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mardi 19 janvier 2010

PAR ICI LA BONNE SOUPE !

Quand on a fait croire aux Français qu'on voulait faire de la politique autrement, et faire de la région qu'on préside un laboratoire de démocratie participative, ne vaudrait-il pas mieux mettre en pratique ses idées ou ses théories, ou tout simplement s'abstenir de les proférer si l'on sait que l'on va faire comme les autres.
On ne saurait mieux faire pour révéler à la face de la terre l'admiration secrète de Madame Royal pour le DRH du Parti Socialiste qu'est devenu Nicolas Sarkozy.
Après tout, au second tour, ce sera peut-être Bussereau qui tirera son épingle du jeu de cette lamentable cuisine, où les désirs d'avenir individuel font fi de l'indépendance au premier tour et de la recherche de majorités alternatives au second tour, qui ne lient pas les centristes au bilan des présidents sortants.

Libre propos d'un centriste qui n'entend pas être un avaleur de couleuvres vertes et roses.



© Ouest France, http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Royal-debauche-une-partie-du-MoDem-_3635-1230191_actu.Htm

lundi 7 décembre 2009

QUI PEUT EXCUSER LA FAUTE DE GOÛT DE SEGOLENE ROYAL?

En politique, il y a des choses qui se font, il y en a d'autres auxquelles la façon même de faire enlève toute crédibilité.
Alors que le Mouvement démocrate tient son congrès, la Présidente en exercice de la Région Poitou-Charentes choisit comme par hasard ce moment pour faire savoir au chef de file régional pressenti son offre publique de cinq places sur sa liste.
Rien dans la façon d'agir n'est convenable, tout simplement parce que la décence élémentaire veut que l'on ne vienne pas s'immiscer dans les affaires internes d'un parti quand il tient son congrès.
Que n'eût-on pas entendu si - pure hypothèse - le Président du Mouvement Démocrate, ou l'un de ses plus proches collaborateurs avait pris son téléphone portable pour expliquer aux socialistes quel(le) premier(e) secrétaire ils devaient élire?
Où est par ailleurs le respect dû aux électeurs, puisque s'il y a bien un moment dans la vie politique d'une région où ceux-ci choisissent, c'est bien le premier tour des élections? Or, le centre n'est pas comptable du bilan des présidents socialistes sortants des différentes régions. Rien que ce motif est un motif suffisant pour ne pas se sentir concerné par une offre intéressée de captation de candidatures et de suffrages.
Car lorsque l'on se présente dès le premier tour sur la liste conduite par le chef de l'exécutif sortant, cela revient à dire aux électeurs que l'on assume pleinement et complètement le bilan.
Ce n'est ni respectueux des votes des électeurs de 2004 qui ont précisément voté en connaissance de cause pour des candidats centristes, même unis à des listes conduites par un candidat de droite, et ce n'est pas respectueux des centristes démocrates d'aujourd'hui qui entendent se voir proposer au premier tour une offre suffisante de choix.
Il y a donc dans la manoeuvre inopportune de Ségolène Royal quelque chose qui est en soi inélégant et indigne des moeurs démocratiques. Cela tient tout simplement à la noble idée que l'on ne doit pas s'immiscer en quoi que ce soit dans les instances délibérantes d'un parti en monopolisant de l'extérieur l'attention médiatique et en donnant l'impression de vouloir peser du dehors sur les choix qu'il pourrait être amené à faire.
Ce n'est pas parce que d'aucuns lors des élections municipales ont choisi en parfaite connaissance de cause la sujétion pleinement assumée à des leaders socialistes que c'est un exemple transposable sans risques aux élections régionales.
Ceux qui seraient tentés en toute connaisance de cause de céder au chant de la sirène poitevine et plus généralement au chant des sirènes entendues a senestra parte ne devront pas par conséquent s'étonner de ce que pour leur parti l'indépendance s'éloignerait encore plus qu'il n'en fut pour Ulysse de la fuyante Ithaque.
Qui peut gager aujourd'hui que les électeurs authentiquement centristes qui n'ont pas monnayé leur loyauté envers le Modem auront toujours la fidélité de Pénélope si durant trop de nuits ils sont amenés à défaire la toile d'indépendance tissée le jour?
Faut-il rappeler à Ségolène Royal que la clef de la porte qu'elle a trouvé fermée un certain soir de 2007 n'est pas le seul apanage de celui devant l'appartement duquel, sans doute un soir de manque, elle se livra à une indécente sérénade?

