mardi 27 octobre 2009

LA VILLE D'ANGERS FAIT-ELLE TOUT POUR LA SECURITE DES DEPLACEMENTS?

Pour le bon sens, on pourrait croire qu'entre une passerelle spécifiquement dédiée aux piétons, et un passage à niveau, même aménagé, sur un axe important où devront cohabiter circulation automobile et tramway, la solution optimale aurait justifié la conservation de la passerelle.
Or pourtant, contrairement à l'avis des commissaires-enquêteurs, la ville a préféré sacrifier la sécurité à ses a priori dogmatiques anti-voiture.
Les arguties développées par les adjoints successifs en charge de la voierie et des déplacements sont de peu de poids.
Non seulement, cette passerelle était utile, puisque permettant une traversée sécurisée pour le flot de piétons, mais on aurait pu la conserver, quitte à abaisser le niveau du sol pour permettre le passage du tramway. Les finances de la ville n'en auraient guère pati, surtout quand on sait que s'agissant de l'argent d'autrui, et s'agissant de projets éminemment contestables, la ville d'Angers ignore la crise quand il s'agit de dépenser, surtout d'ailleurs pour sa com, aussi inutile que tapageuse et tendancieuse.
Ainsi donc, la construction de ce tramway aura multiplié les exemples de ce qu'il ne fallait pas faire:
  • passage par l'hypercentre, au prix d'une voix unique, sur toute la longueur de la rue de la Roë, débouchant de surcroît sur un secteur systématiquement inondé lors des crues décennales.
  • dérapage des coûts, multiplication des avenants aux contrats établis avec les adjudicataires.
  • insuffisante prise en compte de la sécurité:
    • place du Ralliement, vouée désormais à la piétonnisation, le tram traversera de façon dangereuse l'espace piétonnier.
    • boulevard Winston Churchill, la passerelle appréciée de tous est démolie ces jours-ci, ainsi d'ailleurs que toute la végétation qui donnait à ce boulevard l'aspect très agréable d'une rue végétalisée.
    • En lieu et place de tout cela: un passage piéton à niveau des voies, un environnement qui restera strictement minéral et métallique le temps que la végétation repousse.
Et avec cela Angers s'imagine faire du développement durable. Une seule ligne de tramway au mauvais tracé, plombant pour de longues années les finances de l'agglomération et donc les impôts des ménages. Une arrogance insupportable de la majorité municipale lorsque l'opposition demande simplement combien tout cela va coûter. Réponse de la mairie: "on saura le coût final quand tout sera fini." Ben voyons! Comme si pour un investissement de cette nature on pouvait se permettre de considérer que les ressources étaient une manne inépuisable.

Comment se satisfaire des incantations en faveur des "déplacements doux" ? C'est sans doute très bien de promouvoir le vélo. Soit. Mais ce serait encore mieux si les cyclistes étaient un peu plus souvent rappelés aux obligations que leur impose le code de la route, à commencer par l'obligation d'un éclairage efficace la nuit ou au petit matin. Combien de cyclistes se permettent en effet de rouler sans lumières, s'exposant ainsi de manière imprudente, certes, mais surtout exposant les automobilistes, du fait de leur imprudence à eux les cyclistes, à des manoeuvres dangereuses pour précisément les éviter? Combien également voyons-nous de cyclistes prendre à contre sens les pistes cyclables, enfin, les portions de rue sur lesquels on se contente par trois coups de pinceaux de dessiner un vélo?

Promouvoir les rues piétonnes, c'est peut-être très bien, mais il serait certainement plus judicieux de revenir à l'ancienne règle de circulation, c'est-à-dire que les cyclistes doivent tenir absolument leur vélo à la main. Tout cela n'est pas anecdotique, car pour les piétons, ce serait un comble d'êter davantage exposé au risque d'être renversé par un vélo sur une rue piétonne, que par une voiture sur une rue normale pourvue de dispositif de sécurité, et où surtout par nature, il est plus facile pour le piéton de faire attention.

Il n'y a donc pas cinquante solutions si l'on veut que la rue soit un espace partagé. Cela commence par rappeler aux cyclistes leurs obligations. Et force nous est de constater que sur ce point la carence est manifeste. Faire respecter le code de la route par les cyclistes, y consacrer les moyens nécessaires contribuerait certainement davantage à la sécurité de tous.

samedi 24 octobre 2009

PENSONS D'ABORD A L'AVENIR DES PAYS DE LOIRE

Les mois qui viennent vont être politiquement accaparés par la campagne des élections régionales.
Alors osons ce voeu. Que l'on concentre les débats sur les enjeux de notre région telle qu'elle est, dans ses limites territoriales. Autrement dit, nous pensons qu'il s'agit de vivre régionalement les élections régionales. C'est dire si les questions de politique nationale ne devraient pas venir parasiter le débat régional.
C'est pourquoi il convient de dire avec force combien c'est aux forces politiques locales de s'emparer de cette élection et de ses vrais enjeux, qui ne devraient pas être pollués par les questions de positionnement par rapport à l'actuel gouvernement ou par les désirs d'avenir présidentiel de tel ou tel leader national.

Ces présentes élections régionales, pour les ligériens, doivent être l'occasion de dire ce qu'ils veulent pour l'avenir de leur région.
Nous ne pouvons pas nous satisfaire du bilan si peu glorieux d'une mandature socialo-communiste-écologiste à bout de souffle, tant nous voyons s'allumer de bien nombreux signaux d'alertes:

  • dérapages budgétaires, explosion des dépenses de communications, confondant sans vergogne promotion de la région et auto-promotion de son président sortant.


  • lancement d'un emprunt régional dont le remboursement coûtera cher à notre région, c'est-à-dire aux contribuables.
Où est l'intérêt de souscrire un emprunt en faisant appel à l'épargne des ménages, rendue de ce fait indisponible pour les souscripteurs, qu'il a fallu allécher par un taux bien supérieur à celui qu'aurait consenti une banque?
Est-cela la gestion en bon père de famille? Certes non, car quiconque a un tant soit peu emprunté pour investir sait qu'il a intérêt à obtenir le taux le plus bas possible.
Tant qu'à emprunter pour investir, il eût été certainement plus économe de solliciter les banques, plutôt que de se lancer dans une tendancieuse opération démagogique à si peu de temps des élections.
Ce scrutin régional doit être pour notre région l'occasion de renouer avec le dynamisme qui la rendait il n'y a pas si longtemps attractive, et il n'y aurait que des avantages du même coup à favoriser l'accès aux leviers de la politique régionale de générations plus jeunes.
N'est-il pas temps pour la génération Auxiette-Antonini arrivéee au pouvoir dans leurs mairies respectives en 1977de tourner la page?
N'est-il pas stupéfiant de voir les USA élire sans complexe un jeune président, quand le corps électoral de l'une des régions naguère les plus dynamiques de la France se met à cultiver le repli sur soi, favorisant ainsi l'usure d'équipes et de politiques depuis trop longtemps aux commandes.
La région ligérienne doit saisir la chance qui lui est offerte, et pour les forces politiques qui aspirent à proposer quelque chose de nouveau pour notre région des Pays de Loire, donc à refermer la parenthèse ouverte en 2004, cela implique peut-être de faire taire leurs a priori et leurs suspicions d'un autre âge.

mardi 20 octobre 2009

LA VOIE DES BERGES EST UTILE, ELLE EST AUSSI DESIRABLE.

Rien ni personne ne pourra jamais me faire changer d'avis sur la nécessité absolue de conserver au coeur d'Angers une pénétrante rapide qui en est l'axe structurant.
C'est à l'honneur des maires d'Angers de l'époque, Jean Turc et Jean Monnier d'avoir eu ce don d'apercevance qui fait qu'ils ont raison avant tout le monde.
Les minables arguties des opposants à cette pénétrante étaient déjà celles du PSU des années 75, qui évidemment se gardèrent bien d'expliquer aux habitants d'Angers que si on ne faisait pas la voie des Berges, les voitures passeraient nécessairement lesquelles par le centre-ville, lesquelles par les boulevards Sud qui sans celle-ci seraient saturés, et ne parlons pas des ponts sur la Maine, car si l'on avait écouté en leur temps ces malthusiens, notre ville se serait contentée de ses trois ponts, le pont de la Haute Chaine, le Pont de Verdun, et le pont de la Basse Chaine, et notre ville en moins de dix ans eût été ravalé à celui-d'un chef-lieu de département en hibernation.
Et encore, les besoins de déplacement à cette époque étaient sans doute moindres. Mais plus que tous autres, Jean Turc et Jean Monnier avaient une vision de l'avenir d'Angers, et construisirent eux sans le dire la ville durable, la ville de la mobilité.
Or c'est cette oeuvre que l'actuelle municipalité  enferrée dans un a  priori idéologique anti-voiture, s'apprête à détruire, au nom de lubies d'un autre âge. Rendons hommage à Jean Monnier pour son courage de toujours parler en homme libre, et d'avoir su et dit en 2008, qui incarnait l'avenir, et qui incarnait la stagnation ou le repli.
Puisse venir un jour prochain où les Angevins se désilleront les yeux, et prions pour que d'ici là rien de dommageable à l'avenir de notre ville n'ait été risqué. Caveant ciues nostri ne quid detrimenti urbs  capiat. Que nos concitoyens prennent garde à ce que notre ville ne subisse aucun outrage.

