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vendredi 12 novembre 2010

TRES CHER TRAMWAY

Mardi 10 novembre se tenait le conseil d'agglomération d'Angers Loire Métropole. Parmi les délibérations soumises au vote des édiles figuraient entre autres le vote d'une somme de 400000 € (somme arrondie) pour rémunération d'une prestation d'assistance et de conception des festivités d'inauguration de la Ligne Unique du Tramway Angevin. Après les consultations d'usages, une agence parisienne avait été retenue.
L'élément inattendu fut ce que l'on pourrait appeler un commencement de fronde des maires des communes suburbaines, obligées, appartenance à l'agglomération oblige, de financer un tramway dont elles ne verront jamais les couleurs dans leur territoire pour nombre d'entre elles, et trouvant sans doute un peu fort de café, cette prestation ne couvrant qu'une mission d'assistance. Ainsi donc, le premier vice-président de l'assemblée nationale, par ailleurs maire d'Avrillé, cherchait à savoir si à cette somme il convenait de rajouter les locations de barnum, les fournitures de petits fours, etc... comme il est d'usage en pareil cas. Laurent Gérault, porte-parole de l'opposition angevine, suggérait l'idée que l'inauguration fût associée aux accroches-coeurs prévus pour le mois de septembre, comprenant mal qu'en période de crise économique qui frappe en premier les plus pauvres de nos concitoyens, une agglomération s'apprête à la fois à dilapider 400000 € pour une prestation de communication, et à voter, dit-on, un impôt sur les ménages... Toujours dans le même registre, Michelle Moreau, ancienne adjointe centriste de l'ancien maire Jean Monnier, désormais représentante de l'opposition, suggérait que l'on envisageât de confier cette action de communication à des étudiants, ce qui aurait le double mérite de faire travailler ceux-ci sur un vrai événement, de concevoir une vraie action de communication, et de ne pas plomber les finances de l'agglomération.
C'est alors que plusieurs maires des communes périphériques faisaient part de leur intention de voter contre cette délibération, arguant peu ou prou des mêmes motifs.
Cette délibération, présentée initialement par la vice-présidente en charge des déplacements, n'avait visiblement pas l'heur de plaire aux édiles.
Crainte de ne pas avoir de majorité suffisante, perception en séance de ce que la délibération était inopportune, celle-ci était en tout cas retirée in extremis de l'ordre du jour.
Le lendemain, les articles de la presse régionale reprenaient cette clôture inattendue de la séance du conseil d'agglomération, et enfonçaient à nouveau le clou sur ce qui commence à être un secret de polichinelle: la mise en place d'un nouvel impôt, dans l'agglomération d'Angers Loire Métropole, frappant directement les ménages. http://www.angers.maville.com/actu/actudet_-L-inauguration-du-tram-retoquee-au-conseil-d-agglo_loc-1583994_actu.Htm
En ces temps de crise économique, ne serait-il pas temps que les édiles locaux en finissent avec l'idée selon laquelle plus les dépenses de communications sont chères, meilleure est l'effet sur l'opinion. En ce domaine là, une saine sobriété ne s'impose-t-elle pas, et est-il besoin de dire que le moyen de transport induira son usage, par le fait même de le voir passer dans les rues. Ne peut-on pas imaginer non plus une inauguration à moindres frais?

mardi 27 octobre 2009

LA VILLE D'ANGERS FAIT-ELLE TOUT POUR LA SECURITE DES DEPLACEMENTS?