mardi 17 novembre 2009

QUAND SEGOLENE ROYAL EN RESTE A L'EPOQUE DES LYCEENNES DU COUVENT DES OISEAUX

L'accélération des calendriers électoraux semble donner le tournis aux responsables politiques. Et divers événements remettent hélas sur la sellette l'étonnante méconnaissance du droit administratif et de du code de l'éducation nationale dont fait preuve Ségolène Royal.
On se souvient qu'il y a dix ans, une cinglante leçon lui avait été administrée la commissaire du gouvernement appelant le conseil d'Etat à annuler visant à annuler le décret signé de sa main autorisant les infirmières scolaires à distribuer la pilule du lendemain au motif que le dispositif institué méconnaissait que l'administration de la dite substance était un acte médical, que seul un médecin pouvait prescrire et accomplir.
Aujourd'hui, ce n'est pas en qualité de ministre délégué à l'enseignement scolaire, que Ségolène Royal se fourvoie. C'est en qualité de présidente de région ignorant qu'elle n'a pas à se susbtituer à l'autorité hiérarchique de l'Education Nationale (Ministre et Recteurs des Académies) pour faire distribuer par les infirmières scolaires les fameux chèques contraception.
C'est ignorer qu'en la matière, les infirmières conseillères de santé scolaire font un travail de fond et n'ont pas attendu Ségolène Royal pour orienter si nécessaire les jeunes filles vers le planning familial. Mais ils le font dans le cadre de leurs missions.
Or en prétendant enjoindre ces mêmes infirmières à assurer la distribution des documents et des bons de consultation, Ségolène Royal méconnait le principe qui stipule que tout courrier adressé à un quelconque fonctionnaire sur son lieu de travail est communiqué sous couvert des supérieurs hiérarchiques.
Ségolène Royal ignore tout autant que si un certain nombre de personnels naguère estampillés Education Nationale sont désormais sous son autorité, comme les personnells techniques ouvriers et de service, il n'en est pas de même des infirmières scolaires qui exercent leurs fonction sous la responsabilité hiérarchique du chef d'établissement, et sous la tutelle de l'infirmière conseillère du recteur pour les questions relevant du domaine de compétence para-médical dévolu à tout titulaire du diplôme d'infirmier.
Ségolène Royal se rend-elle compte qu'en agissant ainsi, elle expose des personnels de l'éducation nationale à la faute professionnelle?
L'on sait bien que les présidents de région aimeraient bien récupérer davantage de pouvoirs sur ce qui se passe dans les lycées. L'on ne peut évidemment ignorer les arrières pensées électoralistes d'une telle campagne promotionnelle à six mois des élections régionales.
L'on n'aimerait pas devoir rappeler à Ségolène Royal que les sujets de société et ceux touchant à l'intimité des consciences, ainsi qu'à la gestion des relations intra-familiales, sont des sujets trop sérieux pour qu'on se permette de les instrumentaliser à des fins de propagande électoraliste.
Enfin, mais c'est une autre histoire, Ségolène Royal se rend-elle compte que depuis les années soixante, où effectivement, tout était à faire en matière d'information sur la contraception, et aujourd'hui, on n'a pas vraiment en face de soi les mêmes profils de lycéennes qu'il y a quarante ans ou même qu'il y a seulement vingt ans.
Ségolène oublierait-elle qu'à l'heure d'Internet, un ado de seulement 12 ans est éminemment plus savant sur la "chose" que dans les générations précédentes. En termes politiques et aussi de vision sociétale, cela signifie qu'il faudrait peut-être arrêter de se représenter la jeunesse d'aujourd'hui avec des lunettes qui datente d'une quarantantaine d'années. Cela signifie aussi peut-être que les besoins et les champs d'action du possible politique sont ailleurs.