Dans une ville qui aspire à être la capitale d'une métropole de 300000 habitants, les hommes et les femmes ne restent pas dans leurs quartiers, bouclés chez eux, ils travaillent, ils produisent et ils consomment.
Or, le temps n'est plus des sociétés autarciques, où l'on naît, vit, travaille et meurt au même endroit. Le temps n'est plus des villes où chacun reste dans son quartier, sans crainte de passer pour étranger lorsqu'il ose franchir les limites que lui a assignées le partage des territoires du passé.
C'est dire si la mobilité est la caractéristique sociologique la plus marquée de nos sociétés occidentales. L'on peut certes rêver d'un monde idéal où l'on a tout à portée de main à deux pas de chez soi, mais dans le monde réel, ce n'est pas ainsi que les choses fonctionnent.
Le monde du travail impose la mobilité, car le temps n'est plus ou de plus en plus rarement où l'on fait toute sa carrière au même endroit. Par ailleurs, l'allongement des durées des emprunts immobiliers fait que lorsque l'on achète son logement aujourd'hui, c'est en contractant un prêt de 20 à 25 ans, quand pour les générations précédentes, c'était plié en 15 ans.
Or pendant ces 20 à 25 ans de remboursement, nos concitoyens, en très grande majorité peuvent avoir changé de lieu de travail assez souvent, et choisir, quand ils n'y sont pas contraints, à devoir se déplacer pour simplement travailler.
Chaque ville possède ses contraintes liées au milieu naturel et la ville d'Angers n'y échappe pas. Son coeur s'est bâti sur la rive gauche de la Maine, et son extension s'est faite en tenant compte des risques d'inondation. C'est dire si depuis toujours il est apparu indispensable à nos ancêtres andégaves de situer les édifices majeurs et/ou indispensables à la pérennité des fonctions urbaines hors d'atteinte du niveau maximal des crues. Le risque des crues a donc conditionné et conditionne encore de manière durable l'extension de notre cité. C'est dire si Angers s'est construite et développée en tournant résolument le dos à la rivière, qui fut au mieux un moyen de communication par voie d'eau, mais jamais un lieu d'agrément et encore moins un lieu de déambulation où l'on viendrait se montrer (la visibilité sociale étant l'apanage des boulevards de petite ceinture et principalement le Boulevard du centre).
L'exiguïté de l'espace compris entre le bord de l'eau et les maisons de bord de rive, parce qu'Angers à la différence de Bordeaux ou de Nantes n'a jamais développé d'activité portuaire intense, et donc ne dispose pas de friches industrielles de vaste superficie en bord de rivière qu'il s'agirait de valoriser. Les villes qui disposaient de cet atout n'ont jamais sur ces espaces sacrifié l'automobile, parce que précisément à Nantes ou à Bordeaux les quais sont suffisamment larges pour permettre la cohabitation de tous les modes de transports.
C'est dire si prétendre changer le sens de la ville relève d'une démarche qui n'a rien à voir avec plus de deux mille ans d'histoire angevine.
Par ailleurs la densité de sa population, les besoins liés à la vie moderne de se mouvoir rapidement d'un quartier l'autre et de jouer son rôle de chef-lieu de département créent des servitudes qui justifient le besoin d'axes structurants et de capacités de stationnement.
L'on peut souhaiter le développement des transports collectifs, et rêver d'une ville sans voiture. Mais dans le vrai monde, cela ne se passe pas comme cela. Et dans les villes qui ont développé de vrais réseaux de tramway (plusieurs lignes et un bon tracé, bref tout ce qu'Angers n'a pas voulu faire...puisque le tracé par la place du Ralliement a été le résultat d'une décision oligarchique dictée par d'autres raisons que le bien commun...), jamais le développemetn des transports collectifs ne s'accompagnent d'une diminution des trajets en voiture.
C'est dire si l'obturation des trémies de la Voie des Berges, leur réduction à un boulevard "apaisé" à 50 km/h ne peuvent répondre aux besoins de déplacements efficaces et rapides. Car qu'est-ce que cela deviendrait (Rocade Sud ou pas), sinon une longue procession de voitures arrêtées par les ronds points depuis le pont de l'Atlantique jusqu'au Pont Jean Moulin. Voilà ce que serait une circulation apaisée, et le bilan carbone n'y gagnerait certainement pas.
Le bruit non plus, car lorsque l'on fait le tour d'un rond point, on ralentit, puis on réaccélère, alors que la voie des Berges limitée à 70 km/h, impose une vitesse uniforme, plus proche de l'éco-conduite et constituant de ce fait-même une moindre nuisance pour notre ville.
C'est pourquoi la voie des Berges est non seulement utile, mais ses caractéristiques font qu'elle est éminemment désirable (j'emprunte cet adjectif à l'intervention d'un ami qui se reconnaîtra....).
Il faut donc surtout ne pas y toucher.

Il est des causes qu'il faut savoir défendre unguis et rostribus, et la cause du maintien des trémies et de la voie des Berges en est une. C'est du reste cette raison parmi d'autres qui lors de la première élection municipale d'Angers à laquelle il me fut donné de participer, me fit préférer dès le premier tour la liste centre-droite de Dominique Richard en 2001.

Cela va sans dire mais autant le dire, entre les politiciens qui se contentent de rêver d'avenir, et ceux qui proposent aux citoyens de le choisir, ma préférence va vers ceux qui permettent de le choisir.
Ce fut la raison de mon engagement comme soutien à la campagne municipale menée par Christophe Béchu, Michelle Moreau, Laurent Gérault et Hervé Carré.




samedi 17 octobre 2009

LA COUVERTURE DE LA VOIE SUR BERGES : UN SAUT QUALITATIF

L'un des quotidiens de la presse régionale a publié cette semaine une interview de Dominique Richard. Député de Maine-et-Loire de 2002 à 2007, successeur à ce titre d'Hubert Grimault dont il fut le suppléant, Dominique Richard avait conduit la liste d'union UDF-RPR aux élections municipales de 2001.
Ses principaux colistiers étaient alors ... Bernadette Caillard-Humeau, alors présidente d'une association d'usagers du vélo, et le Général Philippe Morillon.
Les électeurs angevins pour peu qu'ils s'intéressent à la chose publique se souviennent que déjà, Dominique Richard proposait la couverture de la Voie sur Berges du Château jusqu'à la place de la République.
Interrogé donc par la presse quotidienne régionale ces jours-ci, l'actuel conseiller régional d'opposition vient ainsi au soutien des courageuses prises de position de Christophe Béchu et de Jean Monnier, et rappelle à qui l'aurait peut-être oublié que cette option de couverture était ardemment défendue par Bernadette Caillard-Humeau.
On peut penser et dire ce que l'on veut de la variabilité des itinéraires et choix politiques, mais on ne manque pas de s'interroger sur une telle versatilité à même pas dix ans d'écart.
Il y a huit ans, Madame Caillard-Humeau était partisane de la couverture des voix sur berges. Aujourd'hui, il semblerait que la mue ou le franchissement du Rubicon idéologique la pousse à brûler aujourd'hui ce que naguère elle adorait.
Si l'on veut réconcilier les citoyens et la politique, serait-ce trop attendre des élus qu'ils ne fissent pas passer pour convictions ce qui est en réalité la condition de l'allégeance à un chef de file?
Comment dans ces conditions, quand on connaît le goût prononcé de l'actuelle majorité municipale pour la ville virtuelle, et les délibérations de rêve, majorité que Madame Caillard-Humeau a rejointe dans les conditions que tout le monde connaît, oser croire que c'est l'écoute des angevins qui est sollicitée, alors qu'il s'agit d'imposer une vision de la ville qui, si elle devenait réalité conduirait, immanquablement notre cité à l'asphyxie permanente.
La voie sur Berges est en effet l'axe structurant d'Angers, et le passage du Boulevard Foch à seulement deux voix pour les voitures (compte-tenu du passage du tramway et des couloirs de bus), pérennise la transformation de celle-ci en voie pénétrante de desserte intra-urbaine, ainsi que la nécessité de lui conserver son caractère de voie de délestage du contournement autoroutier, en cas par exemple d'inaccessibilité au tunnel d'Avrillé. C'est aussi simple que cela.
C'est pourquoi son utilité présente, les perspectives à long terme de son utilité future commandent que l'on n'y touche surtout pas.
Il convient donc de conserver la Voie des Berges.

samedi 10 octobre 2009

NON A LA SOCIETE D'HYPER-TRANSPARENCE

Les modernes instruments de communication, et surtout leur disponibilité démultipliée peuvent en un rien de temps faire et défaire les réputations.
Naguère, lorsque l'on voulait livrer aux chiens la réputation d'un personnage politique, il fallait un certain temps pour fouiller dans les poubelles ou les archives. Débusquer un entrefilet dans une collection de quotidiens demandait un temps certain, fouiller minutieusement les cartons d'archives ou les résidus de papier passés à la broyeuse aussi.
Aujourd'hui la dématérialisation des sources d'information, leur archivage dans des dossiers immatériels, et leur accessibilité quasiment en temps réel grâce à quelques mots clés judicieusement choisis tapés sur un moteur de recherche rendent la manoeuvre instantanée.
La transparence absolue est-elle vraiment le bien suprême que les sociétés civilisées devraient placer au pinacle de leurs valeurs?
N'avons-nous donc rien appris des périodes sombres de notre histoire contemporaine où les désirs de révolution nationale firent souvent les délices des corbeaux et délateurs, alors que lâchaient une à une toutes les digues qui jusque là pouvaient retenir le particulier, le journaliste ou le politicien?
La liste serait longue de toutes les campagnes nauséabondes de presse où la moralité, quand ce n'est pas l'intimité des gens fut scrutée à la loupe.
Les moins de cinquante ans ne s'en souviennent peut-être pas, mais à l'époque de l'affaire Markovitch, le Tout-Paris bruissait de rumeurs faisant état de photographies aussi sulfureuses qu'imaginaires mettant en scène Madame Pompidou dans des postures particulières. L'affaire s'avéra en fait une manipulation visant à contrarier les désirs d'avenir présidentiel de son mari.
La nécessité de protéger des indiscrétions la double vie - connue du Tout Paris - de François Mitterrand justifia en son temps bien des écoutes téléphoniques.
Les présidents Giscard et Chirac firent eux aussi l'objet de ragots.
Mais il semblerait qu'aujourd'hui on atteigne des sommets d'hypocrisie sociale, où faute de parler des vrais sujets, on jette en pâture des affaires sensationnelles mettant en cause des personnalités médiatiques.
L'affaire Polanski est aussitôt présentée avec autant d'indignation que s'il se fût agi d'un meurtre avec actes de barbarie, alors que la prétendue victime maintenant majeure s'est désistée de toute action judiciaire et qu'une transaction civile avait été acceptée par les parties en présence.
Alors que le ministre de la culture avait publié une autofiction voici maintenant quatre ans, sans que personne s'en émeuve, la curée médiatique est lancée par Marine le Pen, à la suite de laquelle s'engouffrent Benoît Hamon, Manuel Valls, et Christine Boutin.
Seule Cécile Duflot, dont nous saluons le courage, a le mérite de rappeler combien est pernicieux l'amalgame entre pédophilie et homosexualité.
Seul François Bayrou vient mettre en garde contre les effets pernicieux de l'hyper-transparence.
Or dans l'affaire Mitterrand, Marine le Pen a sciemment modifié le passage du livre de Frédéric Mitterrand, lequel évoque des relations tarifées avec des jeunes gens majeurs et encore sous le mode de la fiction narrative.
Alors, où est le tourisme sexuel dans tout cela? Où est l'apologie supposée de la pédophilie reprochée par de bien empressés accusateurs au ministre de la culture?
Marine Le Pen, Benoît Hamon, Manuel Valls, et Christine Boutin ont le droit d'avoir l'opinion qu'ils veulent sur les relations entre adultes, de sexe différent comme de sexe semblable. Mais est-ce à l'honneur des hommes politiques d'enfourcher les chevaux imprévoyants de l'ordre moral qui trop souvent condamne sans rémission avant d'avoir examiné les faits, si faits il y a?
L'hystérie médiatique que d'aucuns voudraient substituer à la sagesse de Minerve ou à la rigueur sereine de Thémis serait bien inspirée de voir à quels points elle est inique.
Voici quelques mois François Bayrou payait très injustement et au prix fort son coup de colère avec Dany Cohn-Bendit. Or les faits imputés au lanceur de pavés embourgeoisé dans la suffisance hautaine des bourgeois-bohème concernaient des enfants de moins de cinq ans. Des faits révulsants par leur nature-même.
Il faudrait par conséquent que les donneurs de leçons expliquassent en quoi la chose est plus grave s'agissant de supposées  victimes majeures, donc présumées consentantes, ce qu'évidemment ils se gardent bien de faire et pour cause, préférant pour les besoins de leur haine se satisfaire de mensonges sciemment perpétrés.
Ce spectacle de meutes de bien-pensants promptes à planter leurs crocs sur quiconque dévierait de l'ordre juste n'est pas digne des démocraties. Il rappelle au contraire les pires travers des époques les plus sombres de notre histoire où l'on érige en valeur suprême la délation, et où les peuples fanatisés s'en remettent à des dictateurs déséquilibrés à qui on laisse libre cours pour assouvir leurs fantasmes de purification morale de l'humanité.
Ce modèle, qui du fait de la bêtise ou de la provocation, est celui des zélateurs et des zélatrices de l'ordre moral dessine en fait le programme d'une société répressive et liberticide dans laquelle même après avoir payé ou asssumé ses erreurs, nul ne pourrait vivre sans l'angoisse que l'on ressorte des oubliettes de vieilles histoires.
Ce modèle-là, ne nous leurrons pas, est celui qui est dans les têtes d'une partie des socialistes, prêts à imposer à tous leur délire de tout surveiller, de tout contrôler des faits et gestes des individus. C'est ni plus ni moins l'ordre juste que prêcha en son temps une certaine Royal Ségolène.
Est-ce à l'honneur de gens qui se prétendent encore socialistes de devenir, malgré eux, ou pire, en parfaite connaissance de cause, les compagnons d'une extrême droite qui n'a rien oublié de son passé nauséabond?
de venir rappeler que les démocraties doivent commencer par mettre en pratique les principes sur lesquelles elles entendent être fondées: le droit pour les individus au changement, le droit à l'oubli, la nécessité de recul par rapport aux choses.