Pour le bon sens, on pourrait croire qu'entre une passerelle spécifiquement dédiée aux piétons, et un passage à niveau, même aménagé, sur un axe important où devront cohabiter circulation automobile et tramway, la solution optimale aurait justifié la conservation de la passerelle.
Or pourtant, contrairement à l'avis des commissaires-enquêteurs, la ville a préféré sacrifier la sécurité à ses a priori dogmatiques anti-voiture.
Les arguties développées par les adjoints successifs en charge de la voierie et des déplacements sont de peu de poids.
Non seulement, cette passerelle était utile, puisque permettant une traversée sécurisée pour le flot de piétons, mais on aurait pu la conserver, quitte à abaisser le niveau du sol pour permettre le passage du tramway. Les finances de la ville n'en auraient guère pati, surtout quand on sait que s'agissant de l'argent d'autrui, et s'agissant de projets éminemment contestables, la ville d'Angers ignore la crise quand il s'agit de dépenser, surtout d'ailleurs pour sa com, aussi inutile que tapageuse et tendancieuse.
Ainsi donc, la construction de ce tramway aura multiplié les exemples de ce qu'il ne fallait pas faire:
  • passage par l'hypercentre, au prix d'une voix unique, sur toute la longueur de la rue de la Roë, débouchant de surcroît sur un secteur systématiquement inondé lors des crues décennales.
  • dérapage des coûts, multiplication des avenants aux contrats établis avec les adjudicataires.
  • insuffisante prise en compte de la sécurité:
    • place du Ralliement, vouée désormais à la piétonnisation, le tram traversera de façon dangereuse l'espace piétonnier.
    • boulevard Winston Churchill, la passerelle appréciée de tous est démolie ces jours-ci, ainsi d'ailleurs que toute la végétation qui donnait à ce boulevard l'aspect très agréable d'une rue végétalisée.
    • En lieu et place de tout cela: un passage piéton à niveau des voies, un environnement qui restera strictement minéral et métallique le temps que la végétation repousse.
Et avec cela Angers s'imagine faire du développement durable. Une seule ligne de tramway au mauvais tracé, plombant pour de longues années les finances de l'agglomération et donc les impôts des ménages. Une arrogance insupportable de la majorité municipale lorsque l'opposition demande simplement combien tout cela va coûter. Réponse de la mairie: "on saura le coût final quand tout sera fini." Ben voyons! Comme si pour un investissement de cette nature on pouvait se permettre de considérer que les ressources étaient une manne inépuisable.

Comment se satisfaire des incantations en faveur des "déplacements doux" ? C'est sans doute très bien de promouvoir le vélo. Soit. Mais ce serait encore mieux si les cyclistes étaient un peu plus souvent rappelés aux obligations que leur impose le code de la route, à commencer par l'obligation d'un éclairage efficace la nuit ou au petit matin. Combien de cyclistes se permettent en effet de rouler sans lumières, s'exposant ainsi de manière imprudente, certes, mais surtout exposant les automobilistes, du fait de leur imprudence à eux les cyclistes, à des manoeuvres dangereuses pour précisément les éviter? Combien également voyons-nous de cyclistes prendre à contre sens les pistes cyclables, enfin, les portions de rue sur lesquels on se contente par trois coups de pinceaux de dessiner un vélo?

Promouvoir les rues piétonnes, c'est peut-être très bien, mais il serait certainement plus judicieux de revenir à l'ancienne règle de circulation, c'est-à-dire que les cyclistes doivent tenir absolument leur vélo à la main. Tout cela n'est pas anecdotique, car pour les piétons, ce serait un comble d'êter davantage exposé au risque d'être renversé par un vélo sur une rue piétonne, que par une voiture sur une rue normale pourvue de dispositif de sécurité, et où surtout par nature, il est plus facile pour le piéton de faire attention.

Il n'y a donc pas cinquante solutions si l'on veut que la rue soit un espace partagé. Cela commence par rappeler aux cyclistes leurs obligations. Et force nous est de constater que sur ce point la carence est manifeste. Faire respecter le code de la route par les cyclistes, y consacrer les moyens nécessaires contribuerait certainement davantage à la sécurité de tous.

dimanche 20 septembre 2009

QUAND LE BOUGISME FRAPPE L'AGGLO

Il paraît que c'est la semaine de la mobilité.