mardi 14 juillet 2009

NE CONFONDONS PAS FICTION ET REALITE

Voilà un sage précepte ignoré de la Dame du Poitou. A l'heure où s'ouvrent les Francofolies de la Rochelle, la présidente de Poitou-Charentes s'émeut de la présence d'Orelsan à cette manifestation et menace les structures organisatrices de leur couper les subventions.
Une fois de plus ni la forme ni le fond ne conviennent.
Sur la forme tout d'abord, exercer un chantage à la subvention revient à s'octroyer pour la présidente de Poitou-Charentes le droit de décider du bien et du mal dans le monde de l'art.
On peut penser ce qu'on veut du rap et des chansons d'Orelsan, mais comme le rappeur s'en est expliqué, sa chanson "Sale p..e", qui avait ému les associations féministes, il s'agit d'une fiction.
Ce n'est donc pas la réalité, car, sinon, ce serait quantité d'oeuvres d'art qu'il faudrait retirer des musées, des livres qu'il faudrait livrer aux bûchers des autodafés.
Or dans une démocratie, les pouvoirs publics s'honoreraient en s'abstenant d'intervenir dans ce qui relève de la liberté de création, de diffusion et de représentation. Autrement dit, cela revient à poser pour principe que la puissance publique n'a pas compétence en matière de définition des contenus.
Certes de nombreuses structures d'organisation d'événements perçoivent des financements publics, sous la forme de subvention, mais cela n'autorise pas pour autant les instances subventionnantes à intervenir dans les contenus, à partir du moment où les seuls critères qui justifient l'octroi de subvention sont l'aide à la création, à la diffusion, la participation des événements au rayonnement du territoire, entendu au sens large en raison des retombées pour l'économie locale des fréquentations festivalières.

Qu'en est-il exactement?
Orelsan avait il y a deux ou trois ans diffusé le clip suivant, puis à l'occasion du printemps de Bourges, il s'était expliqué.
Mais à la différence des Francofolies, le Printemps de Bourges n'avait pas déprogrammé le rappeur.
Ce qui s'est passé à La Rochelle, avec l'intervention de Ségolène Royal laisse planer des relents assez désagréables.
Tout d'abord, rien que le fait qu'un responsable politique s'octroie le droit de définir le bien et le mal en art. En serions-nous revenus à l'époque de Flaubert et de Baudelaire? A cette époque, le procès intenté à ces deux écrivains avait défrayé la chronique, et deux siècles après, les réquisitions du procureur impérial sont analysées pour ce qu'elle sont : le produit de l'ordre bourgeois avec ses idées étriquées. Ségolène Royal ne fait pas mieux aujourd'hui, fût-ce au nom de l'ordre juste et du politiquement correct.
Ensuite, lorsque l'on fait un tel chantage à la subvention, on invite implicitement l'organisateur d'événements à s'auto-censurer. La démocratie peut-elle s'accommoder de telles pratiques qui évoquent les régimes où les seuls arts ayant droit de cité sont ceux qui exaltent les valeurs politiques du moment ou du pouvoir en place?
Enfin, dans l'idée même de censurer, il y a la conception sous-jacente que le citoyen n'est pas lui-même en mesure de se faire son propre jugement, à tel point qu'il faille le préserver de ce qui pourrait être dangereux. Ségolène Royal ne serait-elle pas une fois de plus encore en train de confondre un public adulte ou adolescent, avec des petits enfants dont il faut surveiller les lectures? Heureusement à l'heure d'Internet, ce genre de rodomontades au nom de l'ordre juste, ces gesticulations puritaines d'un autre âge sont ce qu'ils sont : un coup d'épée dans l'eau.
Ne nous y trompons pas. Lorsque dans une démocratie, on commence par trouver acceptable de soumettre l'expression artistique à une certaine conception de la morale, on prépare insidieusement les esprits à accepter d'autres renoncements à d'autres libertés. Est-ce donc ce chemin-là que Ségolène Royal voudrait voir suivi par la France, patrie de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité?

Alors voici les pièces à convictions, tout d'abord le clip d'Orelsan.



ensuite, l'explication qu'il a donnée depuis:




Interrogé au moment du Printemps de Bourges, François Bayrou avait défendu le rappeur, et rappelé que selon lui, soit on se situe du côté de la censure, soit du côté de l'absence de censure:


Bayrou: "Je suis contre la censure d'Orelsan"
envoyé par LEXPRESS. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