jeudi 8 octobre 2009

NOUS DEVONS CONSERVER LA VOIE DES BERGES.

Le Maire d'Angers a fait le choix de déclencher une polémique stupide avec le Président du Conseil Général. Il ne faut donc pas s'étonner des réponses que ses prises de positions ancrées dans le fantasme d'une impossible reconquête des berges de Maine entraînent inévitablement.
Le Maire d'Angers a fait le choix de politiser les enjeux et de s'abaisser à la question générationnelle. Or, comme ce serait si simple, si pour gouverner un pays, une région, ou une ville, il suffisait de regarder l'acte d'Etat Civil, la feuille d'impôt et le bulletin de salaire des électeurs pour en déduire ce qu'ils pensent et quelles sont leurs idées.
Donc pour Antonini, quand on a trente-cinq ans, il faudrait être anti voiture, écolo-bobo, et se satisfaire au prix de contradictions évidentes, d'un centre-ville coupé du reste du monde urbain. Comme tout serait si simple, si en fonction de circonstances si contingentes comme l'âge ou la profession on pouvait déduire la couleur du bulletin de vote. Nous n'aurions même pas besoin de démocratie, ni même d'élections, ni même de confrontation des idées. Que ce serait donc confortables pour les édiles de savoir d'un clic de souris combien de leurs concitoyens vont les suivre, et combien vont s'opposer.
Tout cela, c'est très orwellien comme scénario, mais c'est la parfaite extrapolation des idées d'Antonini pour qui en raison de son âge Christophe Béchu ne devrait pas dire ce qu'il dit, ni penser ce qu'il pense.
Or dans cette affaire où il y a plus de coups à recevoir que de bénéfices immédiats à engranger, le président du Conseil Général n'oublie pas les électeurs d'Angers qui lui ont fait confiance. Ce ne sont pas les pitoyables arguties du maire d'Angers, rameutant ses adjoints pour qu'ils joignent leur voix à l'hallali qui vont enlever aux Angevins qui se sont reconnus dans le programme de Christophe Béchu et de ses colistiers leur fierté.
Quand dans le Courrier de l'Ouest de ce jour, je vois Luc Belot endosser à son tour la triste thématique de l'argumentaire politique fondée sur l'âge, et quand je vois qu'il est à peu près de la même génération que Christophe Béchu, je me dis que c'est un honneur pour moi qui suis de quelques années seulement plus âgé, d'avoir une vision "ringarde" du monde. C'est-à-dire de souhaiter simplement maintenir un axe de circulation rapide qui permette de traverser notre ville d'Ouest en Est sans feu rouge ni ronds points, et penser qu'il est inopportun de construire la rocade Sud, qui signerait irrémédiablement l'arrêt de mort de l'horticulture à Sainte Gemmes, et qui priverait les habitants de la Roseraie de leur poumon vert. Car ne nous faisons pas d'illusion, tant la requalification des voies sur Berges que la construction de la Rocade Sud apporteront inévitablement une nouvelle étape d'hyperdensification urbaine.
Autant dire que jamais le projet de requalification des berges de Maine tel que le conçoit le maire d'Angers ne me convaincra. Pour la simple raison que j'ai été convaincu en 2001 par cette proposition de Dominique Richard, reprise en 2008 par Christophe Béchu : couvrir la voie des Berges.
La chose est techniquement possible, puisque c'est précisément ce que fait la ville de Paris en recouvrant le périphérique, ce que s'apprête à faire Neuilly en recouvrant l'avenue qui sépare la ville en deux. Et contrairement à ce que prétend Antonini il n'est pas impossible de végétaliser la dalle. C'est même la seule façon de réduire l'emprise de la voie que de l'enfouir.
En termes de coûts, c'est sûr que ça aura un prix, mais sûrement moins que le projet mégalomaniaque du maire actuel, et en terme d'effet environnemental, ça sera plus écologique que de condamner des voitures à circuler au maximum à 50 km/h, voire moins étant donné les multiples ronds points qui ne manqueraient pas de s'ajouter à ce "boulevard urbain" qui serait non seulement le cauchemar des automobilistes, mais aussi et surtout des riverains, qui subiraient encore plus les nuisances.
C'est cet avenir pourtant que dans leur vision idéologique de l'urbanisme le maire d'Angers et ses adjoints sont en train de tracer pour notre ville.
Pour parler trivialement, Angers court le risque de se faire faire un enfant dans le dos, qui a pour nom hyperdensification. Point n'est besoin de rappeler quels fléaux sociaux elle porte en soi en germe.
L'avenir d'Angers appartient à ceux qui sauront le choisir, et il est évident que le fait d'avoir soutenu la campagne municipale de Christophe Béchu implique de la part de tous ceux qui s'y sont impliqués une obligation de loyauté. Ne serait-ce que par respect des électeurs qui leur ont accordé leur confiance.
Cela implique fidélité aux options du projet proposé en commun aux Angevins.

Telle est du moins ma conviction, et c'est à l'aune de ce devoir de fidélité au projet municipal proposé par la liste Angers Choisir l'Avenir que j'entends situer mes engagements politiques.

mercredi 7 octobre 2009

NON AU PROJET DE REQUALIFICATION DES VOIES DES BERGES ET NON A L'HYPERDENSIFICATION.

Manifestement, il semblerait qu'il y ait des sujets qui déclenchent facilement l'irritation du Maire d'Angers. C'est du moins ce que l'on s'autorise à penser quand on voit la violence verbale avec laquelle il traite les objections de ceux qui osent émettre un point de vue contraire.
Sans doute le Maire d'Angers rêve-t-il d'une ville de sujets dont il pourrait s'amusait à dessiner un avenir de papier sans que ceux-ci aient leur mot à dire. Or en la matière, il ne s'agit pas de sujets mais de citoyens qui subiraient au quotidien les conséquences d'un rêve déconnecté du réel. Ce fantasme de ville sans automobile se heurte en effet au réel, celui des besoins de déplacements que jamais les transports en commun, si développés soient-ils, ou les modes alternatifs ne pourront satisfaire.
Un chef-lieu de département n'est pas n'importe quelle ville, et c'est d'autant plus vrai qu'il entend jouer dans la cour des métropoles.C'est dire si les voie de communication doivent non seulement répondre aux besoins de ses habitants mais aussi aux besoin de tous ceux que les raisons du travail ou des lloisirs conduisent vers la cité du Roi René.
Prévoir l'avenir d'une ville ce n'est pas s'amuser à des jeux virtuels. C'est mettre dès aujourd'hui l'agglomération en capacité de répondre aux besoins de déplacement.
Qu'on arrête donc de se payer de mots et d'enrober d'une phraséologie ampoulée ce qui en réalité cache les vrais enjeux.
La vision de Monsieur Antonini procède d'une conception malthusienne de la vie sur terre, et de l'organisation de l'habitat urbain, un peu comparable aux visions d'apocalypse des membres du club de Rome dans les années soixante-dix. Déjà à cette époque, ces oiseaux de mauvais augure prédisaient l'assèchement des puits de pétrole à l'horizon 1980. L'histoire leur a donné tort. C'est dire si tabler sur la raréfaction des déplacements est un bien mauvais calcul. D'abord parce que le développement des transports en commun n'amène presque jamais de report modal, mais simplement des déplacements en plus. Ensuite parce que l'on peut imaginer que dans la décennie à venir, le génie industriel aura développé des moteurs électriques pour automobiles. Il faudra donc permettre à ces flux automobiles qui n'auront pas diminué de s'écouler efficacement et rapidement.
La question du devenir de la voie sur berges ne concerne pas la seule ville d'Angers car le statut de chef-lieu départemental implique des servitudes devant lesquelles les lubies bourgeois-bohème devraient avoir la dignité de s'effacer.

Non Monsieur Antonini, ne peut ni ne doit disposer à lui tout seul de l'Avenir d'Angers.
Surtout quand il doit  sa réélection à si peu et sur des considérations où les enjeux locaux ont été parasités par des questions extrinsèques à l'élection municipale. Cela devrait inciter à davantage de modestie et surtout au respect des électeurs qui se sont reconnus dans le programme alternatif proposé par Christophe Béchu, Michelle Moreau, Laurent Gérault, Hervé Carré et la liste Choisir l'Avenir.
A travers les propos inutilement agressifs visant la contradiction apportée par son prédécesseur et son adversaire, ce sont les électeurs qui ont accordé leurs suffrages à la liste Choisir l'Avenir qui peuvent légitimement se sentir offensés.