Je ne puis résister au plaisir de brocarder le flyer publicitaire de l'agglomération d'Angers.


Mon fond viscéralement libéral me pousse spontanément à penser qu'il n'appartient pas aux structures politiques de décider comment les citoyens doivent se déplacer, et même à me demander si inciter ces mêmes citoyens à choisir tel ou tel mode de déplacement relève de la mission des politiques.
Une chose est que les pouvoirs publics fassent des choix visant à développer tel ou tel mode de déplacement, une autre est d'empiéter sur la liberté de chacun de se déplacer comme il l'entend.
En particulier, il n'y a aucune raison de profiter d'un mode de transport sur la partie du tracé avec laquelle nous sommes en désaccord irréductible, ni d'une navette gratuite.
Quand on pense que tout service doit se payer, la moindre des choses c'est de refuser de bénéficier de services en apparence gratuits mais coûteux pour la collectivité.

Enfin, que penser de ce slogan aux allures de publicités mensongères quand nous savons à quel point la construction du tramway a pris de retard. Les mots un sens, qu'on ne dise pas qu'il arrive alors qu'il n'est pas là et que le tracé de la ligne est un vaste chantier.


Une entreprise privée qui se livrerait à de telles déformations de la vérité serait certainement confrontée à de sérieuses déconvenues.
Est-ce trop exiger, si l'on se place du point de vue du contribuable dont on utilise les finances, de faire en sorte qu'on ne le rende pas financièrement et malgré lui complice d'un mensonge.
Quant aux habitants de l'agglomération ou même d'Angers que le tracé de la LU (la Ligne Unique) laissera durablement à l'écart, qu'est-ce qu'ils sont en droit de s'imaginer, qu'on se moque d'eux?


jeudi 3 septembre 2009

DU DANGER DE LA NOVLANGUE

Depuis quelques années il est de bon ton de se plaindre du fossé qui s'élargit entre politiques et citoyens d'en-bas.
La Ville d'Angers et ses hiérarques socialistes avaient déjà donné pendant la campagne électorale un avant-goût du divorce linguistique entre eux et le bas peuple. Souvenons-nous des libellés affriolants de la campagne électorale pour désigner les responsabilités des adjoints: la ville bien gérée ; la ville de l'art d'être ensemble ; la ville éducatrice (comme s'il appartenait à la ville de s'arroger en la matière un pouvoir de substitution : les parents apprécieront...) ; la ville de la mobilité...

Apparemment, moins de deux ans après les élections municipales, cette rage de la novlangue qui s'est inoculée chez les principaux responsables de la majorité municipale n'a pas disparu.

Au point que Jean-Yves Lignel, dans le Courrier de l'Ouest d'aujourd'hui, relate avec une ironie certaine la conférence de presse donnée par l'adjointe aux transports.

Saviez-vous que le tramway est censé favoriser le report modal? Heureusement que le journaliste donne généreusement la traduction en français courant. Le report modal, c'est tout simplement quand on prend sa bicyclette au lieu de sa voiture, ou que l'on combine marche à pied et transport en commun.
On se demande qui invente ces vocables ronflants, mais dont la vacuité n'a d'égale que l'immodestie. N'y a-t-il pas mieux à faire, car l'argent des contribuables n'est pas inépuisable, que payer des agences de com' pour inventer ces expressions qui trouveraient bien leur place dans une anthologie de la consistance du vide.


"Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément..." (Boileau, Art Poétique).
On se demande vraiment pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple. Visiblement, tout ce fatras, tout ce verbiage a irrité le journaliste, qui se paie d'un communiqué cinglant, sous forme d'une lettre ouverte à son rédacteur en chef.