mardi 21 avril 2009

DU BON USAGE DU PARDON ET DE LA REPENTANCE


Crédit photographique: http://www.sacre-coeur-montmartre.com/fr/basilique.html


Gallia poenitens et devota. La Gaule repentante et dévote. Tels sont les mots que nous pouvons lire à Paris dans l'abside du Sacré Coeur de Montmartre, dont la construction résulte d'un voeu en expiation de la guerre de 1871.
D'autres périodes de l'histoire de France furent nimbées de ce mea culpisme généralisé comme s'il fallait que la nation dans son ensemble expiât de bien hypothétiques fautes. C'est ainsi qu'à ses débuts, la Révolution Nationale par ses initiateurs et ses thuriféraires stipendiés fut présentée comme l'expiation des turpitudes du Front Populaire. On sait ce que cela donna, l'exode pitoyable de Pétain à Sigmaringen. Ce fut aussi le poteau d'exécution pour Brasillach et Laval. Ce fut aussi la palinodie d'intellectuels ou d'écrivains découvrant un peu tard à quelles illusions les avait conduit l'esprit de Munich.
Face à cela, la voix libre de de Gaulle s'est toujours refusée à regretter quoique ce fût.
La République Française et l'Eglise Catholique ont certes initié ces dernières années de courageuses démarches de repentance, mais l'enjeu était à la mesure de l'histoire tragique de ce que fut la Shoah, parce que cela nécessitait en effet une salutaire purification des mémoires afin que l'on se souvienne que des Français furent complices du génocide.
Mais aujourd'hui, on cherche à mettre la repentance à toutes les sauces, y compris pour faire porter sur le poids des Français une culpabilité imaginaire qui n'existe que dans le psychologisme particulier de la rivale qu'affronta au second tour celui qui est actuellement le Président de la République. Les écarts de langage de quiconque fût il chef d'Etat n'engagent pas la France. Il n'y a donc aucune raison pour que celle-ci se repente de quoi que ce ce soit.
S'agissant du discours de Dakar, les Africains à qui s'adressa le Président Français ne demandaient rien, n'avaient pas exprimé la moindre once de demandes d'explication par la voix de leur ambassadeur, ni le moindre soupçon de demande d'excuses. Seul pourrait s'excuser celui qui prenant conscience de l'incongruité de ses paroles jugerait cela opportun. Mais on n'a pas à s'excuser au nom d'autrui et encore moins à parler sans mandat au nom de la France.
S'agissant des propos putatifs visant le premier ministre espagnol, encore eût-il fallu s'assurer des faits, au lieu de s'en tenir à des ragots de presse colportés par des plumitifs avides de sensationnel chez qui la conception du débat démocratique est tombé si bas qu'apparamment non satisfaits des vraies bourdes de l'actuel président de la République, ils croient bon d'en inventer ou de rapporter pour argent comptant des rumeurs invérifiées.
Imagine-t-on une seule seconde François Mitterrand tenant pareils propos et s'excusant de tel ou tel discours de Valéry Giscard d'Estaing? Imagine-t-on Jacques Chirac faisant de même à propos de paroles de François Mitterrand?
Faut-il que la France ait à ce point régréssé dans le débat démocratique pour qu'une candidate recalée à la présidentielle se croit investie de je ne sais quelle mission mystique justifiant de présenter in nomine Galliae des excuses pour un oui pour un non? Voudrait-on tant qu'on y est transformer les Françaises et les Français en une gigantesque confrérie de pénitents portant cilice et sac de cendres, venant se flageller publiquement. La France telle que l'imagine Ségolène Royal ne serait donc pas la France debout et portant haut le flambeau de la liberté, mais la France à genoux se repaissant de repentance malsaine.
Ce n'est pas cette repentance inopportune qui réconciliera les Français avec la politique, alors qu'il y a tant de sujets. La crise bien sûr, l'étrange non dit qui fait qu'à quarante sept jours des élections Européennes on préfère nous bassiner avec les jérémiades ségolinesques ou le chien de Barack Obama, tout en laissant le président iranien proférer d'ignobles propos racistes à Durban.
Sur ce sujet comme sur tant d'autres, on n'ose imaginer quel aurait été l'état de la France, si pour éviter Charybde le pays s'était jeté dans les bras de Scylla au second tour de la présidentielle. Que ceux qui à ce moment là se crurent autorisés à en appeler à l'impératif démocratique ne viennent pas aujourd'hui s'ériger en donneurs de leçons. Ils portent leurs responsabilités dans le climat politique délétère du moment.
Non la France n'est pas Tartuffe et n'a pas besoin de la haire et encore moins de la discipline. Nous n'en sommes plus à l'époque des Bourgeois de Calais venant implorer merci pieds nus, en chemise et la corde au cou.
Il y a d'autres urgences pour la France, à commencer par la réconciliation de celle-ci avec l'idée européenne.
Enfin, celle qui est encore présidente de la Région Poitou-Charentes dont la Cour de Cassation vient tout récemment de confirmer la condamnation prononcée par la Cour d'Appel de Rennes à verser à deux de ses ex employées des arriérés de salaires est-elle la première qualifiée pour venir à tout propos et hors de propos prôner la République du respect?
La France telle que la rêve ou croit la rêver l'ex candidate socialiste n'est pas la France. Lorsque celle-ci s'adonne à l'humiliation d'elle-même, elle ne fait rien de noble. Mais celle-ci, qui nous vient du fond des âges, assigne à ceux qui en sont les citoyens une mission plus grande encore: marcher fièrement vers l'avenir qu'elle s'est choisi, porter haut le flambeau de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité.
La France à genoux pénitente et repentante est peut-être le modèle de civilisation de Ségolène Royal. Cela n'engage qu'elle même et aucunement ceux qui lui préfèrent une France debout et fière d'elle-même qui n'a de leçons à recevoir de personne dans le concert des nations.
Car c'est cette France, libre et fière, qu'ont voulu ceux qui dans des conditions bien plus tragiques que la crise actuelle l'ont remise debout en donnant tout d'eux-mêmes.