L'avenir d'une ville ne se réduit donc pas des jeux de maquettes et de coûteuses images virtuelles commandées à des cabinets d'architectes parisiens. L'avenir d'Angers, ce sont les nécessités de déplacement pour  travailler, pour faire ses achats, se distraire. L'on peut penser tout le mal que l'on veut de l'étalement urbain, prôner une dangereuse hyperdensification, mais les choix de vie de nos concitoyens ont dessiné une carte du paysage qui implique de nombreux déplacements. Sauf à vouloir clouer les gens devant leur téléviseur pour se repaître de programmes abrutissants pendant que les happy few du centre-ville se pâmeraient devant une ville vide, se réservant entre soi les équipement culturels et les commerces auxquels les habitants de la périphérie n'accèderaient qu'au prix d'un temps de déplacement comparable à ce qu'il était à l'époque des diligences, le quotidien des gens est qu'ils ne vivent pas, ne travaillent pas, et ne se distraient pas au même endroit. L'on peut rêver à l'infini de la place du village avec des gens travaillant et vivant au même endroit, ou du bourgeois urbain exerçant sa profession libérale au lieu même où il habite.
Ce modèle n'est plus. Quel avocat accepterait aujourd'hui de dormir dans la pièce d'â côté de son bureau et de recevoir ses hôtes dans celle d'en face? Quel médecin accepterait de voir sa vie de famille sans arrêt perturbée parce que vivre au même endroit qu'il a installé son cabinet empêche de fait toute coupure physique avec la profession?
Le 20ème siècle et l'avénement irréversible de la mobilité ont façonné le visage de nos villes de manière pérenne.
Pour nombre de nos concitoyens, se déplacer en automobile est une nécessité, tout simplement parce que faire autrement n'est pas possible, tant les investissements dans des transports en communs suffisamment nombreux et cadencés sont hors de portée des capacités financières des collectivités.
Serait-ce trop demander de cesser de parler de "bagnole", terme à connotation vulgaire et péjorative, qui induit un jugement défavorable implicite sur ses utilisateurs?  Est-ce impossible dans une démocratie qui se veut apaisée de traiter autrement que par la grossièreté langagière les projets de ses adversaires et dionc les convictions de leurs électeurs?
La manière dont le maire d'Angers aborde ce dossier de la voie des berges est une fois de plus révélatrice du déficit de démocratie dans l'information, et la décision, parce que tout cela procède d'une démarche qui n'est pas honnête.
L'on part d'une option déjà décidée à l'avance, comme pour le tracé du tramway, et l'on cherche à faire plier tout le reste à un choix dicté par autre chose que le désir de penser à l'avenir d'Angers.
A tel point que l'on se demande si ce nuisible projet de requalification des Voies sur Berge n'est pas un Cheval de Troie destiné en réalité à faire passer un énième programme d'hyperdensification. Faudra-t-il en plus voir notre belle ville hérissée de tours de dix étages et plus, y compris à proximité du château et de la Maine?

Enfin, nous ne pouvons pas passer ce détail sous silence, car elle est parfaitement révélatrice de la vision des choses d'une frange de la gauche, celle selon laquelle les jeunes doivent obligatoirement être écolos, hostiles à l'automobile, ne pas faire de politique, ne pas être élu avant d'être à l'âge de la retraite.
Il en est des hommes politiques comme de toute profession. Il y a un temps pour tout, le temps de l'action, et le temps de l'otium, c'est-à-dire le temps libre que l'on se donne. Cela suppose d'avoir su passer le témoin et de ne pas céder à l'usure du pouvoir qui isole de tout.
Monsieur le Maire aurait rendu un grand service à Angers s'il ne s'était pas représenté. La vie démocratique de notre cité gagnerait certainement valeur ajoutée citoyenne si la mairie se décidait à se mettre véritablement à l'écoute, ce qui suppose de renoncer définitivement à la culture de la décision imposée.
Le temps n'est plus des politiques prétendant décider en leur lieu et place ce qui est bon pour leurs administrés.
Tout simplement parce que les citoyens qui seront les payeurs ont le droit de savoir ce qui sera fait de leur argent. Et en des périodes de rareté des deniers, on ne peut pas se payer le luxe insolent de financer sur des deniers publics des projets aberrants, et dangereux pour l'avenir de leur ville.
Nous que notre âge rend plus proche chaque jour du terme de l'existence terrestre, nous devrions avoir à coeur de ne point léguer aux générations qui nous suivront une ville asphyxiée parce qu'on aura bouché la voie des berges.
L'effet en serait aussi dramatique que si dans un corps vivant on décidait de diviser par deux le débit de l'artère aorte.
Il est en notre devoir d'éviter ce scénario catastrophe, et c'est pourquoi nous devons conserver la voie des Berges telle qu'elle est.

mardi 6 octobre 2009

LE DEVELOPPEMENT DURABLE OU LES FAUX-SEMBLANTS DE L'AGGLO ANGEVINE

On sait depuis longtemps que la mode du verdissement, ce que dans le jargon de la com' angl-saxonne on appelle greenwashing n'a d'intérêt pour une certaine sphère bobo-socialo-écolo que d'être une sorte d'attrape-tout surfant sur les modes du moment.
C'est aussi par le biais des coûteuses études fertiles en imagerie de synthèse et langue de bois un moyen efficace de drainer les finances publiques vers des officines à rêve passées maîtresses dans l'art de faire avaler des projets farfelus aux élus.
Les ingrédients sont simples. De la com', toujours de la com', rien que de la com', confiée à des agences parisiennes, de préférence les plus chères possibles, parce que ça flatte les édiles locaux qui s'imaginenet un temps traiter à l'égal de leurs homologues parisiens.
Donc, plus c'est cher, plus ça parle pour ne rien dire, et plus ça s'exprime dans une novlangue inutilement prétentieuse, mieux c'est, un peu comme le petit livre rouge des élections municipales nous en avait donné l'avant goût avec les titulatures ronflantes des adjoints (la ville bien gérée, la ville de l'art d'être ensemble, la ville de la mobilité, la ville éducatrice...où la vacuité des mots le dispute à l'insignifiance la plus absolue).
Serait-ce trop attendre des élus qu'ils sortent de leur tour d'ivoire pour prêter attention aux choses d'en bas.
En matière de déplacements urbains, il y a paraît-il trois sujets tabous à Angers : le tramway; la voie des Berges; la liaison Sud (boulevard? rocade???).
Concernant le premier sujet, alors que le quotidien ce sont les travaux, les sens de circulation qui changent sans arrêt, les difficultés de stationnement, les commerce qui ferment en centre-ville faute de pouvoir passer même à pied sans risque d'y choir comme rue de la Roë, l'agglomération d'Angers dans le dernier numéro de propagande, l'avant-propos du maire, la rubrique tour d'horizon donnent dans le triomphalisme.
C'est alors que nous sommes saisis d'une crainte, car tant d'insistance à dire que tout va bien est un peu suspecte, et laisse justement penser le contraire: retards des travaux, car la rue de la Roë n'a pas fini de livrer toutes ses surprises, l'obligation de modifier substantiellement le détail du projet sur tel ou tel secteur comme par exemple la rue de Létanduère entraînera une nouvelle enquête publique.
La voie des berges, et sa requalification, semblent être pour Jean-Claude Antonini la quête d'un Graal toujours fuyant et heureusement. Nous n'osons imaginer ce que serait cette pénétrante réduite à une voie dans chaque sens, pourvue de ronds points, limité à 50 km/h. Autant dire qu'aux heures de pointes, ce serait un bouchon continu depuis le logis du roi de Pologne jusqu'à la trémie Ramon.
La palme du ridicule revient enfin à la justification de la liaison Sud.
Voici le verbatim des propos du maire d'Angers:
"Je ne peux ignorer la situation des habitants [NDR : ceux de la Roseraie] qui subissent cette circulation et les nuisances sonores qui en résultent. Ce serait aussi le moyen de bloquer l'étalement urbain et de protéger les zones horticoles de Sainte-Gemmes sur Loire."
On croit rêver, d'abord parce que chacun sait que quand on construit une nouvelle route, ce n'est pas simplement un exutoire à voitures pour délester un autre quartier d'une partie des flux, cela signifie qu'on a des vues sur l'aménagement futur des zones au travers desquelles passeraient cette hypothétique axe. Veut-on insidieusement préparer les esprits à subir une nouvelle vague d'hyperdensification? Quant à la protection des zones horticoles, quand on regarde les plans de ce projet, précisément, cette nouvelle voie réduirait la surface dédiée à l'activité horticole. C'est précisément le contraire qui se produirait, car chaque phase d'extension de la ville d'Angers vers le Sud s'est accompagnée précisément d'un recul de l'activité agricole et horticole. Le nom même de la Roseraie n'est plus que le souvenir d'une activité jadis florissante, avant qu'elle ne devienne un des exemples d'urbanisme hyperdensifié, erreur qu'il faudrait avoir la sagesse de ne jamais recommencer. Il n'y a pas si longtemps, avant le classement en zone franche de Belle-Beille, des vaches paissaient encore dasn les prairies sises face aux usisnes Bull ou sur les plateaux de la Mayenne.
Or, le choix d'hyperdensification est en soi source de potentielles déconvenues: augmentation des déplacements, développement de ghettos, si la construction de nouveaux grands ensembles n'est pas accompagnée d'une politique forte de mixité sociale.
C'est dire, si même repeint en vert, l'urbanisme contemporain, avec ses choix d'hyperdensification, fait courir le risque aux villes qui en deviennent les adeptes, de problèmes sociaux qu'un minimum d'esprit d'apercevance aurait normalement dû éviter.
Alors oui, c'est exact, avec les projets en matière d'aménagement du territoire portés avec si peu de conviction par l'agglomération, c'est l'agglomération dans son ensemble qui va droit dans le mur, parce qu'à un moment donné ou à un autre, il faudra payer les additions.
Les générations actuellement aux postes de décideurs n'ont absolument pas le droit de faire peser sur les épaules des générations montantes une dette encore plus lourde.
Les commodités de circulation, voie des Berges comprise, c'est-à-dire une pénétrante rapide à 2 fois deux voie, constituent un héritage dont nous n'avons que l'usufruit, et qu'il convient d'entretenir, non de détruire pour satisfaire de bien fumeux désirs d'avenir, plus exactement de fantasmes.
Or les Angevins n'ont pas besoin qu'on les repaisse de fantasmes, ils attendent une politique volontariste, et qu'enfin Angers se donne les moyens de renouer avec sa tradition entrepreneuriale. Cela suppose de remiser le ronron quotidien au vestiaire.
Cela suppose aussi d'avoir le courage de dire non à des projets inutiles et fumeux, pour se consacrer enfin à la seule politique qui vaille: celle du réel.
Or l'aménagement d'une ville n'est pas une question de droite ou de gauche, ni même une question verte ou centriste, c'est aux citoyens de prendre la parole et d'oser débattre des sujets qui les concerneront au premier chef dans les années à venir, car les usagers de la voie des berges, par la force des choses de la vie, ne seront pas demain ceux qui aujourd'hui les vouent aux gémonies au nom d'une fausse idée du développement durable, réduit au rang d'accessoire de mode pour tenter de faire passer un projet dont on se demande si ceux qui le promeuvent y croient vraiment;

