussard (conseiller de la minorité), dans le Courrier de l'Ouest, et la publication d'une tribune libre de Vincent Dulong, président des Verts, conseiller de la Majorité, appelant les communes concernées et l'agglomération à "approfondir les éléments avancés par le tribunal administratif sur la rocade sud ou les espaces boisés."

On est quand même étonné parce que s'il était une manière de porter cette parole, ce n'est pas tant par le truchement de la presse que de vive voix en la salle du conseil municipal. Auto-censure? Interdiction de parole? Les députés de l'UMP hostiles à l'Hadopi ne seraient donc pas les seuls à être privés du droit de s'exprimer?
Or si les débats de fond désertent la salle du conseil municipal, il ne faudra pas s'étonner de la désaffection persistante du corps civique pour la chose politique.
Le PLU ne semble pas être d'ailleurs la seule pomme de discorde au sein de la majorité municipale. En effet, toujours ce même lundi 27 avril, alors qu'un silence de plomb pesait sur l'hémicycle, le Maire a renvoyé en fin de séance l'intervention de Françoise Le Goff sur l'expulsion du squatt de la rue Lionnaise.
La façon pour le moins fort peu sereine dont se sont déroulés les événements qui ont précédé, accompagné et suivi cette expulsion méritaient certainement davantage d'écoute et à tout le moins autre chose qu'un mesquin rappel au réglement pour stipuler que les questions diverses devaient être communiqués trois jours à l'avance. Est-ce présenter un visage digne de la fonction d'élu que de s'en prendre en la matière à l'incurie de l'Etat, au peu d'empressement du Conseil Général, et aux extrémistes manipulateurs.
Etait-ce honteux pour le maire de reconnaître que la décision d'expulsion avait été prise sur sa requête? Là encore, les Verts, au lieu d'exprimer publiquement dans la salle du conseil leur appréciation des choses, le font par voie de presse, appelant la ville à étudier la "faisabilité d'un lieu social autonome, à l'image de ce qui se fait à Dijon".
Autre sujet que le Conseil Municipal aurait dû aborder en séance publique. La décision de célébrer pour les couples qui le souhaiteraient des cérémonies de PACS dans la salle de la charte.
Entendons-nous bien, la loi dispose que les PACS sont conclus par voie de déclaration au greffe du Tribunal d'Instance. Les cérémonies organisées par les mairies ne peuvent être qu postérieures à la dite déclaration et ne peuvent de toute façon pas donner lieu à transcription en marge des registres d'Etat Civil. Et les éventuels registres qui pourraient être paraphés ou les recepisse qui pourraient être délivré, même revêtus du sceau municipal, n'auraient pas d'existence juridique.
Certains maires souhaitant que des cérémonies puissent être organisées sous l'égide d'un élu ont fait précéder leur prise de décision d'un débat en conseil municipal. Tel n'a pas été le choix d'Angers. Au lieu d'une discussion publique de l'assemblée des élus, c'est encore une fois l'impression d'une décision prise en catimini. L'on peut du reste s'étonner que jamais dans son programme électoral le maire n'ait fait figurer une telle idée. Fallait-il par cette curieuse abstention ne pas prendre le risque de choquer l'électorat conservateur? Comprenne qui pourra.

jeudi 23 avril 2009

PLUS DE PLU A ANGERS :QUE VA-T-IL SE PASSER?

En la matière, gardons nous du sensationalisme et réservons les termes de séisme et de tsunami à des événements qui le sont vraiment.
Selon le Code de l'Urbanisme, l'annulation d'un PLU a pour effet immédiat de remettre en vigueur les documents et règles immédiatement antérieurs, soit en l'espèce le Plan d'Occupation des Sols en vigueur jusqu'en décembre 2005.
Pour reprendre les explications données aujourd'hui dans le Courrier de l'Ouest, cela signifie concrètement que:
  1. Les permis déposés à partir de la date d'effet de la décision annulant le PLU devront se conformer aux dispositions du Plan d'Occupation des Sols. Cela signifie que les projets prévus sur les zones déclarées constructibles par le PLU mais classées en zone non aedificandi par le POS sont gelés.
  2. Les permis délivrés depuis plus de deux mois n'ont plus de base légale. Les projets pour lesquels ils ont été délivrés a priori ne seraient pas gelés. Sauf si évidemment ils ont fait dans l'intervalle l'objet d'un recours.

Ainsi, par exemple, la décision d'annulation du PLU pourrait certainement remettre en question les très contestés projets de construction aux Basses Fouassières et sur la Place Marcel Vigne.

Certes, les permis ont été délivrés le 22 octobre pour les Basses Fouassières. Or, dans le délai légal de recours, deux recours gracieux ont été déposés auprès de la Mairie d'Angers. La notification d'un refus ou l'absence de réponse dans un délai de quatre mois à compter de la requête équivalent à un refus implicite fait à nouveau courir un délai de deux mois pour déposer un recours contentieux devant le juge administratif. Lequel a été déposé le 2 avril.

Ce qui s'est passé doit donc servir de leçon pour l'avenir. Si l'on peut expliquer comme une manifestation d'acrimonie les déclarations outrageantes du Maire d'Angers et du Député-Maire de Trélazé, il faudrait peut-être rappeler que si le juge administratif a annulé le PLU, c'est que celui-ci ne respectait pas la loi.