Manifestement, en matière de communication politique, beaucoup reste à faire. Tout d'abord revenir aux choses simples. Avoir des idées, et trouver les mots pour le dire. Le Général de Gaulle, François Mitterrand n'ont jamais eu recours aux services de coaches ou d'officines de communication. Au niveau de notre bonne ville d'Angers, des maires de grande qualité comme Jean Turc ou Jean Monnier savaient de façon intuitive comment parler à leurs administrés.

Nos hommes comme nos femmes politiques ne seraient aucunement déshonorés s'ils retrouvaient l'audace de nommer les choses par leur nom.

Sur le fond, chacun appréciera comme il convient de le faire. C'est à se demander, si une fois que l'on a fait l'expérience des conditions actuelles de déplacement en ville, une fois que l'on a vu que la rentrée venant encore davantage de rideaux de magasins demeuraient baissés, tout le monde parle bien de la même ville. Fallait-il par suite du choix d'un mauvais tracé, sacrifier le commerce de centre-ville à je ne sais quel Moloch jamais repu.






mercredi 15 juillet 2009

RAILS ET RAILLERIES

Apparemment, leur arrivée n'a pas fait beaucoup de bruit. Il est vrai que la trêve estivale qui vide Angers d'une bonne partie de ses habitants et les vacances limitent aussi le flot de circulation.
Même si son tracé restera marqué par un péché originel sur lequel il est désormais impossible de revenir : passage par la place du Ralliement et surtout par la rue de la Roë si étroite que cela a imposé la construction d'une voie unique, obligeant ainsi le tramway descendant vers la Maine que celui montant vers le Ralliement l'ait croisé sur la dite place ; refus incompréhensible de faire passer la première ligne par le quartier universitaire de Belle-Beille, au profit de la banlieue la plus riche de l'agglomération, le tramway d'Angers se construit. Cela dit, rien ni personne ne pourra obliger ceux qui avaient privilégié une autre option de tracé d'emprunter ce moyen de transport sur la partie du tracé qu'ils n'ont pas validé. Heureusement qu'il restera toujours possible de descendre à Foch Maison Bleue, prendre un bus de correspondance ou descendre à pied vers Saint-Serge Université. C'est ce que nous ferons personnellement pour ne jamais avoir à passer en tramway par la rue d'Alsace, la Place du Ralliement, la rue de la Roë, la rue Boisnet.


Comme en catimini, sans tambour ni trompettes, sans fleurs ni couronnes, les premiers rails ont donc été posés ces jours-ci et sont donc visibles rue du Haras.


Petit clip vidéo ajouté le 16 juillet 2009:



jeudi 19 mars 2009

LA MORT DE LA PLACE DU RALLIEMENT


Naguère, la place du Ralliement était une place vivante. L'accessibilité à tous les modes de transports, aux bus, aux automobiles en faisait véritablement le coeur de la ville. Nous ignorons si à la fin des travaux qui chaque jour amènent leurs tombereaux de nuisances les Angevins se réapproprieront cette place, et si elle redeviendra ce lieu trépidant de vie avec ses klaxons, la musique entraînante des moteurs. En attendant, elle est la proie des pelleteuses. Et c'est le spectacle d'une place saccagée qui est offert aux Angevins, même pas quinze ans après la dernière réfection.

La verrière qui l'ornait, et qui permettait de s'abriter les jours de pluie est vouée aux démolisseurs.

Certes, la ville a connu par le passé la mise au rencarts d'éléments architecturaux qui ne semblaient plus au goût du jour. En son temps, les édiles firent disparaître l'horloge des anciens abattoirs. Mais elle fut simplement remisée, en attendant d'être redécouverte pour être intégrée à l'ensemble architectural du Front de Maine.

La verrière du Ralliement qui représentait un témoignage intéressant de l'art urbain des années quatre-vingt dix est vouée à la destruction, sans même qu'ait été posée la question de sa conservation, ou de son intégration dans un autre site, comme on sut le faire pour la rose du Ralliement transportée place Saint-Serge.