mercredi 30 septembre 2009

VOIE DES BERGES : REACTION DE JEAN MONNIER

Lors du conseil municipal du 28 septembre 2009, le maire et son adjoint Frédéric Béatse ont en toute connaissance de cause tenu des propos indignes visant l'oeuvre de Jean Monnier, l'un des derniers maires d'Angers à avoir placé les Angevins au coeur de son projet poliitique et à avoir voulu faire de la cité du Roi René la ville dynamique que nous connaissons, mais qui depuis dix ans de mandature socialo-bobo-écologiste est en train de redevenir la cité assoupie qu'elle fut durant pratiquement trois-quarts de siècle.
Jean-Claude Antonini s'est permis de dire : "Le fait de combler les trémies ne me poserait pas de problème moral", s'attirant ainsi la réplique bien placée d'Emmanuel Capus, conseiller de l'opposition, "Monsieur le Maire, vous venez d'inventer l'autoroute jetable". C'est vrai qu'à l'heure de la grande lessive verte, défaire pour satisfaire à la mode les équipements dans lesquels les deniers des contribuables ont été investis il y a trente-cinq ans, ce n'est en vérité ni respectueux des finances publiques, ni en adéquation avec la nécessité de construire non pas pour vingt ans, mais pour soixante, voire cent ans, et ce n'est pas non plus respectueux de l'éthique. Tout simplement parce que quand on a été placé sur le fauteuil de maire par son prédécesseur immédiat, cela crée plus de devoirs que de droits. Car à aucun moment le maire d'Angers n'a été élu sur son projet. En 1998, il a succédé à Jean Monnier en corus de mandat, en 2001, c'est le bilan de son prédécesseur qui était encore dans toutes les têtes, et en 2008, c'est en exploitant des fantasmes qui n'auraient pas du polluer une élection locale qu'il est repassé d'extrême justesse.
Quant à Frédéric Béatse, dont nous aurions aimé croire que ses propos relevaient de la hâte ou tout simplement parce qu'il n'avait pas vu Jean Monnier, quelle image est donnée du devoir de déférence envers nos aînés, lorsque en présence de l'ancien maire, on ose dire: "Nous sommes tournés vers l'avenir. Peu importe le passé." L'histoire hélas nous montre ce qu'il en est des politiques qui croient pouvoir imposer la table rase et l'oubli des origines.




mardi 29 septembre 2009

DEFENDONS LA VOIE DES BERGES ET CONSERVONS NOS TREMIES

Il est de bon ton de blâmer le désintérêt du peuple pour la chose publique. Ces critiques ne manquent pas de piquant surtout quand elles émanent de décideurs que l'exercice solitaire ou clanique du pouvoir et la coupure progressive d'avec les administrés a objectivement coupé des réalités.
On peut admirer la réussite de la reconquête des berges de Garonne à Bordeaux, ou du Rhône à Lyon, trouver du charme aux abstractions architecturales de Chemetov à Nantes, ou admirer le beau dessin de la Canopée projetée par Mangin au dessus du carreau des Halles.
Cela ne devrait pas dispenser de regarder les choses à l'humble niveau de notre ville.
D'abord l'espace compris entre la rivière et les quais est infiniment moins large que dans les villes que nous évoquons.
Ensuite, lorsque l'on sait qu'à Angers tout ce qui touche à l'urbanisme est dans l'ornière en raison de l'annulation du Plan Local d'Urbanisme, que tout projet de réduction de l'emprise de voierie sur les quais est subordonné à la réalisation de la Rocade Sud, projet dont le Conseil Général a décidé de ne plus assumer la maîtrise d'oeuvre, arguant non sans raison qu'il s'agissait d'un projet intra-agglomération.
Pourquoi alors s'obstiner à présenter au Conseil Municipal un projet virtuel? Pourquoi engager dans des études probablement inutiles des sommes qui eussent pu être fléchées vers des postes budgétaires plus aptes à répondre aux besoins les plus urgents de nos concitoyens qui en ont le plus besoin?
Ce dossier est emblématique, hélas de l'idée que se fait la majorité municipale d'Angers, des projets de dévelopement. On se convertit à l'idolâtrie du greenwashing parce que c'est tendance... Mais on oublie ce qui en bonne politique devrait être l'ordre des priorités.
On oublie ce faisant la question sociale en renvoyant au retour des coquecigrues la réalisation de la deuxième ligne de tramway, comme si les Angevins de Monplaisir ou de Belle-Beille pouvaient encore plus attendre que le tramway arrive à leur porte. Comme si les communes du Sud de l'agglomération comme Trélazé ou les Ponts de Cé pouvaient rester durablement à l'écart des moyens de transports du 21ème siècle.
Où sont passées les promesses de la candidate alors centriste de l'élection partielle destinée à élire un conseiller général pour le canton d'Angers-Trélazé, laquelle candidate pas plus tard qu'en septembre 2007 défendait encore l'opportunité du changement de tracé du tramway, proposait qu'une ligne aille vers Trélazé au besoint en requalifiant la voie SNCF inusitée depuis de nombreuses années?
On a envie de dire lorsque l'on assiste au conseil municipal "Revenez au réel".
Ce n'est hélas pas le seul sujet sur lequel on pourrait le dire.
Ainsi, on peut s'étonner de la mise en place d'un conseil des jeunes de 18 à 30 ans. Il se serait agi d"un conseil des enfants, sur le modèle de ce qui se fait et qui marche bien au conseil général, on aurait compris. Mais là, il s'agit de gens qui sont en âge de voter. Or, lorsque l'on commence à tronçonner la population, il ne faudra pas s'étonner de voir par la suite surgir d'autres revendications plus ou moins communautaristes. Ajouterons-nous d'autres conseils gadget dans lesquels les citoyens découvriront par la suite qu'il ne sont que des faire-valoirs dont on va commencer soigneusement par encadrer la parole et noyauter le fonctionnement.
Ainsi également de l'hydropiscine. Lors des voeux de 2009, le maire avait Urbi et Orbi expliqué que ce projet ferait les frais de son budget de combat pour répondre à la crise. Neuf mois après, c'est d'une idée diamétralement opposée qu'accouchent les instances municipales, un projet coûteux de piscine ludique, dont on se demande quel besoin prioritaire il serait destiné à satisfaire, surtout quand le sport de haut niveau dans certaines disciplines ne disposent pas des équipements nécessaires à l'organisation de championnats homologués. Ainsi par exemple la natation, où le bassin de 50 mètres de Jean Bouin ne satisfait pas aux normes, cantonnant la ville à se contenter des compétitions en bassin de 25 mètres.
La ville s'obstine également dans un coûteux projet de restauration in situ de l'antique stade Jean Bouin, préférant continuer à imposer à la population riveraine les nuisances d'une desserte et de capacités de stationnement inadaptées.
Qui croit-on convaincre lorsque pour toute réponse les élus de l'opposition s'entendent répondre qu'ils ne sont pas gentils envers l'adjoint aux sports (et j'édulcore les termes, car Monsieur Rotureau, ex-adjoint aux sports voulant sans doute voler au secours de son successeur, a eu des mots que la descence interdit de rapporter et qui déshonorent l'enceinte dans laquelle se tiennent les débats du Conseil)? Qui croit-on convaincre quand pour clôre le débat le Maire répond fallacieusement que lors des élections les angevins ont décidé que Jean Bouin resterait là où il est. Faut-il avoir oublié les tracts mensongés diffusés jusqu'à la veille du scrutin et qui eussent pu certainement en cas de recours amener les angevins quelques mois plus tard à retourner aux urnes?
Pour cette séance de rentrée du conseil municipal, nous eussions aimé ne pas avoir à décerner de prix citron. Mais manifestement la politique de la table rase et de l'oubli des origines semble avoir quelques émules encore au sein de la majorité. Alors donc un premier citron pour Frédéric Béatse, déclarant sans précautions oratoires "nous sommes tournés vers l'avenir, peu importe le passé". Sans doute ne s'était-il pas rendu compte de la présence de Monsieur Jean Monnier, maire de 1977 à 1998, sans l'action duquel Angers n'aurait peut-être pas pris l'allure moderne et le dynamisme qui la caractérise, malgré dix ans d'immobilisme municipal de la part d'héritiers bien ingrats.
En matière d'aménagement urbain, nous ne partageons pas du tout la vision de Monsieur Antonini et de sa première adjointe.
Arrivé à Angers voici 21 ans, je me souviens de l'émerveillement qui fut le mien de découvrir la Voie des Berges permettant à l'automobiliste de passer rapidement d'une extrémité à l'autre de la ville. Cet enthousiasme devant cette merveille du génie humain, concrétisant à merveille la mission qui est la sienne de faciliter les échanges et la circulation, est toujours intact. Oui, quelque chose me manquera quand je ne pourrai plus m'arrêter pour contempler le flux de voitures passant dans un sens puis dans l'autre au pied du château, venant par leur doux murmure, rompre le silence d'une cité qui sans cela serait anxiogène et sans âme. Lorsqu'après avoir passé quelque temps hors d'Angers, c'est par la Voie des Berges que j'aime à rentrer, là où se renouent les liens avec la ville énergique, la ville entreprenante, la ville qui bouge, voyant défiler, tel un film d'action, les images des édifices sans lesquels Angers ne serait pas Angers.
La vision des voitures et de leur flot, toutes porteuses de fantastiques histoires humaine, est encore plus sublime, lorsqu'on du haut du château on les voit arriver au logis du Roi de Pologne, passer sous la première trémie, puis resurgir. Ou encore, lorsque l'on veut tenter l'expérience des sensations fortes, on les regarde en vue plongeante depuis la rembarde de l'un des ponts.
Alors, que l'on ne vienne pas me parler de reconquête des berges, et toutes les bonnes raisons du monde ne me feront jamais douter de la justesse de l'intuition de Jean Turc qui les fit construire, de Jean Monnier qui les développa.
Pour tout dire, j'espère ne jamais connaître le jour où les trémies seront bouchées. Plaise à Dieu que ce jour n'existe pas ou que si cela devait advenir je sois ailleurs.

