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mardi 7 juillet 2009

ANGERS, PASSÉ , PRÉSENT, AVENIR

Suite à la démission de Christophe Béchu du Conseil Municipal d'Angers en raison de la législation sur le cumul des mandats, le groupe d'opposition Angers Choisir l'Avenir a désigné deux "leaders" en la personne de Marie-Claude Cogné et Laurent Gérault.
Notre conviction personnelle est qu'il est particulièrement heureux pour le Mouvement Démocrate, composante de la minorité du Conseil Municipal d'Angers, que notre Président Départemental puisse ainsi apporter une dose supplémentaire de visibilité orange au groupe Angers, Choisir l'Avenir, issu de la liste du même nom, pour laquelle la formation centriste s'était pleinement investie lors des élections municipales de mars 2008.
Nous ne doutons pas que le mandat que leur ont confié les 27083 électeurs qui se sont reconnus dans le projet de ville défendu par la liste Angers, Choisir l'Avenir continuera à être honoré et que l'oeuvre de rassemblement des Angevins autour d'une vision dynamique et entrepreneuriale de notre ville continuera à être le fil rouge pour les années qui nous séparent de 2014, et nous savons combien le temps passe vite.
Cependant, les perspectives pour Angers ne sont pas réjouissantes.
Nous mesurons chaque jour les effets combinés de la crise économique et des conséquences du choix d'un mauvais tracé pour le tramway. Au-delà des difficultés inhérentes à ce genre de travaux, les dommages collatéraux que nous ne cessons d'observer depuis l'année dernière démontrent la nocivité de ce choix : faillites commerciales - qui ne sont pas le seul fait de la crise économique; report visible de l'activité commerciale vers d'autres lieux que le centre-ville; modifications des flux de circulation et transfert de la majeure partie du transit des boulevards de petite ceinture vers la voie des Berges rendant aléatoire toute évaluation de l'incidence réelle du contournement autoroutier sur le flux qu'elle absorbe quotidiennement, rendant par conséquent bien imprudente toute hypothèse de calcul pour le choix de faire ou non la rocade Sud.
Lors d'un récent conseil municipal, le Maire d'Angers disait qu'il "avait une vision de la ville".
L'on peut théoriser indéfiniment sur la reconquête des rives, mais chacun sait que l'histoire d'Angers, depuis que le site existe, s'est faite au mieux, malgré la rivière, et toujours dos à la Maine, qui d'ailleurs marqua longtemps la frontière entre ce qui était la ville, et ce qui ne l'était pas.
Aucun des édifices publics civils d'Angers ne s'est jamais installé face à la Maine. C'est dire si contrairement à d'autres villes (Bordeaux, Paris, par exemple), la vie de la cité s'est définie dos à la rivière.
Cela n'a donc rien à voir avec la présence de la Voie des Berges, car la coupure de la ville en deux lui est bien antérieure. Du reste, une barrière d'octroi se trouvait jadis sur la rive gauche, au débouché du pont de la Basse Chaine. Cela signifie tout simplement que c'était l'entrée de la ville, jusqu'au temps où a subsisté l'octroi.
De ce passé, restent des habitudes et des symboles, et si l'on habite sur la rive droite, l'on a bien certes conscience d'habiter Angers, certes, mais quand on franchit la Maine, ne dit-on pas qu'on "va en ville" ou qu'on va "à Angers"? Il n'y a pas si longtemps d'ailleurs, les gens de la Cité considéraient ceux de la Doutre avec une condescendance certaine, leur faisant sentir sans paroles mais sans détours qu'ils n'étaient pas comme eux.
Il faut bien mal connaître Angers pour ne pas s'en rendre compte.
Tout récemment, et visiblement parce que le débat organisé par Graines d'Angers a peut-être provoqué un certain écho, voilà que notre maire, et quelques adjoints font paraître un communiqué exposant leurs vues sur la Rocade Sud, et présentent un projet a minima sans réfléchir davantage à l'opportunité de son emplacement, sous forme de voie à circulation apaisée (à 50 kilomètres).
Seulement, appelons cela comme on voudra, mais certainement pas rocade.
Nous n'avons pas de religion personnelle, sur cette question de la rocade sud, mais nous doutons personnellement de l'effet d'une telle voie, surtout si elle est destinée à servir d'exutoire ou de transit à un flux venu des réseaux à caractères autoroutiers. Lorsqu'on réduit la vitesse d'écoulement d'un fluide, on crée mécaniquement un bouchon en amont. Cela ne règle pas le problème, mais aurait tendance à l'aggraver.
Tout cela serait anecdotique si Angers avait la perspective à moyen terme de bénéficier d'un vrai réseau de tramway. Or les perspectives de construction d'une deuxième ligne deviennent pour Angers ce que fut pour Ulysse la fuyante Ithaque, à tel point que l'on sait dès à présent qu'un des points du programme pour lequel se sont prononcés une courte majorité des Angevins a d'ores et déjà rejoint le tonneau sans fond des promesses qui n'engagent que ceux qui ont eu la naïveté d'y croire.
Une ligne ne sera pas un réseau, et le choix fait pour son tracé induira des choix certainement très discutables pour la connexion des lignes de bus. Comment veut-on persuader les Angevins et ceux qui n'habitant pas la ville mais viennent y travailler d'utiliser les transports en commun si d'emblée est fait le choix d'un réseau étriqué, dont le tracé pour ce qui concerne la ligne de tramway n'a obéi qu'à un calcul politicien, si les perspectives de son développement à moyen terme ne sont pas l'objet ne serait-ce que d'un embryon d'amorce de réflexion citoyenne et partagée?
A l'heure où la gauche ne cesse de se gargariser de démocratie participative, il faudrait peut-être mettre en accord les idées et les actes. Que penser par exemple de cette idée débattue en catimini d'un impôt sur les ménages au bénéfice de l'agglomération? Le potentiel fiscal de l'agglomération dont la faiblesse est connue permet-il de décider à la légère d'un tel impôt?
Ne vaut-il pas mieux en temps de crise, reporter à plus tard les investissements qui ne seraient pas indispensables, donner l'exemple de la vertu d'économie, en restreignant par exemple les dépenses de communication dont nous savons qu'elles ne sont pas minces et en se donnant de vrais objectifs de justice sociale, qui éviteraient d'avoir à présenter comme un immense progrès social un gain moyen de 22 centimes par habitant (gain estimé du gel du tarif des services publics).