mardi 3 mars 2009

PRESSE PEOPLE HYPOCRISIE ET CUPIDITE

L'on se souvient que la campagne des élections présidentielles avait été marquée par le mensonge par omission de Ségolène Royal se refusant à dire si oui ou non elle nommerait François Hollande au gouvernement, ou s'il briguerait la présidence de l'Assemblée Nationale, alors que nul n'ignorait leur concubinage notoire, dont la rupture était connue cependant d'un petit cénacle médiatico-politique parisien.
La question n'était pas sans importance et ne concernait pas simplement une question de vie privée, mais touchait à la séparation des pouvoirs.
Depuis la présidente de Poitou-Charentes poursuit de sa vindicte les magasines, qui font le choix de publier non des photos privées, mais des photos prises dans des lieux accessibles au public, comme naguère tel cliché la montrant abîmée en prière devant l'autel d'une chapelle italienne, ou tout récemment une photographie la représentant au bras d'un homme dans une rue vraisemblablement passagère.
Résultat : poursuite pour atteinte à la vie privée et demande de substantiels dommages et intérêts.
Or en ces temps de crise où tant de françaises et de français ont tant de mal à joindre les deux bouts, la multiplication de ces procès par Ségolène Royal laisse apparaître opportunisme et cupidité : opportunisme car la défense des opprimés et des petites-gens n'est qu'un attrape-mouches pour électeurs naïfs, et cupidité, parce que réclamer 50000 Euros de dommages-intérêts sans s'être donné d'autre peine que d'être photographiée, c'est une insulte pour le peuple des travailleurs qui gagne cette somme en au moins 3 ans...
Finalement, quand on dit que Ségo, c'est Sarko au féminin, ce n'est pas si faux: mélange des genres, exhibitionnisme médiatique, hypocrisie, culte de l'argent facile, populisme démagogique, même mépris de la liberté de la presse.
Ce matin, la sus-dite était l'hôte des quatre vérités et répond tout de go que le procès intenté à Paris-Match, c'est son avocat qui en a pris l'initiative. Mais à qui fera-t-on croire cette fable? Un avocat n'engage une citation devant le tribunal que sur mandat exprès de son client, et après avoir reçu les nécessaires avances sur honoraire.
Mais il y a une différence de taille: le président de la république assume sans ambages son ancrage à droite, alors que la présidente de Poitou-Charentes croit encore et sans le panache et la duplicité florentine d'un mentor dont elle retient si peu les leçons (François Mitterrand) que le PS peut encore être le point de passage pour des gens de droite qui n'arrivent pas à faire carrière dans leur véritable camp et qui par opportunisme croient que l'on peut en toute impunité se déguiser de l'habit de défenseur des opprimés et gruger les électeurs, quitte deux ans après à faire machine arrière.