L'on peut s'interroger à la fois sur l'idée que se font les édiles de l'économie des deniers publics quand on casse un lieu emblématique de la ville tous les quinze ans, et sur le peu de respect du patrimoine architectural contemporain, comme s'il s'agissait d'infliger à l'oeuvre de Jean Monnier l'ancien maire d'Angers une bien étonnante damnatio memoriae.

Qu'aura gagné la place du Ralliement : une voie ferrée en son centre, visible comme une balafre au milieu d'un beau visage?

samedi 14 mars 2009

UN PEU DE DIGNITE

La réaction du maire d'Angers à la décision d'une association de se désister de son recours contre la DUP est pour le moins désobligeante et insultante. Elle est indigne de la haute idée qu'un élu devrait se faire des devoirs de sa charge. Comment prétendre représenter tous les Angevins et stigmatiser ainsi tous ceux qui se sont reconnus derrière les interrogations d'Angevins simplement dubitatifs par rapport au projet du tramway? Les véritables questions n'ont tout simplement jamais été posées. En particulier celle-ci: comment s'y est-on pris pour faire avaliser le projet à l'agglomération. Quand nous voyons la dérive des coûts, nous n'oserions pas croire que lors de la présentation initiale du projet, les estimations avaient été délibéréement minorées pour faire passer la pilule.
L'utilisation politicienne du tramway que fait la municipalité est tout simplement un élément de plus qui le moment venu me confortera dans le refus de l'utiliser dans sa partie comprise dans l'hypercentre.
En effet, quand on a voté pour une liste qui proposait un autre trajet, il serait incohérent d'utiliser un mode de transport collectiviste passant sur un tracé avec lequel on n'est pas d'accord. Mettre en accord ce que l'on fait avec ce que l'on dit, c'est aussi cela. Faire le contraire serait s'accommoder du péché originel de ce maudit tramway.
Une chose est déjà certaine, le jour où le tramway sera inauguré, je n'assisterai pas à l'inauguration et prendrai toutes dispositions pour ne pas être à Angers ce jour-là.

mardi 3 février 2009

FALLAIT-IL ALLER A LA ROCHELLE?

La presse locale s'est faite l'écho du déplacement de la majorité municipale aux ateliers Alstom pour aller essayer la rame de tramway.
En ces temps de crise économique où les élus devraient donner l'exemple des vertus d'économie, et où les dépenses de représentation et de communication devraient être limitées à ce qu'exige le strict nécessaire, est-il bien nécessaire de maintenir le superflu?
Cela fait une belle jambe aux Angevins de savoir que la première rame roule... à La Rochelle, quand les commerçants sont confrontés aux nuisances quotidiennes, quand les travaux amplifient les effets de la crise, faisant plonger chiffres d'affaires et bilans commerciaux, et alimentant les charettes qui ne prennent plus le chemin du Ralliement, mais qui se dirigent vers le tribunal de commerce, qui pour y obtenir le redressement, qui, hélas, pour procéder à la liquidation.
Aller parader comme cela a été fait à la Rochelle relève à tout le moins de l'inconvenance. Ne serait-ce que par égard pour les commerçants sur qui un sort injuste s'est abattu.
Une bien discutable opération de communication ne compense pas la gêne en matière de circulation et de stationnement, où faute de pouvoir passer en centre-ville, les flux automobiles se détournent vers d'autres secteurs de la ville.
En attendant, l'un des premiers résultats tangibles des travaux, c'est la baisse de fréquentation du centre-ville, montrant par là les limites de la piétonnisation et révélant une fois de plus l'erreur manifeste de jugement et de prospective qui a présidé au choix d'un mauvais tracé.
Certes, le déplacement à la Rochelle, ce n'est pas la sortie nocturne de qui nous savons au Fouquet's, mais cela laisse entière la question du bien-fondé d'une opération de communication dont on se demande en quoi concrètement elle améliore la vie quotidienne des angevins.
Pour paraphraser le titre d'un film, on serait tenté de dire: "Vous ne connaissez pas encore votre tramway, mais vous le détestez déjà."

mercredi 28 janvier 2009

CONSEIL MUNICIPAL : SEANCE DU 26 JANVIER

Le conseil municipal d'Angers s'est tenu lundi soir à 20 heures.

