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vendredi 21 novembre 2008

SEGOSTOP: PIQÛRE DE RAPPEL

Interrogée sur Europe I par Jean-Pierre Elkabach sur la récurrence d'un vocabulaire mystico-religieux, Ségolène Royal, sans vergogne comme à l'accoutumée, réplique qu'il faut que "les gens s'habituent à son style".... Moi, moi, moi, rien de nouveau, et de citer l'exemple de Barack Obama.

Seulement, voilà, il y a quelque chose que Royal ne comprend pas, c'est que quand Obama parle de fraternité, ça sonne juste, et que quand c'est elle, ça sonne faux, tellement le discours est en désaccord avec les actes.

Mieux vaut pour le PS une ligne de gauche assumée autour de Martine Aubry, mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'élection de Ségolène Royal ne rendrait absolument pas service au mouvement centriste qui d'une part pourrait dire adieu à la perspective de voir son candidat accéder sinon à l'Elysée du moins au second tour, et arrimerait sans doute définitivement à la droite et à ses satellites tous ceux qui auront poussé la loyauté centriste jusqu'au bout mais qui n'accepteront jamais de voter pour un candidat socialiste à la présidentielle.

La ligne défendue par Martine Aubry obligera l'aile droite du PS à un choix salutaire: partir ou rester, et à faire la part des choses entre le vernis ségoléniste et la profondeur des convictions.


Ce n'est évidemment qu'au prix de la levée de l'hypothèque Royal que l'idée du dialogue pourra seulement commencée à être évoquées.

Mais Royal 1ère secrétaire, il ne saurait être question ni d'alliance, ni de programe commun, car s'il suivait une telle stratégie, cela reviendrait pour le PS à prendre dès maintenant une option pour la réélection de Nicolas Sarkozy, et pour cela, ils n'a pas besoin des centristes.

Le PS doit assumer seul son choix de l'élection de Nicolas Sarkozy, comme il doit assumer seul son choix de la réélection de celui-ci en 2012, peut-être même dès le premier tour.
Si les Socialistes ont décidé d'être à l'insu de leur plein gré les alliés objectifs de Nicolas Sarkozy, cela est leur affaire. Leurs turpitudes électoralistes n'engagent qu'eux-mêmes.
Elisant Ségolène Royal les socialistes auront pris la responsabilité de construire entre la gauche et le centre une digue infranchissable, tellement la conception mystico-religieuse de la vie politique prônée par Royal est aux antipodes de ce que souhaitent les humanistes authentiques.
Si par contre ils choisissent Martine Aubry, ils laissent intactes les conditions potentielles d'un possible dialogue.
Car ne nous payons pas de mots. Martine Aubry est bien plus proche du centre qu'une icône médiatique sans contenu.
Entre la consistance du vide incarnée par Ségolène Royal et la solidité des idées, la générosité sociale et humaine, il ne doit pas y avoir d'hésitation.
Reste aux socialistes à savoir choisir quel doit être leur avenir.

mercredi 19 novembre 2008

ALLIANCE AVEC LE PS : BAYROU DIT NON.

Interrogé sur la chaîne LCI à propos de l'affaire Clearstream et à propos de la déliquescence du PS, François Bayrou a clairement précisé qu'il n'entendait ni adhérer au PS, ni conclure quoique ce soit qui ressemblerait à un programme commun, rappelant comme si cela n'était pas évident que le MoDem était en lui-même une force de proposition, alternative tant à l'UMP qu'au PS.
Ceux qui avaient inclus dans leurs petites stratégies carriéristes la phacocytation du Modem par le PS sauront désormais à quoi s'en tenir. C'est non et non, aussi bien le 19 novembre que lors de l'entre deux tours où Royal avait cru bon d'aller faire la sérénade au pied de l'appartement de François Bayrou.
Liens:
Il n'y a en effet pas d'avenir pour une quelconque alliance avec un parti en déliquescence dont les moeurs sont en totale contradiction avec la nouvelle façon de faire de la politique que cherche à promouvoir le Modem.
Le PS est devenu au fil du temps l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire: l'implosion en courants, la transformation du parti en entreprise politique au recrutement endogène où tant d'apparatchiks n'ont jamais connu la vraie vie, passant du statut d'étudiant permanent des syndicats étudiants aux cabinets d'élus et aux mandats électoraux gagnés sur la seule efficacité du nom d'un parrain.
Lorsqu'un parti fonctionne comme cela, de manière clanique, ce n'est pas demain qu'il saura proposer à la France une rénovation profonde de ses moeurs politiques.