mardi 24 février 2009

SEGOLENE OU LA PSEUDO ANTILLAISE

La Guadeloupe est confrontée depuis plus d'un mois à des troubles d'une rare ampleur. Ni le silence gouvernemental, ni la manipulation-récupération par l'extrême-gauche, ni le blocus qui fait obstacle à la liberté du travail ne sont des méthodes de résolution des problèmes dignes d'une démocratie.
Si nul ne doit nier le poids de l'histoire, est-ce pertinent et honnête de juger ce qui se passe dans les territoires d'outre-mer avec des grilles de jugement valables pour décrire des situations historiques, mais anachroniques aujourd'hui?
Est-il opportun pour une personnalité politique dont les responsabilités sont limités à la présidence d'une région métropolitaine de s'afficher lors de la sépulture d'un syndicaliste?
Est-il opportun pour la présidente de Poitou-Charentes de donner dans la surenchère ethnicisante en se présentant fallacieusement comme "antillaise" et jugeant bon d'insister qu'elle ne vient pas en tant que "blanche"?
S'il eût été opportun et porteur de sens que le Président de la République entreprît sans délais ce que le Général de Gaulle aurait appelé une "tournée des popotes", ce n'est peut-être pas la place d'une personnalité qui n'a pas de responsabilités à la tête d'un parti politque et dont le seul mandat s'exerce en métropole de s'afficher en de telles circonstances pour se livrer à une inconvenante récupération politicienne?
Est-il judicieux de rajouter à une présence inopportune un discours ethnicisant et incendiaire?
A l'heure où précisément il conviendrait de s'asseoir autour d'une table, et de se parler en hommes et femmes de bonne volonté, convenait-il que Ségolène Royal se risquât à une allusion à la Révolution?
Visiblement en pareille circonstance, il faudrait la sagesse d'un Ménénius Agrippa, le délégué patricien qui par sa force de persuasion fit en sorte que la plèbe romaine retirée sur le mont Célius revienne à Rome. Qui aujourd'hui tient aux uns et aux autres le sage discours de la bonne entente des membres et de l'estomac? Sans doute pas un Président silencieux. Mais assurément pas ceux qui à gauche croient opportun de jeter de l'huile sur le feu ou se livrent à du discours communautariste, ou qui pire encore attisent les foyers de sédition.

mardi 18 novembre 2008

PETIT RAFFRAICHISSEMENT DE MEMOIRE ET EPITAPHE POUR UN PARTI DEFUNT

"Ségolène a pour Frèche les yeux de Chimène"
Faut-il rappeler les propos orduriers dont la simple relation serait infâmante de l'ancien maire de Montpellier concernant les harkis ou son indécente provocation à connotation plus que ségrégationniste sur la couleur de l'équipe de France, et bien non, tout cela, les propos de Frèche, ce ne sont que "maladresses" qui apparaissent sans doutes vénielles à la dame du Poitou en comparaison des avanies subies par icelle dans son propre parti pendant la campagne des présidentielles.
Les personnes qui à juste titres se sont senties blessées par les propos racialisants de Georges Frêche apprécieront.
Que penser de cet éloge d'un mégalomane de la part d'une candidate qui pourtant ne cesse d'exalter la France Métissée.
Cette excuse absolutoire à l'égard de Frêche est insupportable. C'est du même ordre que certains présidents de région de droite acceptant les voix du FN.
Et c'est la même Royal qui suspecte Delanoë de manquement au code d'honneur, comme si en soi exprimer sa préférence était un crime de lèse-majesté.
La sincérité chaleureuse de Martine Aubry, dont la filiation sociale-démocrate est en ligne directe n'est-elle pas préférable à la mise en scène permanente.
Un parti politique, ce n'est pas la Star Academy, or c'est cette triste image que donne le PS depuis quelques temps déjà. Et la désignation de Royal comme candidate à la présidentielle portait déjà en germe cette transmutation du discours politique en starisation.
Il en est des partis comme des empires, ils naissent, ils croissent et ils meurent. Le PS dans sa forme moderne est né à Epinay, il a prospéré parce qu'il y avait Mitterrand et que celui-ci était un leader incontesté, et il meurt parce qu'il n'y a pas d'héritier à la hauteur qui fasse que devant lui on se retire avec empressement de la course à l'investiture comme le fit Chevènement en 1981 ou sans plaisir comme le fit Rocard cette même année.
Les motions avaient comme intérêt de donner périodiquement un os à ronger aux lionceaux qui n'avaient pas alors la tentation de défier le vieux lion. Celui-ci une fois mort, et parce qu'aucun n'a les armes suffisantes pour l'emporter, c'est l'entredéchirement. Et le débat se transforme en bûcher des vanités.
Il en est aussi des partis comme des espèces animales. La sélection naturelle fait son oeuvre. Seules survivent ceux qui s'adaptent. Les autres le temps venu viendront simplement rejoindre la galerie des dinosaures.
La Fortune gouverne le monde aveuglément. Les anciens l'avaient bien saisi, y compris Scipion entrant en pleurs à Carthage que pourtant il venait de vaincre.
Cf Appien, Histoire d'Hannibal.
"Alors Scipion fondit en larmes, laissant voir qu'il pleurait sur l'ennemi. Puis il médita longuement en lui-même, ayant pris conscience qu'il faut qu'une puissance divine fasse traverser aux cités, aux peuples et aux royaumes, tous autant qu'ils sont, des mutations comparables à celles que connaissent les particuliers, et que tel fut le sort d'Ilion (NDR : Troie)... Tournant les yeux vers l'historien Polybe, il dit, soit à dessein, soit que ces vers lui eussent échappé (NDR : citant Homère, Iliade, VI, 448-449):
"Un jour viendra où la sainte Ilion aura vécu, et Priam, et les guerriers de Priam à la bonne lance de frêne".
Nos philosophes grecs nous mettent sans cesse en garde contre l'orgueil, qu'ils nomment ὓϐρις, et l'on se dit que le PS n'en serait peut-être pas là si du temps où il était aux commandes de l'Etat, il n'avait pas participé à la première étape de l'éradication préméditée des humanités.