Il est en effet de bon ton, dans les sphères bobo de cracher sur la ville pompidolienne. Ce n'est que trop facile de blâmer sur le dos des autres le progrès et ses bienfaits dont soi-même on ne voudrait à aucun prix se priver.
Ce mépris du progrès est proprement anti-humaniste. Il révèle l'égoïsme suffisant d'une élite de nantis qui pour préserver ses positions ne voudrait à aucun prix consentir aux sacrifices qu'ils souhaiteraient imposer à autrui.

Alors en guise de conclusion, comment ne pas rendre hommage au maire visionnaire que nous avons eu de 1977 à 2008, plus soucieux de politique du réel que de complaisance envers les caprices de la mode.
Voici ce que nous dit Jean Monnier à propos des Voies sur Berges : "Ce n’est pas avec une circulation automobile réduite, avec carrefours à niveau, qu’on réunifiera la ville, c’est en construisant des franchissements supplémentaires (…). Ce n’est pas en comblant les trémies que l’on effacera la coupure des voies sur berges: au contraire, c’est en creusant cette voie et en la couvrant d’une dalle paysagée à vocation de promenade entre la Place-Molière et le Pont de la Haute-Chaîne, en encorbellement sur la Maine, face à la cale de la Savatte."

Puisque Monsieur le Maire se dit prêt à entendre la voix des Angevins, et bien chiche. Sans honte, je préfère partager la vision que nous proposait Jean Monnier, idée reprise en 2001 dans le programme de Dominique Richard, et en 2008 dans celui de Christophe Béchu.

dimanche 27 septembre 2009

M. HULOT DEFEND-IL VRAIMENT LE DEVELOPPEMENT DURABLE?

Inutile d'affirmer mon peu de sympathie pour les gourous et autres vaches sacrées de l'écologisme de salon, prompts à donner des leçons depuis les lieux bobos branchés de la capitale et à dicter aux pays en voie de développement ce que doit être le bien pour eux.
Point n'est besoin de rappeler mon peu de goût pour ces disicples modernes de Malthus qui pensent que le monde est décidément irrémédiablement trop petit, et qui ce faisant, professent un bien étonnant obscurantisme qui n'a rien à envier à ceux qui en leur temps assirent leur influence sur les peurs de l'an Mil.
Voici à présent que Nicolas Hulot, assurant la promotion de son dernier film tourné à grand renfort de kérosène pour faire voler ses hélicoptères, a été interrogé à Nantes sur le projet de nouvel aéroport de Notre Dame des Landes.
Chacun sait que cela est le sujet qui fâche. D'ores et déjà, un certain nombre de voix s'élèvent pour demander une remise à plat de ce dossier pour réorienter les investissements vers une amélioration de l'aéroport existant et la mise en place de dessertes ferroviaires dignes du 21ème siècle.
Monsieur Hulot propose seulement un moratoire.
Alors nous allons faire une explication de texte.
Un moratoire, ce n'est pas une remise en cause d'un programme, c'est simplement le différer dans le temps, exactement comme quand un créancier consent à son débiteur des délais de paiement. Mais un moratoire n'a jamais été une annulation de dettes.
Donc, si l'on comprend bien, cela signifie que Monsieur Hulot ne remet pas en cause le bien fondé de la construction de ce nouvel aéroport, il envisage seulement du bout des lèvres que peut-être il n'est pas opportun de le faire tout de suite.
Pourquoi ces atermoiements, faut-il y voir une manière de préparer subrepticement ses petis amis Verts à avaler la couleuvre qu'ils devront gober si Auxiette est réélu président de région, puisque les écologistes ont clairement dit qu'ils entendaient seulement compter les voix au premier tour, mais n'envisageaient absolument pas d'aller au second tour autrement qu'alliés à la gauche?
En tout cas, une leçon est à retenir, c'est que nos concitoyens n'ont pas de leçons à recevoir de ces prédicateurs d'apocalypse qui ne voient dans l'écologisme que le moyen de faire de la communication.

jeudi 24 septembre 2009

RESPECTONS L'INDEPENDANCE DE LA JUSTICE

Depuis lundi a commencé un procès-fleuve devant le TGI de Paris. A lire les motifs pour lesquels sont déférés devant la dite juridiction les prévenus, on pourrait croire qu'il s'agit d'un procès banal comme il y en a tant.
Or, l'accusation y sera soutenue en personne par le procureur de la république près le dit tribunal, ce qui est certainement un signe de l'importance de la cause. Une affaire signalée, dont la gestion quotidienne n'a pas échappé au plus haut magistrat du parquet du TGI de Paris. En effet à Paris vu l'importance numérique des dossiers qui sont audiencés, ce sont le plus souvent des substituts peu connus de l'opinion publique qui requièrent l'application de la loi.
Parmi les mis en cause, un ancien premier ministre. Ce n'est pas banal, même si la consultation des plumitifs d'audience des vingt dernières années permet de découvrir ça et là des noms de ministres ou d'anciens ministres.
Plus rare encore, l'une des parties civiles est le Président de la République en exercice.
Or, la constitution fait du Président de la République le garant de l'indépendance de la justice, et c'est lui qui de surcroit nomme les chefs de juridiction, sans nécessairement être liés par les avis du Conseil Supérieur de la Magistrature, s'agissant des magistrats du parquet.
Voilà qui constitue assurément une situation inédite.
Le procès équitable repose entre autres sur l'équité des armes. Est-elle respectée lorsque la partie civile est aussi l'autorité supérieure hiérarchique du Ministère public?
Précisément, dans sa sagesse, le législateur a disposé que durant l'exercice de ses fonctions, le président de la république en exercice ne pouvait être poursuivi pendant son mandat, prenant en considération la dignité de la fonction et l'idée qu'il ne faut pas l'affaiblir.
Ne serait-il pas opportun de préciser la constitution sur ce point à savoir que le Président de la République ne peut exercer les droits de la partie civile durant son mandat, quitte à ce que l'audience civile se déroule après l'expiration de ses fonctions, la justice pénale restant sauve à partir du moment où dans notre droit pénal français, une juridiction pénale ne peut-être saisie que par le parquet, juge de l'opportunité des poursuites, sauf en matière particulière de droit de la presse.
La question n'est pas anecdotique, ni un cas d'école, car l'on ne voit pas comment l'action civile pourrait être soutenue si d'aventure un ou plusieurs des prévenus étaient acquittés.
La conséquence collatérale d'un acquittement des prévenus en question et le rejet de la constitution de partie civile serait à n'en pas douter un affaiblissement certain de la dignité de la fonction présidentielle.
La constitution de partie civile d'un président de la république en exercice à l'audience de jugement, constitue un précédent inouï, de nature à faire peser un doute sérieux sur la sérénité qui devrait seoir au jugement d'une telle cause.
Ce n'est pas que l'on doive s'autoriser à soupçonner l'intégrité personnelle, la déontologie des magistrats ayant à connaître de cette affaire, mais la pression médiatique et politique qui s'exerce n'est pas mince. Ce d'autant plus que le procès qui se déroule dans l'enceinte judiciaire est doublé d'un procès qui se déroule dans un prétoire démultiplié et immatériel.
Tout cela devrait inciter à prudence et retenue, à commencer celui à qui les Français ont confié la charge éminente de garantir l'indépendance de la justice.
Or parmi les principes qui s'imposent à tous les citoyens, il y a la présomption d'innocence. Et la haute idée que dans une démocratie nous devrions avoir des devoirs qui incombent à ceux qui nous représentent devrait faire que les devoirs du simple citoyen s'imposent à eux avec plus d'acuité et d'exigence de vérité.
Alors même que plusieurs semaines d'audience vont mobiliser le TGI de Paris pour tenter de démêler le vrai du faux, de faire le tri des mensonges, des silences et des témoignages démonétisés en raison de leur fluctuations parfois à 180 °, le Président de la République interrogé à New-York tient les propos sidérants que voici : "au bout d’une longue enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être renvoyés devant le tribunal correctionnel…".
C'est hallucinant. Quel message fait-on passer en proférant urbi et orbi une telle bourde.
On aimerait croire que par respect de l'indépendance de la justice, pour la bonne administration de celle-ci, le président de la république s'applique à lui-même les dévoirs inhérents à la partie civile, dont le premier devoir est de ne pas s'exprimer sur l'affaire en cours.
Nous n'allons pas faire de cours de droit pénal pour les nuls. Mais nous nous demandons à quoi cela peut bien servir de renvoyer des prévenus devant un tribunal, si la cause est entendue à ce point. Il est des lapsus qui sont inquiétants, parce que non seulement ils révèlent des lacunes de connaissance qu'on aurait quelque peu de mal à accepter d'un étudiant débutant sa licence de droit, mais ils accréditent l'idée d'une France qui n'est pas celle de la République apaisée, celle de la démocratie dont les lois tempèrent les excès d'où qu'ils viennent. Ces dérapages accréditent l'idée que au moins en pensée, la Justice est mise au carré.
Or ces propos ne sont pas des propos de café du commerce tenu par un citoyen lambda qui dans l'usage quotidien de la langue ne fait pas de distinction sémantique.
Ces propos sont tenus par le président de la République, qui de surcroît fut avocat dans une vie antérieure, ces propos, ce qui est pis, sont proférés Urbi et Orbi, en terre étrangère, en marge du G20. Qu'on le veuille ou non, c'est la parole de la France qui est engagée. C'est son renom que l'on atteint, c'est sa gloire de patrie libre que l'on souille.
Tout cela n'est pas anodin et prend ses racines dans les maux que nous dénonçons depuis 2007, l'ambition hypertrophiée, la cupiditas dominandi qui conduit à ne point maîtriser les passions humaines.
Où est-il le temps d'Auguste pardonnant à Cinna?
Mais le président de notre pays n'est point Auguste.

dimanche 20 septembre 2009

QUAND LE BOUGISME FRAPPE L'AGGLO

Il paraît que c'est la semaine de la mobilité.

Je ne puis résister au plaisir de brocarder le flyer publicitaire de l'agglomération d'Angers.


Mon fond viscéralement libéral me pousse spontanément à penser qu'il n'appartient pas aux structures politiques de décider comment les citoyens doivent se déplacer, et même à me demander si inciter ces mêmes citoyens à choisir tel ou tel mode de déplacement relève de la mission des politiques.
Une chose est que les pouvoirs publics fassent des choix visant à développer tel ou tel mode de déplacement, une autre est d'empiéter sur la liberté de chacun de se déplacer comme il l'entend.
En particulier, il n'y a aucune raison de profiter d'un mode de transport sur la partie du tracé avec laquelle nous sommes en désaccord irréductible, ni d'une navette gratuite.
Quand on pense que tout service doit se payer, la moindre des choses c'est de refuser de bénéficier de services en apparence gratuits mais coûteux pour la collectivité.