Il s'est terminé à près de 23 heures.

La majorité municipale a offert l'image d'un spectacle affligeant. Le débat d'orientation budgétaire s'est limité à de vagues explications autour d'un diaporama se contentant de présenter de grandes masses (sans les zéros des millions d'Euros), arrondis à la louche au million d'Euro près. Or un débat d'orientation budgétaire doit permettre aux élus de se prononcer en connaissance de cause sur les grands postes d'affectations des recettes, et prévoir ce que l'on compte faire pour trouver les ressources nécessaires.
Il doit permettre à la presse et au public d'avoir une idée claire des grandes orientations de la collectivité.

Le pire fut cependant le paroxysme de l'arrogance atteint par l'un des adjoints, lisant de toute évidence une déclaration manifestement préparée d'avance par une autre plume et se livrant à une attaque aussi déplacée qu'inutile d'une autre institution, s'attirant par là une vigoureuse et judicieuse réplique du leader de l'opposition.
Comme toujours, dès lors qu'il s'agit du tramway, l'adjointe en charge du dossier cultive l'irénisme et la béatitude. Tout baigne, tout va très bien. Il n'y a pas de problème de stationnement ni de circulation. Et ça irait même encore mieux.

Or, ce sont bien deux parkings du centre-ville qui vont fermer pour cause de travaux pendant plus d'un an, alors que les besoins en stationnement en centre-ville ne se réduisent pas. Ce sont bien deux parkings qui une fois réouverts auront été réduits en capacité d'accueil.

C'est dire s'il est important de disposer en coeur de ville d'un nombre suffisant de places de stationnement. C'est particulièrement vrai lorsque l'on se rend à la gare tôt le matin. Est-ce en bus où ceux-ci sont rares aux heures matinales des premiers trains ou en bicyclette avec de lourdes valises la nuit quand il fait noir, ou en taxi qui n'est pas à la portée de toutes les bourses que tout le monde se déplacer?
L'opposition municipale a par ailleurs émis le voeu que l'on poursuive l'effort d'information sur les travaux en cours, les modifications temporaires de circulation, ainsi que l'on prête une attention particulière aux commerçants dont la crise économique ajoute aux tracas liés au hoix du tracé du tramway et aux travaux y afférents.
C'est dire si compte-tenu des résultats des élections municipales du mois de mars, une opposition forte, capable d'une parole forte, autant dans son expression publique que dans la salle du Conseil Municipal. Une opposition qui ne s'en laisse pas compter est indispensable à Angers pour ne pas obérer l'avenir. Nous avons cette chance à Angers. Sachons cultiver son unité dans la diversité. Ce sera indispensable le moment venu.
NB: Justement, puisqu'à ce conseil il fut entre autres sujets questions de déplacements à bicyclette, il serait peut-être opportun de porter davantage d'attention à la manière dont de plus en plus de cyclistes circulent ces temps-ci: utilisation des trottoirs, notamment Boulevard Foch, comme piste cyclable, absence d'éclairage ou éclairage peu visible donc inefficace.
Il ne suffit pas de promouvoir les modes de déplacements "doux", encore faut-il que leurs utilisateurs comprennent que le Code de la Route s'applique aussi à eux. Rien n'est plus dangereux pour les piétons sur les trottoirs de risquer se faire renverser au moindre pas par des vélos circulant parfois à contre-sens. Rien n'est plus dangereux pour les automobilistes d'apercevoir à la dernière minute des vélos dont les usagers se croient dispensés de tout éclairage.