jeudi 6 novembre 2008

OU VA LE PARTI SOCIALISTE?

A l'heure où d'aucuns s'imaginent encore que l'antisarkozysme peut tenir lieu de projet politique, ou s'offusquent ici ou là de telle ou telle mesure catégorielle qui forcément vient plumer les contribuables (ainsi a-t-on pu lire des monceaux d'absurdités lorsque pour rétablir la confiance dans les banques, le parlement a décidé de se relever le niveau de garantie, d'aucuns ont cru qu'il s'agissait d'argent public dépensé pour renflouer les dites banques, ignorant comment fonctionne une garantie, un peu comme on se porte caution pour autrui dans un contrat de location...), il est étonnant de voir comment les pourfendeurs prêts à s'exciter restent étonnament muets lorsque l'on voit se profiler une nouvelle loi répressive, sur l'enfermement des criminels dangereux, dans des centres fermés. C'est comme si ni plus ni moins on instaurait un système de punition provisoire, non pour réprimer des crimes ou des délits réellement commis, mais pour punir par avance des crimes ou des délits dont on pense qu'ils pourraient être commis. En somme la transposition sur le mode judiciaire pénal du principe de précaution dont on ne voit que trop à quel point il s'avère délétère sur le plan social.
Ainsi petit à petit, avec le silence coupable de la gauche socialiste et de Ségolène Royal en particulier, on assiste au détricotage de l'édifice judiciaire humaniste constitué pas à pas depuis la Révolution.
Lorsque Nicolas Sarkozy avait souvenons-nous en avancé l'idée de la pédophilie génétique, bien rares à part François Bayrou, en butte aux sarcasmes des médias, furent ceux qui s'élevèrent contre cette idée complètement étrangère à notre philosophie judiciaire. Et Ségolène Royal s'était illustrée par son silence.
Mais bon Dieu, est-ce que la gauche d'aujourd'hui, celle qui se dit la gauche parce que tout simplement le courage lui manque pour se dire de droite ou tout simplement social démocrate, aurait le courage d'un Mitterrand ou d'un Badinter, ou d'un Philippe Seguin, ou d'un Jacques Chirac pour ne citer qu'eux. Lorsqu'en 1981, Badinter fit voter l'abolition de la peine de mort, l'opinion n'y était pas favorable. La France n'était ni plus ni moins criminogène, et de telles mesures, celles que Perben puis Dati ont réussi à faire passer auraient provoqué des levées de boucliers humanistes si Peyrefitte, le dernier Garde des Sceaux avait osé seulement proposé le dixième.
A quoi pense le PS alors que précisément se détricotent les valeurs humanistes de la loi judiciaire, ses éléphants sont simplement en train de chercher à savoir qui a la trompe la plus longue, la motion qui rapporte le plus de voix. Triste spectacle d'une Byzance contemporaine dissertant sur l'existence ou non d'un sexe des anges alors que s'effondre le monde. Scandaleuse vision de la vie politique où toute honte bue l'une des prétendantes au siège du premier secrétaire émet l'idée que le parti pourrait rembourser les cotisations de ceux qui ne pourraient pas les payer. Cela s'appelle tout simplement l'achat de suffrages. C'est faire peu de cas du respect dû aux militants que d'imaginer et d'oser le dire que leur voix pourrait faire l'objet d'un troc.
Tout cela pourrait paraître bien anecdotique, mais rien n'est dénué d'importance quand, quel que soit le parti, quelle que soit la couleur de peau ou l'identité de genre, on aspire à l'exercice des plus hautes responsabilités de l'Etat.

