Affichage des articles dont le libellé est humanisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est humanisme. Afficher tous les articles

dimanche 18 janvier 2009

UNE COMPTABILITE CHOQUANTE

L'actualité de la semaine au plan national a été marquée par un mini remaniement ministériel, dont les principales mesures nominatives étaient du reste connues depuis longtemps. Le passage d'un ministre d'un ministère fait partie des moeurs démocratiques, mais l'on ne peut que s'étonner des propos qui accompagnent la passation de pouvoir ou les ultimes déclarations à la presse que l'on adresse en qualité de ministre en charge d'un ministère que l'on s'apprête à quitter.
L'idée même d'un Ministère de l'Immigration et de l'identité Nationale avait heurté les valeurs fondatrices des démocrates, comme celles des humaistes, et dans son dernier discours ès qualités, M. Hortefeux se félicite d'avoir presque atteint l'objectif des 30000 expulsions.
Peut-on réduire des êtres humains à des numéros, à des flux comptables qu'il faudrait gérer? Cela fait froid dans le dos et ravive hélas de bien sombres pages de notre histoire.
Entre la démagogie des promesses de ceux qui rasent gratis et n'ont à la bouche que l'impossible "régularisation immédiate et sans condition", et la politique du chiffre à l'aveugle, il y a les réalités humaines, celles de frères humains qui ont fui leur patrie parce qu'ils y étaient menacés, qui n'ont eu d'autre solution que l'immigration pour sauver leur vie et celle de leur famille. Il y a place pour l'éthique et les comportements souvent discrets où agir selon sa conscience est bien plus efficace.
Derrière la froideur des chiffres, il ya des personnes, il y a des enfants, des adolescents confrontés à l'épreuve que représente la scolarisation dans des conditions pas toujours optimales étant donné la rareté des structures scolaires d'accueil pour allophones.
Etre plongé du jour au lendemain dans un univers linguistique et coutumier souvent radicalement différent représente en soi une épreuve qu'il faut déjà gérer pour que le pays d'immigration n'en rajoute pas en contraignant des milliers de famille à vivre dans la crainte quotidienne d'un arrêté de reconduite aux frontières.
La mondialisation et la complexité font aujourd'hui que les questions d'immigration ne peuvent être limité au cadre de l'Etat, mais que c'est bien une politique européenne cohérente qu'il faudra construire.
Notre ville d'Angers, notre agglomération est naturellement concernée par tout ce qui touche à l'accueil décent de familles dont la régularisation est soumise au cheminement complexe et bien long de leurs dossiers dans les méandres administratifs.
Samedi dernier, à l'hôtel de ville d'Angers, avait lieu une cérémonie de parrainage de 31 enfants sans papiers. Contactés par le Réseau Education Sans Frontières, leurs parrains et marraines se sont engagés devant Mme Camara-Tombini, adjoint au maire à protéger ces 31 enfants, désormais placés sous la protection symbolique de la Ville d'Angers.
Parmi les personnalités qui ont accepté la responsabilité de parrain ou marraine, signalons en particulier Jeanne Moreau, présente à Angers à l'occasion du Festival Premiers Plans, et Laurent Gérault, président départemental du Modem, conseiller municipal d'Angers.

dimanche 26 octobre 2008

INTERVENTION DE F. BAYROU A LA CONFERENCE NATIONALE

Morceau choisi: comment François Bayrou, agrégé de lettres, ancien ministre de l'éducation nationale juge le projet de réforme du lycée initié par l'actuel ministre Xavier Darcos.
La spécialité des ministres de l'éducation nationale, est hélas, qu'ils soient de gauche ou de droite, d'habiller de l'alibi pédagogique, les mesures destinées en rélaité à orchestrer l'économie des moyens, la raréfaction des enseignements de qualité, le déshabillage de Pierre au profit de Paul, sans que soit réellement posée la question des véritables besoins des élèves, des établissements, sans parler des conditions concrètes de travail de ses personnel.
Plus que jamais, si l'humanisme a un sens pour la société, cela passe par l'école, car sa vocation ne saurait se cantonner à la seule diffusion d'un savoir utilitariste.
En tant de crise, les disciplines d'humanité sont un plus sûr viatique que tout ce qui n'a pour seul argument de promotion que la mode éphémère du moment.
Merci François Bayrou d'oser dire ce que bien des enseignants pensent tout bas.
Pour le texte intégrale, suivre le lien :
Morceau choisi:
Le lycée, l’école maternelle, le RSA
C'est, pour moi, une occasion de vous dire, au passage, que je m'inquiète de ce que prépare la réforme du lycée. À savoir la semestrialisation du lycée, le découpage en modules, en unités de valeurs, en options auxquelles il serait loisible de renoncer après quelques mois. L'éphémère éducatif, il a une apparence : le lycée à la carte, le choix.
Je connais son apparence, je connais sa réalité et je connais ses conséquences. Sa réalité, c'est l'obligation de gagner des heures, de faire des économies et de diminuer le nombre d'heures d'enseignement effectivement délivrées devant les élèves. Mais sa conséquence -et c'est cela qui m'intéresse le plus- c'est que le savoir n'est plus considéré comme une continuité, une construction qui s'élabore au fil du temps et dont on sait que tout y participe à terme, même le cours que l'on trouvait ennuyeux sur le moment, et dont on s'aperçoit quelques années plus tard qu'en fait, il vous avait apporté quelque chose et que ce quelque chose vous aidait à comprendre autre chose.
Je regrette que l'on choisisse cette démarche d'acquisition de la culture qui est en fait une démarche sédimentaire, une démarche de compréhension progressive du monde. Je regrette que l'on choisisse de faire sortir le lycée de la culture de la durée pour le faire entrer dans la culture du zapping.
Cela nourrit pour moi deux inquiétudes. La première est culturelle et elle s'énonce simplement : le zapping est le contraire de la culture.
La deuxième est le risque social, car on sait bien à l'avance qui va s'obstiner dans le "menu large", soutenu par sa famille, avec des stratégies élaborées de parcours scolaires, et qui va renoncer tout de suite, alléger sans cesse son "menu", car les familles ne seront pas derrière pour expliquer l'intérêt de ces options que l'on va abandonner.
Pardon d'avoir fait cette remarque au passage, mais je trouve que le débat ne s'est pas noué autour de cette réforme du lycée, qui n'est pas un débat, selon moi, à périmètre corporatiste, mais un débat sur l'essentiel de ce que nous voulons transmettre à nos enfants.
Je connais très bien la culture du zapping. C'est le lycée américain qui est, par ses performances, le plus mauvais de tout le monde occidental. Après, il se rattrape, car les Américains ont une institution qui s'appelle le Collège et conduit vers des universités de haut niveau, payantes.
Je n'ai pas envie que l'on abandonne le lycée, dont je considère qu'il n'était pas, et de loin, ce qui marchait le plus mal dans le système éducatif français.
Je voudrais que l'on se tourne vers la base, vers le moment où les fondamentaux sont reçus et acquis, ce qui m'amène à vous dire que je ne comprends pas les attaques contre l'école maternelle, car, si nous étions normalement une société efficace, c'est à l'école maternelle que nous devrions faire porter l'essentiel de l'effort.