Enfin, que penser de ce slogan aux allures de publicités mensongères quand nous savons à quel point la construction du tramway a pris de retard. Les mots un sens, qu'on ne dise pas qu'il arrive alors qu'il n'est pas là et que le tracé de la ligne est un vaste chantier.


Une entreprise privée qui se livrerait à de telles déformations de la vérité serait certainement confrontée à de sérieuses déconvenues.
Est-ce trop exiger, si l'on se place du point de vue du contribuable dont on utilise les finances, de faire en sorte qu'on ne le rende pas financièrement et malgré lui complice d'un mensonge.
Quant aux habitants de l'agglomération ou même d'Angers que le tracé de la LU (la Ligne Unique) laissera durablement à l'écart, qu'est-ce qu'ils sont en droit de s'imaginer, qu'on se moque d'eux?


vendredi 18 septembre 2009

CUMULS, NON CUMULS : LA FAÇADE ET LA RÉALITÉ

Chaque élection voit revenir tel un marronier le sempiternel débat sur le cumul.
Certes la loi dispose que l'on ne peut présider une région en même temps qu'être maire d'une ville de plus de 100000 habitants et étend cette disposition aux présidents de de conseil général.
C'est assurément une disposition de sagesse mais incomplète.
En effet rien ne fait obstacle à ce qu'un ministre soit en même temps maire d'une grande ville ou président de conseil général ou régional.
La liste serait longue des ministres qui exercèrent à la fois un magistrature municipale et une fonction ministérielle, sans que du reste l'opinion s'en émeuve.
Jacques Chaban-Delmas, premier ministre de 1972 à 1974 n'abandonna jamais sa mairie de Bordeaux. Gaston Defferre, ministre de l'intérieur de 1981à 1986, pour rien au monde n'eût abandonné sa mairie de Marseille.
Plus récemment Jacques Chirac, premier ministre de 1986 à 1988, prit soin de rester Maire de Paris, tout en confiant à son premier adjoint Jean Tibéri une délégation générale.
Alain Juppé ne fit pas autrement en 1995, à peine installé dans le fauteuil jusque là occupé par Chaban-Delmas, quand il fut nommé premier ministre.
L'on peut penser que Bordeaux en a profité, car c'est dès cette époque que fut mise sur les rails la métamorphose de cette ville.

Certes Lionel Jospin en son temps édicta la règle non écrite du non cumul. Mais qu'en était-il en réalité?
Pour se conformer à l'oukase primo-ministérielle, les ministres certes démissionnèrent de leur mairie, de leur présidence de département ou de région. Voilà pour la façade, mais dans la pratique, chacun sait bien que les ministres s'empressèrent de troquer leur fauteuil de maire contre le poste de premier adjoint ou de premier vice-président avec toutes les délégations. Autant dire que les dits ministres s'étaient arrangés pour mettre en place le temps de leur fonction ministérielle des hommes et des femmes de paille prêts à leur rendre leur fauteuil le moment venu.
Mais du moins l'honneur était sauf et tout autant l'apparence. En la matière la droite ne fit ni mieux ni pire, alors il est un peu pathétique, aujourd'hui comme hier d'entendre les atermoiements des uns et des autres quant à la question de savoir si un ministre peut en même temps continuer à exercer des mandats exécutifs locaux.
Soit on estime que le cumul est nuisible à la démocratie, et on en tire les conséquences dans la loi. Ou bien on ne fait rien et on ne dit rien, et on assume l'idée que puisque l'on n'en décide pas par la loi, il n'y a rien à redire, s'en remettant alors au libre-arbitre des ministres en questions ou aux prérogatives constitutionnelles du Président de la République.
Malheureusement, en ce sujet comme tant d'autres, l'inaction, les demi-mesures de l'époque de Jospin, ont durablement et illusoirement instillé l'idée que la question était réglée, alors qu'en réalité elle servait et sert de blanc-seing aux apparences et faux-semblants.

Si l'on pense aussi que les exécutifs régionaux, départementaux et municipaux ne se doivent point confondre, alors n'est-ce pas opportun d'étendre aux vice-présidences ou aux charges d'adjoints les règles de non cumul.
Enfin, il est une institution que toute la législation sur le cumul des mandats ignore, c'est la communauté d'agglomération. La démographie fait trop souvent ainsi que le maire de la ville siège devient de droit le président de la communauté urbaine. A l'heure où ces communautés prennent de plus en plus d'importance, ne serait-il pas opportun d'éviter le mélange des fonctions et des compétences en disposant que le président de l'agglomération ne peut en aucun cas être membre de l'exécutif de la ville siège.
Les communautés urbaines où le président n'est pas le maire de la commune siège fonctionnent-elles plus mal? A Bordeaux, la CUB est présidée par le socialiste Vincent Feltesse, alors que la ville principale, dont le maire est Alain Juppé, est gouvernée par une majorité de droite et de centre-droite.
A Angers, pendant trois ans, après avoir démissionné de son mandat de maire, Jean Monnier continua à présider la communauté urbaine. Si d'aucuns souffrirent de cette dyarchie, peut-on dire que l'agglomération en ait pâti?
Notre maire Jean-Claude Antonini vient d'annoncer qu'il ne repartirait pas aux côtés de Jacques Auxiette pour les élections régionales. Dont acte, mais on ne peut s'empêcher de penser que ce choix justifie en réalité mais a posteriori les inquiétudes de ceux qui, sans succès, l'alertèrent sur les conséquences du cumul de sa fonction de maire, président d'agglo, avec la vice-présidence de la région.
Nous ne savons pas si la région a tiré quelque profit de ce cumul, mais il n'échappe à personne que notre ville en a pâti.

Le cumul, c'est aussi le maintien de générations dans les arcanes du pouvoir pendant trop longtemps. Ce fut un des axes de la campagne des élections municipales d'Angers.
Ce sera aussi pensons-nous un axe qu'il ne faudra pas négliger pour ces élections régionales. Pense-t-on vraiment que le PS incarne le renouveau quand en Pays de Loire ou en Septimanie (Languedoc-Roussillon), il confirme dans leurs fonctions de tête de liste les présidents sortants, qui entrèrent en politique lors de la vague rose de 1977 : Auxiette étant élu maire de la Roche sur Yon, et Frêche à Montpellier. Nos régions n'auraient-elles pas besoin d'énergies nouvelles, d'autres visions de la politique?
Bref nommons les choses par leur nom, ce qu'il faut à notre région, c'est un président plus jeune. Serions-nous moins audacieux que nos parents et grands-parents qui confièrent sans barguigner le destin de leurs villes à des maires âgés d'à peine quarante ans?
Serions-nous moins audacieux que les Américains qui récemment firent d'une pierre deux coups en élisant un président jeune et noir?
Or les sociétés qui avancent se reconnaissent à leur capacité à transmettre les témoins générationnels. Si le monde politique n'en donne pas l'exemple, c'est alors aux électeurs à prendre leurs responsabilités en ne reconduisant pas des majorités dont l'élection aurait pour conséquence immédiate le maintien en place de présidents qui n'incarnent ni le renouveau générationnel, ni la volonté de faire bouger les choses. Appelons cela "politique autrement", appelons cela "rupture", peu importe, mais ce qu'il faut en Pays de Loire, c'est du neuf.
Il est en notre pouvoir à nous ligériens que nous changions les choses. Nous pouvons.


mercredi 16 septembre 2009

EMPRUNT PAYS DE LOIRE : MEFIANCE !

C'est la semaine prochaine qu'Auxiette, président socialiste des Pays de Loire, lance son emprunt.
On voit finalement que l'emprunt imaginé au plan national par le gouvernement fait des émules chez les édiles socialistes.
Seulement pour drainer l'épargne, il va bien falloir trouver un taux attractif, donc supérieur aux placements ordinaires défiscalisés, mais dont on peut craindre qu'il coûte très cher à la région, plus cher qu'un emprunt souscrit auprès d'une banque étant donné que le contexte général de baisse des taux d'emprunt.
En plus, pour pouvoir se payer le luxe d'une telle souscription, ne faut-il pas avoir un bas de laine particulièrement garni, vu que les fonds prêtés ne sont récupérables que six ans plus tard.
Désolé pour M. Auxiette, mais mes économies iront ailleurs.

mardi 15 septembre 2009

ROCADE SUD : LA MESSE EST DITE

Le Conseil Général a récemment annoncé sa décision de ne plus assumer la maîtrise d'ouvrage du contournement Sud.
L'agglomération récupère donc le bébé et l'eau du bain. Connaissant les divergences entre le Président de l'Agglo et certain(e)s adjoint(e)s de sa majorité, ça promet encore de longues tergiversations dont l'avantage collatéral sera très certainement le maintien en l'état de la voie des berges.
La majorité municipale d'Angers comporte notamment des élus du Parti Socialiste, du PRG et des Verts, pour ne citer que les élus qui peuvent se prévaloir d'une appartenance politique à un parti nationalement représentatif.
Comme c'est vraisemblable, ce que l'on appelle la solidarité majoritaire implique parfois d'avaler des couleuvres.
Les usagers de l'automobile ne s'en plaindront pas, puisque sans contournement Sud, il ne sera pas possible de requalifier la Voie des Berges, ce qui de toute façon ne peut pas se faire avant le transfert de cet axe dans la compétence de l'agglo, donc pas avant 2015.
D'ici là de l'eau sera passée sous la Maine, et il est à souhaiter que dans l'intervalle nous ayons enfin une autre majorité municipale à Angers.
Alors qu'il y a tant d'autres urgences pour notre ville d'Angers, la requalification des voies sur berges n'est pas la priorité, tant il est nécessaire de maintenir en coeur de ville une pénétrante rapide de circulation, qui permettent en longeant la Maine d'accéder en automobile à tous les quartiers. Nécessaire et même obligatoire, puisque toute autoroute à péage doit être doublé d'une voie à caractéristique de route nationale, et c'est à la voie des berges que cette mission est dévolue. Son aménagement n'est donc pas du ressort de l'agglomération. Par conséquent, laisser croire le contraire en lançant de coûteuses autant qu'inutiles études relève d'une forme de malhonnêteté intellectuelle qu'il conviendra le moment venu de sanctionner dans les urnes.
La seule concession à la mode verte serait de l'enterrer, mais encore s'agit-il d'une opération de confort, qui ne présente aucun caractère de priorité ni d'urgence. Mais comme toute mode est passagère, ne nous pressons donc pas.
Ce ne sont pas les voltes-face et les circonvolutions intellectuelles de la première adjointe, jadis farouche opposante de la liaison Sud, qui apportent de la clarté et de la crédibilité à ce dossier. Comment peut-on en même pas six mois soutenir une chose et son contraire?
La seule explication est que quand on conclut des alliances électoralistes sur la base du reniement des convictions, comme l'a fait la représentante locale de Cap 21 avec le maire socialiste, il ne faut pas s'étonner de ce que l'on finisse par devoir défendre les causes que l'on pourfendait naguère.