dimanche 2 novembre 2008

DE L'IRRUPTION DE L'IRRATIONNEL DANS LE POLITIQUE

Il faut avouer que la vie politique est tombé à un niveau d'irrationnel que l'on voudrait croire réservée aux sociétés primitives.
Que de prétendus humoristes se soient crus autorisés à commercialiser des poupées vaudous à l'effigie des deux candidats du second tour de l'élection présidentielle de 2007 n'est peut-être pas un signe de bonne santé politique de notre pays.
Si de tout temps les caricatures ont servi d'exutoire, que l'on se souvienne des têtes piriformes brocardant le Roi Louis Philippe ou plus près de nous de la chronique du Roi et de la Cour d'André Ribaud, la confection de poupées vaudou avec manuel à l'appui et rituel relève d'une régression à la pensée magique et à la superstition.
Que le Président de la République en exercice ait souhaité poursuivre l'atteinte à l'image, cela le regarde, que le Tribunal dans ses attendus ait fait une autre lecture a l'autorité de la chose jugée, restant sauf le droit à appel des parties dans les délais et formes prescrits par la loi.
Que sa rivale ait cru bon de saisir l'occasion pour se faire un coup de publicité, quand on connaît la facilité avec laquelle elle intente des procès pour de bien innocentes photos, en dit tout aussi long sur la dégradation des moeurs politiques de notre pays.
Comme si le débat se résumait à ce simpliste antagonisme de celui (celle) qui croit au vaudou et celui (celle) qui n'y croit pas.
Dans le pays des droits de l'homme si souvent si prompt à s'arroger le monopole du rationalisme quand il s'agit de donner des leçons aux autres, c'est choquant de faire intervenir les pratiques tribales et les rituels magiques dans le champ du politique.
C'est laisser croire que le destin des pays ne se choisit pas mais est affaire de chance ou de malchance et que pour compenser ses frustrations du moment il faille s'adonner à des parodies de pratiques tribales ou primitives.
Les Français seraient-ils devenus si bêtes pour être ravalés au rang d'acheteurs potentiels de poupées vaudoues.
Souhaitons simplement que ce très fâcheux exemple d'irruption de l'irrationnel dans la sphère politique soit bel et bien le dernier. Tout simplement par respect pour les français.

vendredi 4 juillet 2008

LA LIBERATION D'INGRID BETANCOURT

De gauche à droite:
Laurent Gérault, conseiller municipal
(groupe d'opposition),
Président départemental du MoDem 49,
Olivia Tambou, adjointe au maire, Jean-Claude Bachelot, Jean-Luc Rotureau, adjoints au maire, Christian Cazauba, Jean-Claude Antonini, maire d'Angers, Bernadette Caillard-Humeau, Solange Thomazeau, conseillère municipale.

Angers s'est associée aux manifestations organisées à l'occasion de la libération d'Ingrid Bétancourt. A 14h30, en présence de quelques adjoints et de conseillers municipaux, le maire d'Angers a prononcé une brève allocution, après quoi, sans doute avec l'intention de vouloir montrer que la captivité d'Ingrid Betancourt était terminée, il a déchiré le portrait de celle-ci, où l'on pouvait la voir le visage émacié et amaigri, qui avait ému l'opinion ces derniers temps.
Jean-Claude Antonini, maire d'Angers, déchirant l'effigie d'Ingrid Betancourt

Sans esprit polémique, un tel geste nous étonne quelque peu. L'iconoclasie, c'est-à-dire la destruction délibérée d'une image, n'est pas un geste neutre ni anodin, et le symbole qui le sous-tend est pour le moins ambigu. Cela était inopportun et de mauvais goût.

Il eût été tout aussi simple d'apposer un autocollant avec la mention LIBRE comme cela fut fait à Paris et en tant d'autres lieux.

Dans un autre ordre d'idée, et en terme de gravité, les déclarations hallucinantes de Ségolène Royal ont atteint les sommets de l'immoralité publique. La campagne électorale nous avait hélas habitués aux bévues diplomatiques de Ségolène Royal vantant la célérité de la justice chinoise.

Ces propos - assez déplacés - sur le rôle joué par la diplômatie française, ont été largement condamnés, y compris dans son propre camp. Ils sont tout simplement indignes d'un dirigeant politique qui aspire, quoi qu'on en dise, à la réitération de sa candidature pour les présidentielles de 2012.