mardi 18 novembre 2008

PETIT RAFFRAICHISSEMENT DE MEMOIRE ET EPITAPHE POUR UN PARTI DEFUNT

"Ségolène a pour Frèche les yeux de Chimène"
Faut-il rappeler les propos orduriers dont la simple relation serait infâmante de l'ancien maire de Montpellier concernant les harkis ou son indécente provocation à connotation plus que ségrégationniste sur la couleur de l'équipe de France, et bien non, tout cela, les propos de Frèche, ce ne sont que "maladresses" qui apparaissent sans doutes vénielles à la dame du Poitou en comparaison des avanies subies par icelle dans son propre parti pendant la campagne des présidentielles.
Les personnes qui à juste titres se sont senties blessées par les propos racialisants de Georges Frêche apprécieront.
Que penser de cet éloge d'un mégalomane de la part d'une candidate qui pourtant ne cesse d'exalter la France Métissée.
Cette excuse absolutoire à l'égard de Frêche est insupportable. C'est du même ordre que certains présidents de région de droite acceptant les voix du FN.
Et c'est la même Royal qui suspecte Delanoë de manquement au code d'honneur, comme si en soi exprimer sa préférence était un crime de lèse-majesté.
La sincérité chaleureuse de Martine Aubry, dont la filiation sociale-démocrate est en ligne directe n'est-elle pas préférable à la mise en scène permanente.
Un parti politique, ce n'est pas la Star Academy, or c'est cette triste image que donne le PS depuis quelques temps déjà. Et la désignation de Royal comme candidate à la présidentielle portait déjà en germe cette transmutation du discours politique en starisation.
Il en est des partis comme des empires, ils naissent, ils croissent et ils meurent. Le PS dans sa forme moderne est né à Epinay, il a prospéré parce qu'il y avait Mitterrand et que celui-ci était un leader incontesté, et il meurt parce qu'il n'y a pas d'héritier à la hauteur qui fasse que devant lui on se retire avec empressement de la course à l'investiture comme le fit Chevènement en 1981 ou sans plaisir comme le fit Rocard cette même année.
Les motions avaient comme intérêt de donner périodiquement un os à ronger aux lionceaux qui n'avaient pas alors la tentation de défier le vieux lion. Celui-ci une fois mort, et parce qu'aucun n'a les armes suffisantes pour l'emporter, c'est l'entredéchirement. Et le débat se transforme en bûcher des vanités.
Il en est aussi des partis comme des espèces animales. La sélection naturelle fait son oeuvre. Seules survivent ceux qui s'adaptent. Les autres le temps venu viendront simplement rejoindre la galerie des dinosaures.
La Fortune gouverne le monde aveuglément. Les anciens l'avaient bien saisi, y compris Scipion entrant en pleurs à Carthage que pourtant il venait de vaincre.
Cf Appien, Histoire d'Hannibal.
"Alors Scipion fondit en larmes, laissant voir qu'il pleurait sur l'ennemi. Puis il médita longuement en lui-même, ayant pris conscience qu'il faut qu'une puissance divine fasse traverser aux cités, aux peuples et aux royaumes, tous autant qu'ils sont, des mutations comparables à celles que connaissent les particuliers, et que tel fut le sort d'Ilion (NDR : Troie)... Tournant les yeux vers l'historien Polybe, il dit, soit à dessein, soit que ces vers lui eussent échappé (NDR : citant Homère, Iliade, VI, 448-449):
"Un jour viendra où la sainte Ilion aura vécu, et Priam, et les guerriers de Priam à la bonne lance de frêne".
Nos philosophes grecs nous mettent sans cesse en garde contre l'orgueil, qu'ils nomment ὓϐρις, et l'on se dit que le PS n'en serait peut-être pas là si du temps où il était aux commandes de l'Etat, il n'avait pas participé à la première étape de l'éradication préméditée des humanités.