samedi 20 juin 2009

FISSURES AU SEIN DE LA MAJORITE MUNICIPALE?

Manifestement, le débat organisé par l'Association Graines d'Angers, les articles d'Ouest-France qui l'ont suivi n'ont pas laissé indifférents certains élus Verts de la Majorité municipale. En effet, toujours selon le même journal, ils auraient fait part de leur divergence substantielle d'appréciation par rapport à ce projet, dont on dit par ailleurs que le Conseil Général pourrait peut-être se désengager.
Or, sur ce projet, c'est bien Angers Loire Métropole qui était demanderesse, et l'on nous expliquait que cette liaison Sud était la condition sine qua non de la requalification des Voies sur Berges, quitte à infliger à d'autres habitants de l'Agglomération des nuisances en terme d'environnement et de bruit, dont le seul avantage est que ces inconvénients ne nuiraient plus à la bourgeoise tranquillité des habitants du Centre-Ville.
Au-delà du vote de peur qui s'est manifesté lors des élections européennes, la première réalité est celle des finances de l'Agglomération. Le dérapage des coûts constaté pour de nombreux projets, comme le Tramway, la faiblesse du potentiel fiscal de celle-ci, les rumeurs insistantes sur la création d'un nouvel impôt levé par elle pose comme première question une question d'ordre économique et budgétaire, avant même celle de l'opportunité ou de l'inopportunité environnementale. Il s'agit de se demander explicitement si l'agglomération a les moyens de financer un tel projet et si la priorité du Conseil Général doit être de continuer à vouloir assumer la maîtrise de celui-ci, c'est-à-dire non seulement le co-financement à parité avec l'Agglo mais aussi et surtout la responsabilité politique.
Dans un communiqué de presse, Gilles Groussard pointait - une fois de plus - l'incohérence des prises de position de la première adjointe. Serait-elle passée par le fleuve du Léthé (ce fleuve de l'oubli qui dans les croyances païennes permet aux âmes qui s'apprêtent à être réincarnées d'oublier leur vie antérieure) en passant de la liste d'opposition, sur laquelle elle avait été élue, à la liste Angers en avant.
Assistant à l'un des derniers conseils de la précédente mandature, j'avais entendu une conseillère de l'opposition s'en prendre - seule contre tous - à ce nuisible "projet d'aspirateur à voiture". Aujourd'hui, sans doute pour les besoins de la solidarité majoritaire, cette même personne, devenue adjointe, mais passée de l'opposition à la majorité, présente la liaison Sud comme un élément dans une réponse "multimodale". Les riverains de la Roseraie apprécieront sans doute. Les horticulteurs aussi.
Avoir à sa porte d'immeuble un poumon vert, disposer de terres horticoles pouvant être valorisées, pourquoi pas dans l'agriculture de proximité, ce n'est peut-être pas du développement durable? Comme si en la matière on pouvait se contenter de poudre aux yeux, d'effet de com' et autres agendas 21.
Il y aurait donc me semble-t-il quelque chose de peu honnête pour l'agglomération de ne pas assumer aussi la responsabilité politique de ce projet, et de s'en défausser sur le département.
Enfin, un peu de cohérence ne messiérait pas à la majorité municipale, car, il va bien falloir à un moment donné ou à un autre, si l'on est fidèle à ses convictions, et que celles-ci passent avant les calculs politiciens, que les Verts de la majorité municipale assument leur désaccord. Et que ceux qui se sont fait élire parce que porteurs eux aussi d'une sensibilité "écologique" nous expliquent leurs contradictions entre leurs positions de la veille et celle du lendemain.