jeudi 15 janvier 2009

RETARD DE LA MISE EN SERVICE DU TRAMWAY

Comme l'on pouvait s'imaginer, l'annonce faite par Bernadette (Caillard-Humeau), et reprise par la presse locale a provoqué un certain émoi au sein du cabinet du Maire Président d'Agglomération.
L'article publié sur Ouest France est révélateur du vent de panique qui saisit les hautes sphères de la mairie d'Angers dès que sont abordées les questions qui fâchent.
Or si à certaines époques on pouvait s'autoriser à cacher la vérité aux peuples, comme Tanaquil faisant croire à une maladie de Tarquin l'Ancien alors qu'il était mort pour mieux pouvoir imposer son fils Servius Tullius en le faisant accepter ad interim, ou comme les autorités soviétiques des années cinquante tardant à annoncer la mort de Staline, il n'est plus possible de prendre les administrés d'une cité, capables de s'informer par eux-mêmes, pour des gens à qui l'on peut faire gober n'importe quoi.
Les confidences lâchées ici ou là, les propos tenus en public par les principaux responsables du projet tramway, les informations constantes communiquées à Avrillé, sont unanimes sur ce point: pas de tramway avant le premier semestre 2011.
C'est alors que l'on s'interroge sur ce communiqué du cabinet du maire s'en tenant à ce que plus personne ne croit, celle d'une date de mise en service fin 2010.
Les explications amphigouriques données par la première adjointe par téléphone à la rédaction d'Ouest France n'apportent pas tant s'en faut la clarté.
Ce n'est tout simplement pas la même chose de dire 2010, que de dire 2011.
Ne serait-il tout simplement pas plus honnête de reconnaître humblement que le tramway ne peut pas être mis en service avant 2011 au mieux, et d'en avouer les vraies raisons, au lieu de se complaire en arguties jésuitiques pour tenter fort mal au demeurant de masquer l'improvisation brouillonne qui a présidé à la conception de ce dossier, pour absolument faire passer en force un tracé de première ligne inadapté aux besoins réels de l'agglomération.
Pour plus d'informations:
Les travaux du tramway apportant déjà en soi assez de contraintes et de nuisances, ne serait-il pas temps d'intégrer l'idée que sur ce sujet les angevins ont droit à ce qu'on leur dise la vérité?

dimanche 16 novembre 2008

TRAMWAY ANGEVIN

Voici ce que l'on peut voir en ce moment rue de la Roë. Nous savions que sous cet axe contient sous la chaussée de nombreuses excavations et notamment ce qui ressemble à une galerie voûtée.

L'on sait que l'étroitesse de la voie en question, quoi qu'on en ait dit au départ, a imposé le choix saugrenu d'une voie unique, seul exemple de cette nature pour une voie neuve de tramway en site urbain.
Cette aberration à elle seule aurait dû inciter des édiles soucieux de bon sens à un choix plus raisonnable que commandait en plus l'évidence: le passage par les grands boulevards, qui de toute façon eût été plus économique.
Seulement, en cas de grosse intervention sur le réseau souterrain de la dite rue une fois l'infrastructure du tramway installée, on fait comment?

Le sous-sol de cette partie de la ville offre-t-il toutes les garanties de solidité et de stabilité.

jeudi 26 juin 2008

QUAND LE TRAMWAY PORTE SON OMBRE SUR LES SOLDES

A signaler ce matin le judicieux article d'Ouest France, qui fait état des inquiétudes des commerçants du Centre-Ville d'Angers, et notamment de la rue d'Alsace.
Il semblerait que l'ouverture des soldes n'ait pas drainé autant le chaland que naguère. Et l'érosion du pouvoir d'achat n'explique pas tout, quand l'accès au centre villle ne peut se faire qu'après un parcours pour le moins labyrinthique.
Cela promet, surtout quand il faudra affronter la pénurie de places de stationnement induite par la clôture du parking souterrain du Ralliement.
Mais selon l'article cité, ce dont se plaignent les commerçants ressemble comme à du manque d'anticipation de la mairie, comme si les artifices communicationnels, la réclame tapageuse sur les bienfaits du jouet du maire pouvaient efficacement se substituer aux actions concrètes.
Alors, l'on finit par comprendre l'amertume et la colère, et même la faire sienne, surtout quand on pense il ne s'en fallait pas de beaucoup pour qu'il en fût autrement pour notre ville, son présent et son avenir.