C'est en effet trop facile pour l'Agglomération de laisser croire qu'en la matière elle peut plaider sa propre infortune. Les commentaires d'humeur et d'aigreur, pour ne pas dire les cris de haine, visant une association en particulier ne peuvent masquer la réalité. Celle d'un PLU mal ficelé dès le départ, où il s'agissait de faire entrer de force un certain nombre de lubies hyperdensificatrices dans un lit de Procuste.

Qu'à la mauvaise foi on ne vienne pas ajouter un calendrier manifestement hors du réel, car qui croira qu'on pourra raisonnablement préparer un nouveau PLU, en respectant toutes les exigences de concertation, pour le soumettre à enquête publique à la mi-septembre, et faire délibérer le conseil de communauté en décembre?

Récemment le Canard Enchaîné prêtait à un député de la Majorité Présidentielle le propos suivant, visant le Président de la République. Ce député disait, selon ce journal : "Oh ! Il n'est pas du genre à reconnaître ses erreurs." On pourrait presque dire la même chose, en le cas d'espèce, à propos des péripéties actuelles qui secouent le marigot angevin, comme du reste le reconnaît le Courrier de l'Ouest dont la conclusion de l'article de Jean-Yves Lignel est cinglante : "On cherchera en vain le moindre début de remise en cause, tant sur le fond que sur la méthode."

Personnellement, nous serions tentés de rappeler qu'il y avait pour Angers un moyen bien simple d'avoir ce changement, tant sur le fond que sur la forme.

samedi 18 avril 2009

QUAND LE PS ANGEVIN DEFEND LE CUMUL DES MANDATS

Il a suffi que Roselyne Bachelot-Narquin ose dire tout haut ce que bien des gens pensent tout bas à propos de l'inconvénient qu'il y a à cumuler Mairie - Présidence de l'Agglomération et Vice-Présidence de la Région pour qu'un adjoint se fende d'une bien étonnante justification de ce cumul, avançant l'idée que grâce à cela la ville en question avait retrouvé son rang de 2ème ville de la Région.
Chacun appréciera comme il convient la pertinence de ce pathétique argument.
Merci à l'adjoint en question de nous aider à comprendre que quand le Parti Socialiste prône le non cumul, c'est juste un argument électoral qu'on s'empresse de mettre au frigidaire dès que l'élection est passée.
Après tout, si cela peut aider certains électeurs à rompre ce qui leur reste d'amarres avec le PS, on ne va pas s'en plaindre.
Voir Courrier de l'Ouest de Samedi 10 avril.
Nous n'oserions pas croire que cette apologie - intéressée ? - du cumul des mandats fait partie de ces attitudes courtisanes que certains élus de grande ville ne manquent pas de susciter autour d'eux pour attiser les ambitions successorales.
L'adjoint en question voudrait-il nous dire que le maire-président d'agglo ayant tellement pris goût au cumul des mandats il n'y aurait pas de raison de changer et de ne pas continuer une politique... qui ne marche pas.
Passons sur les autres approximations de fond et notamment l'affaire de l'ADEME. Que le maire d'Angers n'ait pas digéré le refus de l'ADEME de s'engager au Front de Maine dans une construction coûteuse en une période de restriction des finances des organismes d'Etat est un sentiment que l'on peut à la limite comprendre, mais ce sentiment pensons-nous s'est sans doute bien atténué par la perspective de pouvoir installler en cet endroit un hôtel haut de gamme sans doute plus lucratif.
La réalité est plus simple : il était plus avantageux, y compris en termes d'économies des deniers publics, y compris pour les finances angevines, pour l'ADEME de s'installer au plateau de Grésillé au Lac de Maine.
Tout cela ne rend que plus urgent la nécessité d'étendre les cas de cumuls de mandats. Si le législateur, dans sa sagesse, a décidé d'interdire le cumul d'une présidence de région, avec celle d'un département, et de maire d'une grande ville, il serait peut-être nécessaire d'intégrer à cette liste de cumuls interdits la participation à plus d'un exécutif de collectivité élue au suffrage direct. En clair, un maire ou un adjoint de grande ville (100000 habitants et plus), ne devrait pas pouvoir cumuler cette fonction avec la présidence ou la vice-présidence d'un département ou d'une région.
La vie démocratique ainsi que la disponibilité des élus aurait tout à y gagner.
Mais il y a pour l'électeur un moyen tout simple et peu onéreux de mettre un terme à ces cumuls, c'est tout simplement son bulletin de vote.
Sachons nous en souvenir lors des prochaines élections régionales, puisque de toute manière, il serait temps pour la région des pays de loire d'être dirigée par un exécutif régional substantiellement renouvelé, et surtout rajeuni, capable d'impulser en Pays de Loire une autre politique. Une politique plus ambitieuse, qui ne corsète pas les énergies des citoyens. Une politique qui ait à coeur de faciliter la liberté d'entreprendre et de créer. Une politique qui sache défendre la Région des Pays de Loire face aux convoitises intéressées ou face aux tentations de sécession. Une politique qui investisse autrement l'argent public dans de vrais actions de promotion économique de notre région ligérienne.