mardi 4 novembre 2008

PARIS : UN MODELE POUR LES DEPLACEMENTS URBAINS

En bien des domaines, la Capitale a de l'avance, y compris dans le domaine de la mobilité urbaine.
Quand tant de villes provinciales se disent à l'avant-garde de l'écologie des déplacements, la Ville de Paris se lance dans une authentique politique de partage de la voirie, c'est-à-dire sans exclusion d'aucun mode de transport.
Par exemple, la ville de Paris projette de développer un service d'automobiles propres en libre service,http://www.paris.fr/portail/deplacements/Portal.lut?page_id=2&document_type_id=2&document_id=60429&portlet_id=826.




Egalement, afin de rendre plus facile l'utilisation des véhicules électriques, de nombreuses bornes de recharge des dits véhicules s'installent, http://www.paris.fr/portail/deplacements/Portal.lut?page_id=2&document_type_id=2&document_id=56366&portlet_id=826.


Qu'est-ce qui fait qu'en Province on soit si en retard? Et pourtant, les taux d'imposition du foncier ne sont pas si élevés à Paris. La vie culturelle n'y pâtit pas d'une politique audacieuse des déplacements. La construction de logements neufs ne s'y est pas ralentie, permettant depuis peu d'inverser la tendance à l'éloignement de la capitale.

Ce n'est donc pas une question de couleur politique de l'élu, car Bertrand Delanoë est un maire socialiste. C'est sans doute une question de courage, et de juste perception des besoins des administrés et des usagers de la capitale et de prise en compte réaliste des servitudes qu'implique le statut particulier de la dite ville.

Plus simplement, c'est la différence entre le faire et se contenter du dire.

mercredi 15 octobre 2008

LA DEMOCRATIE A-T-ELLE BESOIN D'ADJECTIF?

Chacun sait que la loi fait obligation aux villes d'une certaine taille de mettre en place des Conseils Consultatifs de Quartier. Bien que mis en sommeil à Angers pour cause de campagne électorale, celle-ci avait néanmoins permis de faire émerger insatisfactions et frustrations quant à leur fonctionnement et surtout quant à la prise en compte de leurs préconisations par les élus.
Or voilà qu'aujourd'hui, la majorité municipale d'Angers, sortie des urnes dans les conditions que nous savons, les relance et recycle pour l'occasion la bien curieuse expression de "démocratie participative" sortie par une certaine Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle de 2007.
Soyons un peu sérieux, il en est de la démocratie comme de la laïcité. Eprouver le besoin de l'affubler d'une épithète est comme l'étrange aveu qu'elle ne fonctionnerait pas bien ou qu'elle serait dévoyée.
Les choses sont en réalité bien plus simples, la démocratie est ou n'est pas. Et l'on ne peut se repaïtre de concepts issus de la langue de bois politicienne et continuer à délibérer incontinent comme si le 9 mars 2008 n'avait pas existé à Angers.
Témoin en est cette délibération provocatrice lors du conseil municipal du 30 septembre où comme acte symbolique de la mandature, la majorité inscrit à l'ordre du jour la question du lotissement d'un espace vert situé aux Basses Fouassières au pied des barres d'un ensemble immobilier déjà vaste.
La mairie n'ignorait pas le refus unanime du voisinage et fait le choix du passage en force et répond avec un cynisme inouï à la présence bien pacifique de l'association des habitants du dit secteur venus à la salle du conseil avec leurs banderoles.
A l'heure où l'on nous rebat les oreilles de démocratie prétendument participative, comment se fait-il que l'on continue à la dénier. Comme s'il n'y avait pas d'autres endroits à Angers pour lancer des programmes immobiliers.
Les Angevins n'entendent pas en la matière être comme les corbeaux de la fable et jurer honteux et confus mais un peu tard qu'on ne les y reprendrait plus.
Or il est à craindre, que faute d'avoir su choisir le changement, il ne faille pas attendre grand chose des CCQ et que le repoudrage dont ils sont censés faire l'objet lors du grand machin de la démocratie locale ne soit hélas qu'un artifice cosmétique de plus, chose à laquelle les Angevins se sont malheureusement accoutumés depuis trop longtemps.