samedi 14 juin 2008

UN TRAMWAY NOMME DELIRE

La revue mensuelle Nouvel Ouest dans son numéro de juin sous la plume de Christophe Journet publie ces jours-ci un fort intéressant article sur les dessous pas très affriolants de l'enquête qui a précédé la Déclaration d'Utilité Publique concernant les travaux du tramway.

L'association Consultram après un travail de bénédictin, pour obtenir communication des pièces administratives avait pris la décision de formuler un recours contre la DUP devant le Tribunal Administratif de Nantes, par dépôt d'un mémoire au greffe de la juridiction en mars 2007, puis introduit une action en référé, dont les attendus de jugement disaient sans détour que s'il n'y avait pas lieu à retenir l'urgence, il existait quant à la légalité de l'enquête un doute sérieux dont un des éléments substantiels était que la commission d'enquête n'avait pas émis d'avis personnel quant au tracé retenu.

Cette action rappelons-le est toujours pendante devant la juridiction nantaise.

Par ailleurs, un autre article de la même revue écrit noir sur blanc ce qui se dit de plus en plus en ville: revendre ou acheter un commerce en centre-ville sur la zone impactée par le tracé devient mission impossible.

En effet, le refus des banques d'accorder des prêts pour des projets d'acquisition commerciale dans le secteur fait qu'il n'existe pas d'acheteur solvable, sauf à imaginer qu'il soit en mesure de payer comptant. En l'absence d'acheteur solvable, c'est la vente que l'on rend très difficile.

Or derrière le commerce, il y a aussi le travail et l'emploi, le salaire, le pouvoir d'achat.

Est-il décent et responsable de la part d'un édile de se contenter de répondre qu'il n'y a pas d'inquiétude, qu'il y a une commission d'indemnisation, et qu'il suffit de négocier "des exercices" (sic) sur trois ans?

On le voit, les premiers effets du choix d'un mauvais tracé commencent donc à se faire sentir. Et lorsque les parkings du Ralliement et de Marengo auront fermé, les angevins auront pris d'autres habitudes de consommation dans les centres commerciaux de la périphérie, ce qui modifiera durablement les zones de chalandise et contribuera encore plus à la dévitalisation du centre-ville, que l'on commence déjà à sentir sur la place du Ralliement depuis qu'elle n'est plus desservie par les bus.

Pendant la révolution, on y éxécuta les victimes de la terreur, aujourd'hui c'est le commerce de centre-ville que l'on s'apprête à immoler en ces lieux.

Lorsque le tramway par l'hypercentre sera construit, avec ses problèmes liés à la vision d'un centre étriqué et dévitalisé, il faudra beaucoup d'énergie pour rattraper les dégâts, et être en mesure de mettre en place des busway vers les quartiers que le tramway aura laissés à l'écart, notamment le campus et la zone franche, ainsi que la ville de Trélazé dont aucune raison objective ne saurait justifier qu'elle demeurât privée de moyen moderne et rapide de transport en commun.

On en vient in fine à douter de l'opportunité du choix d'un tramway sur Angers, en raison de la taille même de l'agglomération, n'eût-il pas mieux valu, lors de la phase de réflexion préalable, privilégier le trolleybus en site propre, ce qui pour un coût sans doute équivalent eût permis de mettre en place d'emblée au moins deux lignes?

Bref, à Angers, ce n'est peut-être pas Un tramway nommé désir, mais c'est à coup sûr Un tramway nommé délire.