lundi 14 septembre 2009

LORSQUE L'ON SEME LE VENT, IL NE FAUT PAS S'ETONNER DE RECOLTER LA TEMPETE

Manifestement le récent festival des Accroches Coeurs n'a pas été du goût de tout le monde. Il y a quelques années, l'on croyait, sans être bégueule, lors de l'édition qui avait pour thème Voir la Vie en Rose avoir atteint les limites de la vulgarité publique avec cette profusion de sous-vêtements roses suspendus jusques aux balcons des édifices de notre centre-ville.
Cette année, point d'angelots joufflus ni de petits démons fourchus comme les rétables baroques pourraient nous en offrir le spectacle, mais une profusion de plumes et d'ouate artificielles (bonjour le développement durable et le consommer local...). Passe encore.
Mais certains spectacles ont visiblement heurté la décence, comme on peut le lire dans Ouest-France  : un simulacre d'exhibition sexuelle, ou tout aussi grave, une mise en dérision pour ne pas dire une parodie irrévérencieuse de l'Eucharistie, sacrement dans lequel nous catholiques, nous célébrons la présence réelle de Dieu parmi nous. Se livrer à de tels écarts, pas en n'importe quel endroit, mais au bas de la Cathédrale, là où passèrent tant de processions du Grand Sacre, procède bien d'une volonté délibérée de moquer la foi des chrétiens.
Monsieur le Maire d'Angers fut, paraît-il, fort courroucé, au point de se refuser à prononcer son discours de clôture des festivités. http://www.angers.maville.com/actu/actudet_-Le-maire-Angers-n-a-pas-reconnu-ses-Accroche-coeurs-_-1069002--BKN_actu.Htm .
Si l'on ne peut que prendre acte de cette volonté de ne pas cautionner par la présence et la parole de telles dérives, il importe de rappeler que ces Accroches-Coeurs sont une commande publique de la Mairie d'Angers. Nous ne rappellerons pas quelle exploitation politicienne l'actuelle majorité, le temps de la campagne électorale, a fait de l'intention prêtée à la liste averse de supprimer cette manifestation. Lorsque l'on a à ce point exploité politiquement cette manifestation, qui n'en est pas à ses premiers écarts, la moindre des choses c'est qu'on l'assume. Et c'est aussi que l'on répare concrètement le préjudice moral causé à la population qui n'a pas choisi de se voir infliger une telle immoralité publique.
Qu'on le veuille ou non, le scandale public rejaillit sur les autorités qui ont commandité de tels spectacles. Lorsqu'il se produit dans l'espace public, qu'il est imposé à la vue d'un public venu dans un esprit festif, parmi lesquels de jeunes enfants, c'est infiniment plus grave que lorsque de tels faits ne concernent que des publics restreints et avertis.
Ce sont de plus les impôts que nous payons qui ont financé de telles dérives. Alors que des manifestations de qualité qui contribuaient au renom d'Angers, comme le Festival du Scoop ont été supprimées, par représailles envers leur fondateur.
C'est un lieu commun de dire qu'en temps de crise, l'art a ceci de particulier que pour un temps, il nous abstrait des troubles du monde, mais encore faut-il que le plus grand nombre y trouve son compte, que le spectacle continue à élever, à faire grandir. Cela est plus exigeant que le nivellement par le bas. De plus, s'agissant d'argent public, n'est-ce pas trop de rappeler qu'il n'a pas à être utilisé dans l'intention délibérée de choquer profondément les convictions et les croyances non seulement des chrétiens, mais des gens honnêtes.
De plus de tels dérapages donnent une mauvaise image du monde des arts, car les vrais artistes, ceux qui cultivent leur indépendance tout aussi jalousement que leur art, qui savent que pour ne point perdre son âme, il n'est pas bon de dépendre d'un commanditaire public exclusif, ces vrais artistes disons-nous, oeuvrent souvent dans des conditions difficiles, pour faire accéder le maximum de public à un art de qualité, qui se refuse à abaisser le spectacle populaire à la vulgarité et à l'immoralité.
Nos collectivités publiques, au premier rang desquelles la Mairie, s'honoreraient en s'abstenant de financer des spectacles grossiers et vulgaires et en consacrant des budgets plus conséquents à la médiation culturelle. C'est ni plus ni moins que l'une des exigences du vivre ensemble.

dimanche 13 septembre 2009

DE L'EAU DANS LE GAZ AU SEIN DE LA MAJORITE MUNICIPALE

Une première adjointe un peu difficile, agaçante même, le manque de solidarité que je ne supporte pas au sein de la majorité, notamment de la part des jeunes, voilà en substance les propos tenus par le maire d'Angers lors de sa conférence de presse de rentrée.
Et tout cela officiellement, dans le bureau, en costume et cravate, car on n'est pas aux Accroches-Coeurs.
Tout cela rappelle le mythe de Pygmalion, désespérément seul parce qu'il ne trouve pas de femme suffisamment parfaite. Donc, sculptant de ses mains la statue de la femme parfaite, Pygmalion est victime d'une illusion des sens, et tombe amoureux de l'objet. Désillusion de l'humain qui croit pouvoir façonner l'autre à son image.
Donc, la première adjointe parfaite, en phase en temps et en heure, ça n'existerait pas? Le délai de rentabilité électoraliste semble donc forclos.
Voilà donc une méthode bien étrange: l'humiliation publique des collaborateurs les plus proches.
Comme tout cela est étonnant... Seulement, les désaccords ne vont pas manquer de surgir: la liaison Sud, "il faut la faire absolument". Mais alors les Verts, qui ont applaudi à la décision du Conseil Général de se retirer de ce projet? Une couleuvre de plus à avaler en perspective?
La reconquête des berges, revoilà la marotte et les grelots. Alors on garde les bonnes vieilles recettes : études coûteuses confiées à des cabinets parisiens, c'est bien connu, y a qu'eux qui savent faire, et puis c'est plus cher, donc c'est forcément mieux et c'est flatteur pour les provinciaux de voir ceux qui savent, les Parisiens, condescendre à jeter le regard sur vous, pour vous fourguer ce dont ils ne voudraient pas même pour eux.
N'est-il pas urgent de redonner la parole à ceux qui sont les premiers concernés, c'est-à-dire les Angevins, donc de les consulter directement sur les grands projets par voie de referendum? Les finances de la ville qui se dit bien gérée ne s'en porteraient pas plus mal.
Couvrir la rue Roosevelt pour en faire une galerie marchande, et revoilà le veau d'or... en pleine crise, et au moment où de nouvelles habitudes d'achat s'installent durablement au détriment du coeur de ville.
Le stade. Contre tout bon sens, on persiste à vouloir faire du vieux avec du vétuste, garder Jean Bouin et ses nuisances, alors qu'on sait que la reconstruction in situ, la mise aux normes coûteront plus cher qu'un nouveau stade ailleurs, dans un quartier offrant toutes garanties en matières de dessertes et de stationnement.
La piscine ludique. On se demande où est la priorité, alors que tant n'est pas fait et reste à faire pour la promotion du sport, ce qui commence par respecter l'indépendance des dirigeants et des clubs, la mise à disposition d'équipement de qualité. Ne pourrait-on pas flécher l'investissement que représenterait ce projet peu utile vers l'amélioration de l'existant.
La démagogie. Pour donner l'impression qu'on s'intéresse à Monplaisir en dehors des moments où il est indispensable d'en capter les voix dût on pour celà rameuter les Goua, Garot, Ayrault, Auxiette à grand renfort de Laguna, 406, et blousons rouges qui n'auront vu Monplaisir qu'à cette seule occasion de leur vie, et bien on décide d'y tenir le Conseil Muncipal, pour une séance délocalisée au mois d'octobre. Seulement mais après, on fait quoi.
Le tramway. Tiens un étrange aveu, la première ligne a coûté plus cher qu'on ne le croyait, donc on ne pourra pas faire la deuxième avant la fin du mandat. Belle-Beille, l'Université attendront encore. Cela n'est pas bien grave tant on sait qu'à gauche, la solidarité commence par soi (les bobos de centre-ville, la banlieue chic...), les pauvres, les petites gens, ça fait longtemps que ça n'intéresse plus les socialistes.
La pompe à finances. Comme c'est étonnant, pour trouver l'argent pour financer les folies, il faut bien aller le chercher quelque part. Comme le coûteux projet de Centre de Congrès, alors que l'actuel, qu'il suffirait de mettre aux normes, possède l'extrême avantage d'être en ville, c'est-à-dire sur la rive gauche, à vol d'oiseau de la gare. Alors surgit le rêve d'un nouvel impôt sur les ménages, projet qui semble-t-il ne fait pas l'unanimité à la conférence des maires. Or, à l'heure où nos concitoyens subissent plus qu'ailleurs les effets de la crise, où l'Etat lui-même donne le signal de la modération fiscale en minorant la taxe carbone, ne serait-il pas plus judicieux de faire des économies de fonctionnement. Visiblement la Ville et l'Agglomération ne vont pas assez loin dans la E-administration. Or, dématérialiser les dossiers papiers, y compris dans le travail de commission et de séances publiques de conseil municipal, constituerait une sérieuse piste. Faire la chasse au gaspillage, aux dépenses inutiles (communication, études bidon), rechercher systématiquement les gains de productivité, sont des pistes insuffisamment explorées. Qu'il suffise de regarder ce qu'ont fait d'autres collectivités locales qui depuis longtemps ont pris en compte la valeur ajoutée du tout numérique.
Quel signal a-t-on aussi donné en 2008 en nommant autant d'adjoints et en générant autant d'indemnités?
Et puis pas de candidature aux régionales?? tiens donc, Auxiette qui est pourtant si adorable, serait-ce une divergence politique?
Mais non, vous n'y êtes pas, il faut du temps pour la Ville, c'est-à-dire pour corseter tellement les projets que même en cas d'alternance, le successeur soit comme pieds et poings liés par rapport à une vision de la ville dont on peut craindre qu'elle augure mal de ce que sera Angers dans trente ou cinquante ans.
Là encore, voilà le complexe de Pygmalion, car le successeur dûment choisi devra être dans les clous.
L'on pourrait croire que le temps venant du retrait des affaires publiques, on ait la délicatesse de laisser le successeur agir. Il semblerait donc qu'il n'en sera rien.
Sauf que dans tout cela, il y a encore une fois un élément qui n'est pas pris en compte, c'est la liberté des Angevins qu'il n'en soit pas ainsi. Le scrutin de mars 2014 sera donc l'occasion d'un nouveau rendez-vous pour Angers avec son Avenir. Puissions-nous ne pas le laisser filer encore une fois.